Contrairement aux danses classique, jazz et contemporaine, les danses du monde et les danses traditionnelles ne disposent pas d'un cadre législatif qui réglemente leur enseignement. Pourtant, ces danses sont massivement pratiquées en France dans un espace social qui mêle tradition, revivalisme et créativité. Se pose alors la question de savoir dans quels cadres et dans quelles conditions se déroulent les cours ? Quels sont les profils et les parcours des professeurs ? Quelle est leur aspiration à se professionnaliser ? Comment appréhendent-ils la question des risques liés à la pratique chorégraphique ? Comment se positionnent-ils par rapport à l'idée d'une réglementation de leur danse ? En dressant un état des lieux inédit des cours de ces danses en France, ce livre apporte un certain nombre de réponses à ces questions. Mais cette vaste enquête aborde aussi les dimensions sociales, territoriales et culturelles que pose la question de la transmission à ces différents milieux de danse. En mêlant l'approche quantitative du sociologue et l'approche qualitative de l'anthropologue, cette recherche interroge également les enjeux symboliques et institutionnels qui pèsent sur ces univers chorégraphiques en donnant au lecteur des éléments de compréhension des formes et des référencements des danses au prisme de l'enseignement.
Jean Oury n'a jamais cessé de l'affirmer : dans l'abord de la folie, le plus petit détail, un simple geste ou un sourire peuvent avoir une valeur inestimable. Ce souci de l'ambiance, ces paroles qui soignent, cet humour, cette bienveillance, ces moments féconds au cours desquels une existence parfois bifurque constituent l'arrière-fond sensible dont ce numéro de Chimères se veut l'écho, nourri d'expériences, de témoignages et de récits souvent placés sous le signe d'une "vraie rencontre". Une sorte de constellation affective où les voix de plusieurs générations de patients, de "psychistes", d'artistes, d'amis proches ou de compagnons de route se mêlent pour composer un portrait multiple, polyphonique, de l'homme qui a tracé "son chemin en marchant" et a su s'adresser, avec une qualité de parole incomparable, à ce qu'il y a de plus singulier en chacun.
Cambrure, talons hauts, jambes effilées comme des couteaux, le regard qui harponne... Pourquoi cette posture plaît-elle tant? Pourquoi le tango fascine-t-il tellement? Serait-ce parce qu'enfin, on pourrait s'enlacer et jouer à être un homme ou une femme, un jeu auquel plus grand monde n'ose se prêter ouvertement? Avec ses icônes et son folklore, le tango séduit aussi parce qu'il correspond à une sensibilité de notre époque: à a fois chic et populaire, pratique de la rue et de la scène artistique, culture du monde, traditionnel et branché. En danseur et sociologue. Christophe Apprill pointe ainsi le jeu des tensions du tango: le bal du milonguero et la scène avant-gardiste, les tenants de la musique et ceux de la danse, Paris, Buenos Aires ou Rio de la Plata, l'homme et la femme, la chaussure à talon et les baskets, tango ouvert ou fermé... Autant de dissymétries qui marquent cette cadence si particulière!
Qu'il soit glorieux, souffrant, obscène, dissimulé, sexuel, érotique ou socialisé, le corps est partout. Il intéresse les sociologues, les artistes, les sémioticiens, les médecins, les adeptes du développement personnel et les écrivains. Il a même son propre langage : toucher et être touché, sentir et donner à sentir... Parfois le corps s'impose naturellement : rapports amoureux, acte sexuel, moments de danse. C'est cette petite musique des corps que les écrivains donnent à entendre. Le corps dans tous ses états, en compagnie de Paul Nizan, Jean-Paul Sartre, Daniel Pennac, Roland Barthes, Stéphane Mallarmé, Antonin Artaud, Erri de Luca, Romain Gary, Hanif Kureishi, Constantin Cavafy, Charles Baudelaire, Boris Vian, André Pieyre de Mandiargues, Clément Marot, Marcel Proust, Mathieu Riboulet, Zola, Franz Kafka, Octave Mirbeau et bien d'autres...
L'urbanisation de la planète est le fait géographique majeur d'aujourd'hui : mégapoles, conurbations, étalement périurbain, poussée des villes petites et moyennes... Les pressions sur l'environnement sont l'artificialisation des sols et de l'air, la ponction sur les ressources. Les villes sont des milieux de vie spécifiques avec leur atmosphère propre, leur végétation, leurs microclimats. En ville, l'eau, si vitale, est mal partagée ; le traitement des déchets fait débat ; réhabiliter des quartiers crée de nouvelles ségrégations sociospatiales. Désormais, la ville est un enjeu politique et marketing. Quelles sont les représentations collectives de la nature et de l'environnement ? Le développement durable est-il possible ? Les réglementations sont-elles pertinentes ? Les auteurs, qui choisissent leurs exemples dans le monde entier, offrent une réflexion critique et font la première synthèse de recherches originales.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !