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Michel Déon, un regard désenchanté
Alavoine Bernard
EUD
9,00 €
Épuisé
EAN :9782364412675
Lors de la disparition de Michel Déon en décembre 2016, la presse a salué plutôt discrètement le "dernier des hussards". L'écrivain n'était plus sous les feux de l'actualité et l'on reprochait à l'auteur des Poneys sauvages son engagement politique. La critique découvrit lentement que le "romancier du bonheur", salué pour sa désinvolture, portait un regard désenchanté sur son époque. L'éloignement en Grèce fut une réponse provisoire à ce malaise qui transparaît dans les grands romans des années 70. Michel Déon est aussi l'auteur discret de nouvelles et de pièces de théâtre sans oublier les récits et chroniques où il excelle. L'Irlande sera son ultime refuge : la nostalgie est omniprésente dans les dernières oeuvres qui soulèvent un peu le voile sur un écrivain pudique et secret. Cet essai tente de cerner une production littéraire qui demeure un témoignage essentiel sur les bouleversements du vingtième siècle.
En 1851, Elisée Reclus doit quitter la France, banni suite à son opposition au coup d'État de Louis Napoléon Bonaparte. Son exil le conduit aux États-Unis où il passe quelques années dans le milieu esclavagiste de la Nouvelle-Orléans. Il découvre à la fois la formidable originalité du pays et ses terribles contrastes. De retour en France, il rend compte de son expérience et de sa réflexion dans une série d'articles parus dans la prestigieuse Revue des Deux Mondes - série à partir de laquelle nous avons effectué la sélection de textes que nous présentons dans cet ouvrage. Au travers de ces écrits, Elisée Reclus nous livre avec fraîcheur les impressions d'un jeune homme révolté, mais il jette également les fondements de ce que sera sa géographie sociale. Il nous invite à un parcours qui suit les eaux calmes du Mississippi, croise la route des sectes protestantes les plus rigoristes et surtout rencontre le destin tragique des esclaves. Élisée Reclus voit l'histoire s'accomplir sous ses yeux, il en dévoile les ressorts profonds. Il est à son époque l'un des analystes les plus clairvoyants de la guerre de Sécession et de ses enjeux.
Georges Simenon est Fauteur francophone le plus adapté au cinéma et à la télévision. On pense bien sûr aux centaines d'épisodes de "Maigres", en France comme à l'étranger, mais ce sont les adaptations des "romans durs" (c'est-à-dire sans le personnage de Maigret) qui intéressent le plus la critique. En France, depuis Jean Renoir, Henri Decoin, Julien Duvivier ou Marcel Carné, les plus grands réalisateurs ont adapté Simenon. Claude Autant-Lara, Jean Delannoy, Henri Verneuil, Edouard Molinaro, Jean-Pierre Melville et Pierre Granier-Deferre ont aussi tenté l'expérience. Ensuite, Bertrand Tavernier, Claude Chabrol, Serge Gainsbourg et Patrice Leconte se sont emparés de l'oeuvre. Enfin, dans les années 2000, Cédric Kahn et récemment Mathieu Amalric (en 2014) ont porté à l'écran des oeuvres du Liégeois international. Il y a un paradoxe Simenon : tout semble évident au début de l'entreprise, et puis les, difficultés surviennent. Comment traduire le style de l'écrivain, "l'atmosphère" bien particulière de ses romans ? En adaptant Simenon, les réalisateurs ou les scénaristes se trouvent souvent confrontés à un travail de récriture dont ils n'avaient pas mesuré l'ampleur. Doit-on are fidèle au texte comme Chabrol le préconise ou au contraire fidèle à l'esprit du romancier selon Tavernier et Leconte ? Pour tenter de répondre à ces questions, l'université nationale et capodistrienne d'Athènes et l'université de Picardie-Jules Verne ont réuni à l'Institut Français de Grèce une douzaine de chercheurs ainsi que le fils du romancier, John Simenon, lui-même producteur de films et de téléfilms. Les textes réunis dans ce volume n'ont pas permis, bien sûr, de répondre définitivement aux questionnements que les organisateurs avaient suggérés, mais cet "état des lieux" à la fois partiel et subjectif a eu le mérite d'envisager l'adaptation des romans de Simenon sous un angle un peu différent alors que l'évolution des techniques et l'intérêt pour les séries télévisées ont changé la donne.
