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Les Protestants de Lourmarin
Appy Bernard
AMPELOS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782356180414
A la fin du Moyen Age, des vaudois venus des Alpes viennent repeupler la Provence et redonnent vie à Lourmarin. Ils amènent avec eux l'Évangile, prêchée par leurs barbes (pasteurs). Après avoir rejoint la Réforme, ces vaudois devinrent des huguenots et dressèrent une Eglise à Lourmarin, une des premières en Provence. Leur premier pasteur, Mercurin, correspondait avec Calvin. Au 17ème s. Lourmarin comptait un bon millier d'habitants. La plupart des familles étaient protestantes et formaient la communauté réformée la plus importante de Provence, devant Mérindol. Pourtant, le souvenir de ce passé a été peu à peu oublié. Massacrés en 1545, persécutés sous Louis XIV puis chassés de France à la Révocation, les protestants de Lourmarin (comme ceux de Provence) disparurent presque totalement et leur temple fut détruit.
Etudiant dans l'Académie fondée par Calvin Isaac Casaubon en obtient la chaire de grec à 24 ans. Jeune prodige qui avait appris le grec avec son père, cachés dans une grotte de la Drôme durant les guerres de Religion, Isaac Casaubon deviendra un des plus brillants hellénistes de son temps. Ses relations avec Théodore de Bèze et les savants de passage à Genève, son mariage avec la fille d'Henry Estienne, le grand imprimeur et éditeur protestant le promettent à un avenir prestigieux. Mais il difficile de faire carrière en France lorsqu'on est un fervent huguenot. Manipulé par les conseillers du roi lors de la controverse de Fontainebleau entre Du Plessis Mornay et le cardinal Du Perron, il sera désavoué par ses amis protestants qui le trouvent trop "tiède" comme par les catholiques qui n'arrivent pas à le convertir. Devant l'opposition des jésuites, Henri IV ne pourra pas le nommer au Collège de France et lui confiera à la place sa bibliothèque. Mais malgré une relative aisance, et la possibilité de pratiquer sa religion, Casaubon n'est pas satisfait et cèdera aux appels du roi d'Angleterre dont il deviendra un des conseillers théologiques les plus écoutés. Ami de deux rois, savant de grande renommée, il mourra à Londres, regrettant la France mais célèbre dans toute l'Europe. En sus de ses nombreux ouvrages d'érudition et traduction du grec, il a laissé un journal, les Ephémèrides, passionnante relation du quotidien d'un intellectuel croyant du XVIème siècle, balloté par les évènements de son temps.
A la fin du 12ème siècle, à Lyon, un jeune et riche marchand, Pierre Valdo (ou Vaudès), écoute les conseils de Jésus et donne tous ses biens pour partir prêcher l'Evangile. Très vite rejoint par de nombreux disciples, sa prédication de pauvreté et de soumission à l'Evangile qu'il a fait traduire en langue "vulgaire" l'amène en conflit avec le clergé français. L'excommunication de Pierre Valdo en 1182 marque le début des bûchers et des persécutions. L'ouvrage d'Eugène Arnaud retrace l'arrivée des Vaudois dans le Dauphiné, leurs contacts avec les autres groupes "hérétiques" présents, et leur implantation durable parmi une population plutôt tolérante qui avait déjà accueilli des Cathares. Basé sur une abondante documentation, Arnaud décrit par le détail la doctrine et les pratiques des Vaudois du Dauphiné. Les extraits des registres de l'Inquisition nous font revivre avec une terrifiante précision les procès de l'Eglise contre ces pauvres volontaires. L'ouvrage se termine par le récit de l'adhésion des Vaudois à la Réforme au 16ème siècle et cite largement l'émouvante correspondance des Vaudois avec les théologiens de la Réforme naissante. Cet ouvrage qui regroupe ses travaux sur les Vaudois du Dauphiné, fait autorité par la diversité de ses sources et l'érudition de son auteur. Introuvable (car tiré à très peu d'exemplaires à l'origine), cette réédition augmentée d'un index des noms de famille et des lieux, permettra aux amateurs d'histoire religieuse de mieux comprendre un des premiers mouvements réformateurs à avoir perduré en France et en Europe.
On oublie souvent qu'une grande partie des soldats français durant la grande guerre n'avaient pas le français comme langue maternelle mais s'exprimaient quotidiennement dans une langue régionale. Louis Bonfils, officier du XVIème corps est de ceux-là : et quelle langue ! l'occitan languedocien d'un félibre énergique, engagé et "grande gueule" : Soui counougut couma l'ouficiè lou mai emmerdant de touta la divisioun. Doublement patriote pour la France et pour la langue d'oc, Bonfils prend à partie son supérieur qui insultait les soldats du midi. Bonfils exhorte ses "pays" à la fierté et au courage et surtout à continuer à parler occitan : "es pas en francimand que pourrès vous rapelà das bords dau Rose ou das serres de las Cevenas". Il raconte la guerre comme il la voit, des permissions où l'on se repose enfin "avèn ben manjat, ben begut, parlat en lenga . . " aux visions horribles des cadavres des deux camps : "Pos creire que, quoura pense à-m-aco, soui encara boulegat".
Charles-François Gallé n'a laissé aucune trace dans l'Histoire, mais il porte un patronyme que son petit-fils Emile Gallé a rendu célèbre. Son parcours militaire est cependant représentatif de celui de nombreux "grognards" de Napoléon. Orphelin à 5 ans, élevé et instruit par sa famille paternelle de Creil, il n'échappe pas à la conscription et participera aux petits et grands combats de l'Empire - Wagram, campagne de Russie et Moscou, retraite de Russie et Bérézina - avant de se battre en Espagne dans l'armée de Louis XVIII. A 50 ans, le capitaine adjudant-major, trois fois blessé, trois fois décoré, est mis à la retraite avec une petite pension qu'il complète en entrant dans une société d'assurances parisienne. Il s'adapte à une vie nouvelle et se préoccupe de l'avenir de son fils, Charles qui épousera une jeune protestante de Nancy.