Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Carnets (1936-1947)
Serge Victor ; Albertani Claudio ; Rioux Claude ;
AGONE
30,00 €
Épuisé
EAN :9782748901672
Fruits d?une discipline militante et littéraire, ces carnets, livrés à la lecture sans médiation ni correction a posteriori, font alterner analyses politiques, témoignages et réflexions personnelles. L?ensemble propose les éléments d?une contre-histoire des années capitales du XXe siècle. Et on y retrouve à la fois les qualités d?écrivain de Victor Serge (finesse des portraits, description inspirée des villes et des paysages traversés) et l?originalité de ses analyses politiques (permanence de l?espérance socialiste malgré l?isolement et la défaite). De Bruxelles à Mexico, en passant par Paris et Marseille, Serge porte un regard lucide sur une période particulièrement dramatique : alors qu?il était " minuit dans le siècle ", il fait la preuve qu?on peut ne jamais abdiquer devant la force brute ni renoncer à l?espérance socialiste.
Parmi les premiers à dénoncer les horreurs du stalinisme, l'Histoire convoque un nom, un homme russe au singulier parcours de vie, un militant pour la vérité et la liberté, Victor Serge (Viktor Lvovitch Kibaltchitch, 1890-1947).
Un hôtel borgne, dans le quartier du Marais, à Paris. Nous sommes en 1940, à la veille de l'Occupation. Les ministères évacuent leurs archives. Rouen brûle. Amiens est en ruine. Devant le comptoir du bistro attenant à l'hôtel Marquise, on échange des bobards, tandis que les filles continuent leur ronde sur le trottoir. Et les personnages défilent. Demain ils vont se disperser sur les chemins de l'exode. Ce sont les pensionnaires de l'hôtel. Il y a là, autour d'Anselme Flotte, le propriétaire du bistrot, un bougnat, Augustin Charras et sa fille Angèle, un réfugié russe, le docteur Ardatov, un révolutionnaire espagnol, Pepe Ortiga, le courtier Mortiz Silberstien. Ils partiront ensemble. {Les Derniers Temps} sont les ultimes instants de liberté, d'une certaine façon de penser et de vivre. Thème humain dont Paris est le symbole. De ce Paris, à la veille et au début de l'Occupation, il trace d'amples tableaux où passent, s'agitent, vivent des personnages remarquablement observés...
Avant Koestler et Soljenitsyne, Victor Serge décrit, avec S'il est minuit dans le siècle, la Russie de Staline comme une machine à broyer les hommes, corps et âme. Les opposants au régime meurent dans l'anonymat. Serge, qui fut l'un d'eux, leur a redonné un visage et un nom. Son livre, dès 1940, était un avertissement.
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).
Résumé : Les machines ressemblent à d'étranges créatures qui aspirent les matières premières, les digèrent et les recrachent sous forme de produit fini. Le processus de production automatisé simplifie les tâches des ouvriers qui n'assurent plus aucune fonction importante dans la production. Ils sont plutôt au service des machines. Nous avons perdu la valeur que nous devrions avoir en tant qu'êtres humains, et nous sommes devenus une prolongation des machines, leur appendice, leur serviteur. J'ai souvent pensé que la machine était mon seigneur et maître et que je devais lui peigner les cheveux, tel un esclave. Il fallait que je passe le peigne ni trop vite ni trop lentement. Je devais peigner soigneusement et méthodiquement, afin de ne casser aucun cheveu, et le peigne ne devait pas tomber. Si je ne faisais pas bien, j'étais élagué. Foxconn est le plus grand fabricant du monde dans le domaine de l'électronique. Ses villes-usines, qui font travailler plus d'un million de Chinois, produisent iPhone, Kindle et autres PlayStation pour Apple, Sony, Google, Microsoft, Amazon, etc. En 2010, elles ont été le théâtre d'une série de suicides d'ouvriers qui ont rendu publiques des conditions d'exploitation fondées sur une organisation militarisée de la production, une taylorisation extrême, l'absence totale de protection sociale et une surveillance despotique jusque dans les dortoirs où vivent les ouvriers. Ce livre propose quelques éléments d'analyse du système Foxconn à partir du portrait que fait la sociologue Jenny Chan d'une ouvrière qui a survécu à sa tentative de suicide en 2010. Complété par le témoignage de Yang, un étudiant et ouvrier de fabrication à Chongqing, il retrace également le parcours de Xu Lizhi, jeune travailleur migrant chinois à Shenzen, qui s'est suicidé en 2014 après avoir laissé des poèmes sur le travail à la chaîne, dans "L'atelier, là où ma jeunesse est restée en plan".
« En août 1988, à la suite d'un concours de circonstances, je me suis inscrit dans un club de boxe d'un quartier du ghetto noir de Chicago. Je n'avais jamais pratiqué ce sport, ni même envisagé de le faire. Hormis les images stéréotypées que chacun peut s'en former à travers les médias, le cinéma ou la littérature, je n'avais eu aucun contact avec le monde pugilistique. Je me trouvais donc dans la situation du parfait novice. Trois ans durant, j'ai participé aux entraînements aux côtés des boxeurs du cru, amateurs et professionnels, à raison de trois à six séances par semaine. À ma propre surprise, je me suis pris au jeu, au point de passer mes après-midi au gym avant de passer entre les cordes disputer un combat officiel. Les notes consignées au jour le jour dans mon carnet de terrain (initialement pour m'aider à surmonter un profond sentiment de maladresse et de gêne physique, sans nul doute redoublé par le fait d'être le seul Blanc de la salle), ainsi que les observations, photos et enregistrements réalisés lors des tournois et "réunions" où se produisaient des membres de mon club ont fourni la matière des textes qu'on va lire. »