L'Apocalypse a exercé un pouvoir de hantise dans l'imagination de grands écrivains, fascinés par la question de l'harmonie : celle de la forme littéraire, et celle du groupe humain, longtemps liée à l'idée du sacré. Ces deux plans sont associés dans la réflexion de Shakespeare, Eichendorff, Rimbaud, Conrad, Bosco, Ramuz, Carlo Levi, parmi les écrivains mentionnés dans le titre de cet ouvrage où sont encore cités les noms de Herman Melville, Nerval et Ernst Jünger. Le mystère de la perfection formelle de l'oeuvre, en l'occurrence littéraire, n'a jamais été plus présent que dans le conflit mythique de la Vierge et du Dragon, au milieu précis de l'Apocalypse. La structure symétrique de ce récit biblique serait une réponse, chargée d'intentions curatives, à une violence que l'on peut qualifier de fondatrice. Le questionnement du sacré, chez ces auteurs, accompagne donc celui du sens de l'art. Leur entreprise poétique est d'ailleurs fondée sur le pouvoir de leur écriture, analysé au fil des chapitres qui mettent à jour l'impact des grandes figures de l'Apocalypse dans leur mémoire. Or, l'image du cercle, associée par Ramuz à l'idée de l'art, est aussi celle des limites de nos destins humains : un problème sur lequel converge cet ouvrage où se voit jaugé le rapport, diversement assumé par ces auteurs, de la parole poétique et du mythe de la parole divine.Michel Arouimi est maître de conférences en littérature comparée à l'Université du Littoral depuis 1993. Après une thèse soutenue à l'Université de Paris VII sur les ambitions les plus novatrices de Kleist, Kafka et Melville, il a été chargé de cours à l'Université de Paris X. Deux thèses plus récentes, rédigées pour le dossier d'une habilitation à diriger des recherches (obtenue à l'Université de Paris XII), ont pour thème les réminiscences de l'Apocalypse chez Eichendorff et chez Conrad. Le fil conducteur des recherches de M. Arouimi, illustrées par de nombreux articles, est la question de l'Harmonie, remise en cause dans les oeuvres d'écrivains de diverses époques. L'ouvrage présent fait suite à un recueil d'essais sur les arts du spectacle : L'Apocalypse sur scène (L'Harmattan, 2002), et à une étude de l'oeuvre picturale et littéraire de Carlo Levi : Magies de Levi (Schena : Lanore, 2006).
Les manifestations des défunts sont un thème qui ne fait pas sourire, quand il est abordé par de prestigieux poètes ou penseurs. Or la parole écrite, quelles que soient ses formes, pas seulement livresques, peut elle-même jouer un rôle initiateur dans la perception de ce phénomène. L'illusion des frontières entre la vie et la mort, le rêve et la réalité, est l'objet de ces quatre récits, à mi-chemin du témoignage personnel et des notes de lecture.
Le titre de ce recueil de poèmes, Histoire de l'art, n'est pas une métaphore. Leur ensemble évoque différentes étapes de l'art universel, de la haute antiquité à nos jours, et dans plusieurs cultures. Ces références poétiques à des oeuvres exemplaires sont le prétexte d'un dialogue subjectif avec ce qui, dans ces uvres, est une leçon pour notre siècle. Si la langue de ces poèmes n'est pas nouvelle, le procédé fréquent du collage, impliquant divers types de textes sans prétention poétique, exprime la perte d'authenticité qui caractérise notre époque. Les illustrations parfois déconcertantes de ce recueil soulignent le caractère malgré tout ludique des intentions qui le portent.
En décrivant la mort de Billy Budd dans le récit éponyme, Herman Melville a raturé dans ses brouillons la shekinah, lui préférant " la rose de l'aube " qui se déverse sur le corps du pendu, allégorique à maints égards. L'énigme de cette rature, qui porte sur un mythe essentiel du judaïsme, peut s'éclairer par les innombrables réminiscences de Billy Budd dans le roman d'Henri Bosco Les Balesta, où la rose n'est pas le seul attribut de la shekinah qui soit l'objet d'une christianisation insistante. Le lien des deux traditions implique les fondements de l'esthétique universelle, éprouvés par ces poètes dans l'écriture. La couleur rose, dans une nouvelle de Kafka, est le support d'un questionnement analogue. De même dans d'autres récits de Kafka, avec les détails chromatiques qui soulignent leur construction. Le mythe hébraïque ne fait qu'associer la rose à une vérité sans âge, qui revit aussi bien dans les premiers romans de Victor Hugo que dans Choses vues. Ces écrivains nous proposent en fait une leçon sur la permanence du sacré et sur la valeur de ses principes, devenus incompréhensibles pour le monde moderne, immergé dans les formes matérielles et violentes de la dualité.
Le Rimbaud "voyant" envisageait la venue des "autres horribles travailleurs" qui lui succéderaient sur "les horizons" où lui-même n'était pas certain d'arriver "à l'inconnu". Maeterlinck et Claudel s'imposent comme les plus grands de ces travailleurs, notamment dans leurs oeuvres théâtrales, hantées par les écrits poétiques de leur indépassable modèle. Ces oeuvres dramatisent en effet les énigmes de la parole de Rimbaud, que résument "la grâce croisée de violence" ou bien, dans une autre illumination, le rapport des "pierres précieuses" et de "Barbe-Bleue" : autant d'expressions du mystère de l'harmonie, qui a partie liée avec la violence humaine.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.