Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Donner et prendre. La coopération en entreprise
Alter Norbert
LA DECOUVERTE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782348079535
Ce livre aborde la principale énigme du monde du travail : la coopération. Elle est nécessaire au bon fonctionnement des entreprises, mais ne repose que sur la volonté de donner : on donne aux autres parce que donner permet d'échanger et donc d'exister en entreprise. Coopérer suppose en effet de créer des liens sociaux, par l'intermédiaire desquels circulent des biens, des informations, des services, des symboles, des rites ou des émotions, comme circulaient les dons dans les sociétés " primitives ". Mais ces échanges ne peuvent être réduits à une série de comportements altruistes et pacifiques : donner représente également le moyen d'obliger, d'obtenir, de trahir ou de prendre. Et ce " commerce " se réalise au nom d'un tiers, qu'il se nomme métier, mission, projet, réseau ou entreprise. Loin de reconnaître ces générosités, celui-ci dénie l'existence du don et privilégie les modes de gestion " modernes ", qui préfèrent que salariés et employeurs soient quittes plutôt que mutuellement endettés. Norbert Alter met ainsi en évidence un phénomène paradoxal, qui prend à rebours les discours du management ordinaire : le problème des organisations ne consiste pas à " mobiliser les salariés ", mais à tirer parti de leur volonté de donner.
Enfants d'immigrés, handicapés, homosexuels, autodidactes, femmes... Des patrons et des dirigeants atypiques sont parvenus à corriger ou à inverser leur destin, en faisant de leur différence une ressource. Mais ils ne deviennent pas " normaux " pour autant. Ils dirigent tout en demeurant lucides et distanciés par rapport aux conventions. Leur extraordinaire réussite repose en effet sur une identité articulant le passé et le présent, l'exclusion et l'intégration. Elle les conduit à écouter, à regarder et à analyser leur environnement, leur identité et leur rapport aux autres, bien plus que les " normaux ". Elle facilite la prise de risques entrepreneuriaux et la création de réseaux, de connivences et de solidarités. Elle repose sur une intelligence sociale rare, subtile, hors normes. Ce livre décrit ainsi le processus qui permet de maîtriser un stigmate sans jamais l'oublier. Plus largement, il explique que la position d'étranger, au sens général de ce terme, traduit l'expérience sociale de tous ceux qui appartiennent à plusieurs mondes, qui se trouvent simultanément condamnés à l'engagement et au détachement. Il propose une sociologie de " l'entre deux ".
L'innovation tire parti des incertitudes : elle se loge dans les espaces mal définis, méconnus ou tumultueux des entreprises et de leur marché. Elle ne se programme pas et ne se décrète pas. L'organisation a au contraire pour but de réduire l'incertitude du fonctionnement des entreprises, de programmer, de planifier et de standardiser. L'une et l'autre sont complémentaires, Et pourtant elles sont en concurrence. Ce livre décrit la rencontre conflictuelle entre ces deux logiques. Il s'intéresse au quotidien des activités professionnelles des opérateurs qui sont également des innovateurs. Il retrace les enjeux économiques et culturels de cette capacité de création collective. Il en trace également les limites et les coûts humains : la bureaucratie étouffait ses acteurs, la logique de l'innovation les épuise. Plus largement, il présente les entreprises contemporaines comme des univers marqués par le désordre, cette incapacité à définir des règles sociales stables et légitimes. Il illustre et explique l'ambiguïté d'entreprises et d'acteurs tiraillés entre la nécessité de planifier et celle de vivre l'aventure.
Résumé : Depuis une dizaine d'années, la sociologie appliquée au monde du travail porte son regard sur l'entreprise, en tant que lieu de rationalité économique et de sociabilisation. L'ouvrage présente ces réflexions selon trois axes théoriques : l'action, la culture, et la rationalité. Ce manuel, structuré de manière pédagogique, explique et classe les acquis de la sociologie du travail, de l'organisation et de l'entreprise à propos du fonctionnement et de l'évolution des firmes. Il définit également les relaions entretenues par l'entreprise avec son enrironnement politique, économique ou culturel. Associant à la sociologie d'autres disciplines (histoire, économie, gestion, psychosociologie), l'ouvrage explique la manière dont se construisent, selon un processus complexe, et souvent inattendu, les contraintes et les acteurs de l'entreprise. Les travaux présentés soulignent la relation à la fois complémentaire et antagonique entre l'organisation et l'innovation. Ils illustrent et expliquent l'effort collectif mis en ?uvre dans les entreprises pour parvenir à articuler, jamais de manière durable et pacifique, ces deux logiques.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.