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Une jeunesse turque en France et en Allemagne
Armagnague-Roucher Maïtena ; Dubet François
BORD DE L EAU
20,00 €
Épuisé
EAN :9782356874337
À l'heure où les sociétés française et allemande sont agitées par des tensions relatives à leurs minorités et travaillées par les angoisses liées à l'intégration, au fondamentalisme religieux et au communautarisme, qu'en est-il vraiment?? Dans chacune de ces deux sociétés vieillissantes, ces questions se posent avec une acuité toute particulière en ce qui concerne la jeunesse, notamment lorsqu'elle est relativement pauvre et vit dans des espaces relégués. Maïténa Armagnague montre ainsi que l'expérience des jeunes turcs s'inscrit très largement dans les conditions faites aux jeunes des milieux populaires dans les deux pays. Ce sont des mécanismes scolaires généraux, des conditions d'accès à l'emploi, des manières d'habiter les villes et les quartiers, qui expliquent le mieux les parcours et les destins des jeunes issus des immigrations turques. Au moment où l'immigration apparaît comme une menace dans un grand nombre de pays européens, cet ouvrage est une contribution à l'attention que devraient porter à toute la jeunesse les politiques publiques européennes. Plus qu'une enquête, il nous offre une leçon de sagesse. Il en résulte une sous-estimation de ses effets et dégâts dans la Culture, et de son antinomie mortifère avec le Kultur Arbeit, le Travail de Culture, condition de l'humanisation de l'Homme toujours fragile, toujours incertaine, possiblement destructible. Par conséquent, il en résulte une méconnaissance des effets délétères du " crime organisé " sur les montages indispensables, cognitifs et éthiques, imaginaires et symboliques, d'un projet démocratique viable et durable. Du nazisme passé au djihadisme contemporain, en passant par les génocidaires du Rwanda, patentes pourtant sont les connivences mentales entre criminalités mafieuses et formes oppressives et terroristes de l'exercice politique. Pas moins, si l'on veut y prendre garde (dans une itération de la conduite de Cyrus envers les Lydiens) conniventes avec les formes asservissantes par abrutissement délitant des sociétés de masse. En écho à la remarque de Sigmund Freud : " Nous découvrons avec surprise que le progrès a conclu un pacte avec la Barbarie " ; en écho aux observations anciennes de Torstein Veblen sur la " Classe de Loisir " ; ainsi qu'aux avertissements alarmés des maîtres de l'École dite de Francfort, l'auteur, à l'intersection de la philosophie politique, de l'histoire, et de la psychanalyse, sonde et identifie différentes facettes de la mentalité mafieuse trop insuffisamment prises en compte. Loin d'être un archaïsme hétérogène aux habitus contemporains, les patterns de la subculture mafieuse s'immiscent dans la culture de masse, par des voies multiples et selon diverse façons, jusqu'à la ligoter subrepticement. Remettant la Barbarie au centre des crises civilisationnelles contemporaines. Cet ouvrage prend le contre-pied de cette conception dominante de la non-participation électorale et affirme que l'abstention n'est pas la maladie des électeurs mais une pathologie de nos institutions. " Si les citoyens doutent de notre probité, pourquoi ne vont-ils pas voir ailleurs ? ", peuvent répondre les partisans des partis de gouvernement. Si l'on considère le peu de place dont disposent les partis " antisystèmes " ou aux politiques alternatives, l'abstention peut sembler être le choix le plus raisonnable. Cette place leur est perpétuellement confisquée par un système politique fermé et cloisonné qui ne laisse aucune chance aux idées nouvelles. Plutôt que de culpabiliser les citoyens, cet ouvrage accorde du crédit aux préjugés populaires concernant les dérives de la classe politique et lance une critique de fond de l'incapacité de nos institutions et de nos élus à agir pour l'intérêt général, mais propose aussi quelques mesures pour sortir de cette impasse où nos représentants ne sont plus qu'élus par une minorité aisée de la population, ce qui nous mène tout droit vers une crise politique sans précédent.
Plus grande commune de France et implantée dans la forêt amazonienne, Maripasoula est frontalière du Suriname et du Brésil. Découverte, puis administrée pour ses richesses aurifères, la commune abrite encore aujourd'hui une activité d'orpaillage dense. Si les premiers orpailleurs du début du XXe siècle étaient des hommes seuls venus des Antilles, aujourd'hui, ce sont des familles avec femmes et enfants, qui arrivent et s'installent dans le territoire-frontière de Maripasoula. Pour certaines familles, la perspective de la réussite se situe dans la découverte d'une pépite qui changera le cours de leur vie, pour d'autres, l'école française de Maripasoula apparaît comme une possible intégration à la société. Toutefois, l'or des travailleurs et des travailleuses de Guyane reste une chimère qui maintient souvent les familles les plus précaires dans une dette permanente ? : celle qui les oblige à retourner "? en forêt ? " quand les gains sont épuisés, celle qui les maintient dans l'attente. Comment les familles migrantes de l'or allient-elles la scolarisation de leurs enfants et leur activité d'orpaillage illégal ?? Est-ce tout simplement possible ?? Quelle place prend le territoire-frontière autour de Maripasoula dans les stratégies et les expériences scolaires vécues par les enfants et les jeunes migrants de l'or ??
