Récemment sortie d'archives familiales (et d'un carton), cette étude de jeunesse d'Emilio Albertario (1885-1948) traite de l'intérêt de l'argent en droit romain (usura pecuniae). Ecrit au tout début du XXe siècle, publié pour la première fois en 2016 et désormais mis à la disposition d'un public français, ce texte est une brillante et solide mise au point sur un sujet resté très actuel. Actuel et indémodable, tant la question des usurae fut travaillée et discutée pendant des siècles ! Avantageusement, le manuscrit de 1907 interroge les juristes, toutes époques confondues, sur cette question des usurae, à mi-chemin entre le droit et l'économie. Qu'il s'agisse des juristes romains, de leurs successeurs byzantins, et plus tard des juristes français ou allemands... Autant de lectures, de strates interprétatives, qui permettent de saisir l'ingénierie — évolutive dans l'histoire — du commerce de l'argent.
Les textes ici sélectionnés sont, pour l'essentiel, traduits d'un ouvrage paru en espagnol sous le titre : El Espejo de México et abordent aussi bien les douleurs subies par la population que ses pratiques de solidarité et de rébellion, porteuses d'espoirs. Ils reflètent les dangers qui menacent la planète : totalitarisme économique, destruction de l'environnement, paupérisation... Surtout, ils laissent percevoir les frémissements d'une civilisation basée sur la négation de la société marchande : la culture indigène. Partout présente, dans les villages et les quartiers, dans les communautés zapatistes et l'Oaxaca, elle pratique la démocratie directe, les décisions au consensus, la communalité, qui renvoient les manoeuvres particiaires dans les poubelles de l'Histoire. L'ouvrage se termine par l'analyse du 2e congrès de l'Assemblée populaire des peuples de l'Oaxaca (AP.PO), où s'affrontèrent visions verticale et horizontale de cet extraordinaire mouvement social. La magnifique intervention des jeunes libertaires de VOCAL (Voix oaxéquègnes construisant l'autonomie et la liberté) illustre les espoirs en un "bouleversement social véritable et profond de notre société".
Fruits d?une discipline militante et littéraire, ces carnets, livrés à la lecture sans médiation ni correction a posteriori, font alterner analyses politiques, témoignages et réflexions personnelles. L?ensemble propose les éléments d?une contre-histoire des années capitales du XXe siècle. Et on y retrouve à la fois les qualités d?écrivain de Victor Serge (finesse des portraits, description inspirée des villes et des paysages traversés) et l?originalité de ses analyses politiques (permanence de l?espérance socialiste malgré l?isolement et la défaite). De Bruxelles à Mexico, en passant par Paris et Marseille, Serge porte un regard lucide sur une période particulièrement dramatique : alors qu?il était " minuit dans le siècle ", il fait la preuve qu?on peut ne jamais abdiquer devant la force brute ni renoncer à l?espérance socialiste.
Albertani Florence ; L'écharpe D'iris les éditions
Le recueil s'ouvre avec Une folie surprenante qui raconte l'histoire de Marc, après une nuit de fête et d'alcool, se réveillant avec des souvenirs flous d'une danseuse nommée Eva. Un enfant terrible parle de la curiosité d'un enfant qui le mène, à la nuit tombée, dans le sous-sol mystérieux de sa maison. L'octogénaire aux mille regrets raconte l'histoire d'une vieille femme obsédée par sa jeunesse perdue, qui croise la route d'un "bon Samaritain" . Les intrigues d'un couple intrigant suivent une jeune femme qui soupçonne son futur mari d'infidélité. Le temps et ses révélations utiles explore la psyché d'un homme se sentant abandonné par sa femme. L'homme aux secrets bien gardés relate la métamorphose d'un homme après un voyage en Inde. Marc et Laura dépeint un mariage où rien ne se passe comme prévu. Un homme malchanceux est un hymne mordant au karma. Coupable d'être met en scène une confrontation impossible entre une juge froide et un homme sur le banc des accusés. Un laborantin fétichiste nous plonge dans les méandres de la prison intérieure d'un savant fou vivant en ermite. Enfin, Le tigre se dompte à l'intérieur clôture la série avec une histoire folle de fauve et d'acrobate déchu. Toutes ces nouvelles partagent un point commun : une multitude de rebondissements qui révèlent toute la saveur de lectures au coin du feu, réconciliant notre âme d'enfant en quête de frisson.
La fin du règne de Louis XIV est marquée par la création, dans le vallon ombreux de Marly, d'une résidence de plaisir exceptionnelle. Autour des pavillons de retraite pour le roi et ses intimes, un grand parc en perpétuel remaniement offre ses bosquets et ses fontaines. Le roi se plaît y remodeler la nature et y placer une statuaire de marbre, de bronze et de plomb qui anime les bassins, souligne les perspectives et évoque l'histoire antique. Le choix de ces sculptures, effectué par le roi en personne, a suivi deux directions. Une sorte de " musée des chefs-d'oeuvre " a d'abord été aménagé - originaux antiques, copies d'antiques et sculptures Renaissance ou modernes -, qui sera sans cesse complété. Ainsi est née une villa l'antique, comme celle qu'Auguste avait c.ee. Ensuite, quand la paix fut revenue, le roi commanda aux meilleurs sculpteurs du temps, Coysevox et les frères Coustou en tête, des créations cohérentes. Ainsi furent entrepris le grand groupe de la Renommée du Roi, mais aussi le décor de la grande Rivière, ou celui de la Cascade rustique et de nombreuses fontaines. Tantôt léger et épris de grâce, tantôt puissant et dynamique, l'art de Marly sous Louis XIV marque une transition entre la grandeur du début du règne et l'annonce de la subtilité du XVIIIe siècle. Abandonné en 1715 et privé sous la Régence de certains de ses grands marbres, transférés au jardin des Tuileries, le jardin de Marly muait sous Louis XV avec la commande Guillaume Coustou des célèbres Chevaux de Marly, manifeste d'un art épris de naturalisme autant que de fougue. Mais la Révolution et l'Empire signeront la fin de cette belle époque. Les pavillons sont démolis, le parc vendu puis racheté par l'Etat, mais démeublé. Les sculptures sont saisies par la Nation, mais dispersées. Beaucoup rejoignent le jardin des Tuileries, mais aussi l'Assemblée nationale ou le parc de Versailles. Depuis 1993, la cour Marly au Louvre abrite les oeuvres les plus célèbres, provenant pour une large part du jardin des Tuileries. Ce catalogue retrace l'histoire des sculptures conservées dans les collections publiques françaises, depuis leur création jusqu'à nos jours, en suivant toutes les étapes de leur conservation. On trouvera pour chacune de ces oeuvres l'intégralité des sources la concernant, une bibliographie exhaustive, l'historique de son état et de ses restaurations, la liste de ses répliques.