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Vivre Rimbaud selon CF Ramuz et Henri Bosco
Arouimi Michel
ORIZONS
33,00 €
Épuisé
EAN :9782296087439
Il ne s'agit pas de [... ] copier [Rimbaud], mais de le vivre ou de le revivre"... Cet aveu de C.F. Ramuz incite a repérer les remmiscences de l'oeuvre de Rimbaud dans celle de cet écrivain suisse, poète et romancier dont le projet littéraire est soutenu par une vision de l'art et du monde qui se rapproche de celle du Rimbaud "voyant". Ce désir de "revivre" Rimbaud semble avoir été partagé par Henri Bosco, qui reconnaissait d'ailleurs la grandeur de Ramuz. Le premier roman publié de Bosco comporte plusieurs références, imprégnées d'une ironie préoccupante, à des oeuvres fort connues de Rimbaud. Même si elles ne sont pas toujours conscientes, ces réminiscences, dans les poèmes et surtout les romans de Ramuz et de Bosco, sont autant de questions posées au mystère du poète et de l'homme Rimbaud, un mystère que rend peut-être moins obscur le regard de ces deux successeurs.
En décrivant la mort de Billy Budd dans le récit éponyme, Herman Melville a raturé dans ses brouillons la shekinah, lui préférant " la rose de l'aube " qui se déverse sur le corps du pendu, allégorique à maints égards. L'énigme de cette rature, qui porte sur un mythe essentiel du judaïsme, peut s'éclairer par les innombrables réminiscences de Billy Budd dans le roman d'Henri Bosco Les Balesta, où la rose n'est pas le seul attribut de la shekinah qui soit l'objet d'une christianisation insistante. Le lien des deux traditions implique les fondements de l'esthétique universelle, éprouvés par ces poètes dans l'écriture. La couleur rose, dans une nouvelle de Kafka, est le support d'un questionnement analogue. De même dans d'autres récits de Kafka, avec les détails chromatiques qui soulignent leur construction. Le mythe hébraïque ne fait qu'associer la rose à une vérité sans âge, qui revit aussi bien dans les premiers romans de Victor Hugo que dans Choses vues. Ces écrivains nous proposent en fait une leçon sur la permanence du sacré et sur la valeur de ses principes, devenus incompréhensibles pour le monde moderne, immergé dans les formes matérielles et violentes de la dualité.
Le titre de ce recueil de poèmes, Histoire de l'art, n'est pas une métaphore. Leur ensemble évoque différentes étapes de l'art universel, de la haute antiquité à nos jours, et dans plusieurs cultures. Ces références poétiques à des oeuvres exemplaires sont le prétexte d'un dialogue subjectif avec ce qui, dans ces uvres, est une leçon pour notre siècle. Si la langue de ces poèmes n'est pas nouvelle, le procédé fréquent du collage, impliquant divers types de textes sans prétention poétique, exprime la perte d'authenticité qui caractérise notre époque. Les illustrations parfois déconcertantes de ce recueil soulignent le caractère malgré tout ludique des intentions qui le portent.
Le génie de quelques grands écrivains est d'avoir anticipé dans leurs oeuvres les diverses formes du terrorisme qui assombrit notre actualité. Ce don de divination, qui n'est pas si inconscient, n'est-il dû qu'à leur vision du cours de l'histoire, et des mythes qui s'y réfléchissent ? Quoi qu'il en soit, ce don est une arme, offerte à nos esprits, pour débrouiller le "noeud gordien" que le terrorisme représente aujourd'hui. Et cette anticipation poétique s'accompagne d'une critique du progrès de l'Occident, dans ses formes techniques ou sociales : une autre forme de terrorisme ?
Les objets les plus quotidiens ont inspiré les poèmes de ce recueil, dont les différentes parties concernent autant de points de vue sur les choses qui nous entourent ; associées à nos corps, ou bien concurrentes de notre être. Transposés dans l'écriture, ces objets sont autant de jalons de l'histoire contemporaine. Les moins précieux s'imposent d'ailleurs comme le pivot d'une représentation synthétique de notre monde. Ou comme l'aiguillon d'une vision subjective des causes premières, oubliées dans la perception que la plupart des hommes ont de ce monde.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.
Tandis qu'une main de femme en moi écrivait des textes positifs, argumentés, d'ordre métaphysique, historique ou poétique, l'attente des jours se déroulait dans une aridité, une pauvreté qui se répétait elle-même. La "veille du livre" raconte le roman impossible d'une écriture forgée dans la patience des jours. Les textes rassemblés ici ont été écrits sur plus d'une dizaine d'années.
Si l'amour est un excès, il se donne à comprendre comme extase, décentrement ou aliénation. Jeté hors de soi, on n'est plus soi-même et à soi-même, car on cherche à être en l'aimé et pas seulement auprès de lui ; on désire être l'aimé au lieu de simplement lui appartenir. Le discours de l'amour a confié à la poésie le soin de décrire ces élancements. C'est pourquoi, en vue de la configuration des divers types de l'extase amoureuse (extase simple, union synthétique, transmanence, inter-immanence, engravement, hospitalité, incarcération...), l'auteur a convoqué des poètes de plusieurs aires culturelles, le tout étant placé sous l'égide de Shakespeare et de Louise Labé auxquels deux chapitres sont consacrés. Cet essai prolonge les recherches de l'auteur sur l'amour pur et la nodalisation.
Une journée à Beyrouth. Au lendemain de l'assassinat d'un chef politique, une manifestation géante occupe les esprits. En marge de la foule, spectateur indifférent, acteur malgré lui un jeune homme sans nom, cigarette au bec et bières à la chaîne, dont la volonté est de ne rien entreprendre, parcourt la ville par ennui, suit une ancienne maîtresse, assiste à une bagarre, se rend à une soirée, écoute avec plus ou moins d'indifférence le récit des histoires qui se font et se défont. Dans ce premier roman, Toufic El-Khoury dit l'ennui du monde avec une remarquable économie de moyens. La force du livre tient à sa concision et à sa sobriété.