Ce numéro a pour thème la fabrique du besoin éducatif qui accompagne le développement de politiques éducatives visant l'accessibilisation des systèmes scolaires. Il associe l'institutionnalisation de cette notion à la redéfinition du rôle de l'élève et de l'enseignant liée à des politiques éducatives promouvant l'efficacité du l'institution scolaire. Il porte par ailleurs le regard sur le rôle joué par la généralisation de dispositifs de soutien ciblant les élèves à risque d'échec scolaire. Il s'intéresse enfin aux conventions développées par les acteurs de l'école pour mettre en sens et en scène les principes revendiqués par l'école inclusive tels que la différentiation pédagogique ou les pratiques collaboratives.
Dans un contexte social fortement marqué par les problématiques migratoires, identitaires, ethnoraciales, religieuses et sécuritaires, ce cahier propose de repenser ces questions dans le système éducatif. Souvent présentée comme l'outil emblématique de l'égalisation, l'institution scolaire française produit pourtant des inégalités et des discriminations. En les croisant avec les phénomènes de dominations socio-économiques et culturelles, acteurs de terrain et chercheurs vont en exposer et en expliquer les mécanismes dans les réalités scolaires quotidiennes.
Pourquoi et comment les jeunes reviennent-ils vivre au domicile de leurs parents ? En quoi ce retour est-il ou non la marque d'un échec sur la voie de l'indépendance ? Auparavant, lorsque les jeunes quittaient le domicile parental pour voler de leurs propres ailes, il s'agissait d'un départ définitif qui marquait l'entrée dans l'âge adulte. Tel était du moins le modèle français. En quoi le retour est-il significatif d'un changement dans ce modèle ? Comment décrire, comprendre et analyser ce changement dans le parcours des jeunes ? En quoi le retour remet-il en question la capacité d'autonomie des individus concernés ? L'auteure apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène pour trois raisons essentielles : Premièrement, elle situe le phénomène français dans le contexte international. Deuxièmement, elle met en lumière des parcours sous-tendus par des logiques, non seulement économiques, mais aussi affectives, en décrivant les processus vécus au moment des retours du point de vue des jeunes et de leurs parents. Ressentent-ils les uns et les autres un sentiment d'échec ? Comment les jeunes s'autonomisent-ils ? Comment se passe la cohabitation intergénérationnelle ? Enfin, le livre s'interroge sur la considération que les politiques publiques devraient accorder à ce phénomène qui met en lumière les inégalités sociales au sein de la jeunesse.
Comment les acteurs, dans le cadre de leur travail, définissent et perçoivent la rationalité économique et quelle place occupe-t-elle dans le rapport au travail ? A partir de deux univers opposés apriori, le secteur de l'industrie automobile et l'hôpital public, cette recherche tente de comprendre ce que l'économie fait au travail. Elle appréhende la rationalité économique comme une composante de l'activité et analyse comment les acteurs l'intègrent, s'en arrangent ou la contestent. Les deux univers retenus proposent différentes facettes de la rationalité économique, tour à tour perçue comme une entrave au travail, elle abime l'activité ; comme une de ses composantes qui ne saurait supplanter les règles de l'art et les savoirs faire ; et enfin comme une dimension morale qui permet de mettre fin à l'activité, elle fixe les limites entre ce qui est raisonnable et ce qui ne l'est pas. Ces trois manières d'éprouver la rationalité économique se combinent plus qu'elles opposent. Elles viennent d'abord rappeler que le rapport au travail n'est pas seulement donné par des éléments objectifs de la situation. Le travail est aussi le fruit de l'action des acteurs capables de rendre compte de ce qu'ils font.
Passer de l'immobilité à la plus rapide possible des mobilités : cette obsession humaine est immémoriale. De tous temps les humains ont cherché à se mouvoir le plus vite possible, à quitter le statut d'êtres immobiles, posés là quelque part à la surface du monde, pour conquérir celui d'êtres mouvants, en déplacement — un déplacement autant que faire se peut exceptionnel par sa vitesse. par la distance parcourue en un éclair, par la capacité à faire valoir l'espace contre le temps et le temps contre l'espace. Le dragster, dans cette entreprise anthropologique, est le vecteur par excellence approprié. Qu'il compte deux, trois ou quatre roues, cet engin mécanique né avec le XXe siècle est conçu pour l'accélération et pour elle seule. Le dragster, ce sont des prises de vitesse insensées, un parcours sur piste, en ligne droite, réduit au minimum (quelques centaines de mètres tout au plus) et, pour son pilote, des sensations à la fois brutales et complexes. Brutales, car le corps du dragstériste, lors du "run", peut encaisser en quelques secondes 7 G — sept fois la charge de son propre poids — ou plus encore. Complexes, car la compétition dragstérienne vise cet objectif aussi héroïque qu'absurde, annuler le temps écoulé en ne gardant que l'espace conquis.
Le jardin occidental prolonge l'imaginaire de la maison et de l'intimité mais ne s'y limite pas. Il entoure. Ce faisant, il est un trait d'union entre soi-même et les autres, le lieu d'expérimentations de relations au vivant et d'ordonnancement d'un bout d'univers. Cultiver son jardin. Au coeur de cette activité ordinaire s'entremêlent des problèmes techniques, esthétiques, cosmologiques, économiques, politiques. Ici, rien n'est pur. De l'antiquité grecque à nos jours, l'histoire retracée dans cet ouvrage nous l'enseigne : derrière les haies, se déploient une fantaisie active et une variété de façons d'apréhender "l'usage de la nature". Aujourd'hui, plus que jamais, bousculant l'ordre institué, s'inventent d'autres modes d'intervention humaine. Une métaphysique par les mains pour une éthique renouvelée ?
Lacroix Thomas ; Daghmi Fathallah ; Dureau Françoi
Les migrations internationales contribuent à définir l'Etat et ses formes de citoyenneté. Elles modifient les relations professionnelles, transforment les espaces géographiques et jouent un rôle fondamental dans les expressions artistiques. Par effet miroir, les pratiques des migrants sont, elles aussi, tributaires des contraintes et opportunités qu'ils rencontrent dans les espaces qu'ils traversent, sinon investissent. De l'Europe au continent américain en passant par l'Afrique, ce livre illustre la façon dont les études migratoires permettent d'éclairer les sociétés contemporaines, depuis leur construction politique jusqu'aux multiples échelles servant à l'analyse des pratiques sociales quotidiennes. Prises ensemble, elles initient un dialogue nécessaire entre spécialistes des migrations et des sciences sociales. En d'autres termes, penser les migrations est "un moyen de penser la société", au-delà de la question du contrôle des frontières par les Etats, à laquelle elles sont trop souvent réduites.
Premier ouvrage du genre, le Dictionnaire de l'immigration en France est un recueil critique de mots et de concepts que le droit, le discours politique, le propos ordinaire véhiculent pour nommer et qualifier des personnes et des groupes n'appartenant pas à l'ordre national, ou n'étant pas perçus comme lui appartenant naturellement. Il y a peu de domaines de la vie sociale, économique, politique et culturelle où les mots employés vont de soi. Le débat public sur l'immigration et les immigrés, quelle que soit leur nationalité, est celui qui, sans aucun doute, permet toutes les approximations et les inexactitudes. Cet ouvrage se propose donc d'être un répertoire rigoureux de mots à enjeux, ceux qui soulèvent des difficultés de définition et des problèmes de compréhension. Expliquer et faire le point sur un thème au carrefour d'une pluralité de disciplines en sciences humaines, telle fut notre ambition. Ce dictionnaire était plus que nécessaire. Il était devenu une urgence intellectuelle et scientifique.
L'immigration est devenue en France un objet essentiel de controverse politique. Cet ouvrage, dirigé par Benjamin Stora et Enfile Temime, rassemble les contributions de quatorze des meilleurs spécialistes des questions migratoires. Il présente l'état de la recherche aujourd'hui, selon trois grandes parties: les politiques de l'immigration, les problèmes économiques et sociaux rencontrés par les immigrés et enfin les représentations de l'immigration. La succession des statuts, lois et décrets définissant la place des étrangers n'a cessé de scander les politiques suivies, ne permettant pas toujours d'accueillir dignement les immigrés. La place croissante des femmes dans l'immigration, l'accélération des migrations du travail, la mondialisation du marché ont profondément transformé, en France comme en Europe, les flux et les modalités des mouvements migratoires. En ce début du XXIe siècle, les notions comme "intégration" ou "assimilation" sont remises en question. Ces débats révèlent les tensions entre modèle républicain français et dérives communautaires, réelles ou supposées.