Michel Déon a vécu presque trente ans en Grèce dans la petite ile de Spetsai avant de s'installer en Irlande, tout en gardant des liens privilégiés avec le pays des dieux. Auparavant, le futur romancier avait découvert les charmes de la Méditerranée pendant une enfance en partie monégasque, et surtout après la guerre, période où il sillonne les routes d'Italie, puis d'Espagne et du Portugal, mais aussi du Maroc et de l'Algérie. La mer, la douceur du climat, un riche pané culturel et des rencontres. Voici ce que la Méditerranée a pu offrir à Michel Déon qui recherchait un certain art de vivre loin de l'agitation parisienne. Comment les découvertes impatientes des premières années ont-elles laissé la place à une conception du voyage fondée sur l'imprégnation d'une culture ? Rejoignant souvent les vues d'Henry Miller, de Patrick Leigh Fermor ou de Lawrence Durell, Michel Déon a acquis progressivement une philosophie du voyage qui accorde une place essentielle aux femmes et aux hommes qui habitent ces contrées.
Quand il présente Fenêtre sur cour en 1954, Alfred Hitchcock jouit d'une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Le film est tourné en un lieu unique, un défi séduisant pour le réalisateur qui confirme son inventivité en matière de mise en scène, de montage et d'utilisation de la musique. L'intrigue, quant à elle, offre une dimension subversive évidente : le spectateur se trouve dans la position du héros-voyeur, et tous deux sont déçus quand ils pensent qu'il n'y a pas eu meurtre ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue ainsi avec leurs sentiments. Il contourne également la censure, l'épilogue n'étant qu'une façade, au même titre que les murs en briques des immeubles du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l'appartement de Jeff dès la scène d'ouverture, cet essai se propose d'étudier ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste, afin de montrer combien Fenêtre sur cour peut être envisagé comme une synthèse de son oeuvre, périodes anglaise et américaine confondues.
Le musée d'archéologie des années 1950, avec de beaux objets présentés dans des vitrines savamment éclairées, est sur le point de disparaître du paysage culturel. Et tandis que l'archéologie se diversifie et se ramifie en plusieurs spécialités qui tentent de se rapprocher des sciences exactes, par leurs méthodes comme par leur extrême focalisation, les musées, qui se sont tous plus ou moins convertis au rythme annuel de la succession des expositions temporaires, découvrent le rôle essentiel des médiations. Qu'est-ce que la (ou les) médiation (s) ? Quel tableau peut-on en dresser aujourd'hui ? En quoi les médiations modifient-elles les missions des musées ? Un déplacement essentiel s'est produit : si le travail de recherche archéologique et sa diffusion continuent d'être prioritaires, le public est dorénavant une préoccupation essentielle. Il est placé au centre d'un musée qui se transforme ; à sa mission première d'institution chargée de mettre en valeur des vestiges, le musée ajoute une dimension nouvelle de dispositif de communication. Cet ouvrage, le premier du genre, présente un panorama complet des différentes catégories de médiations à l'oeuvre dans le champ de l'archéologie. Qu'elles soient une préoccupation des archéologues eux-mêmes, qu'elles relèvent de l'activité professionnelle des médiateurs ou bien encore qu'elles se déroulent spontanément au sein du public, les formes et les types de médiation sont nombreux et variés. L'ouvrage en dresse un tableau très suggestif.
La mort accidentelle d'Albert Camus, l'intellectuel solitaire et solidaire, le 4 janvier 1960 à Villeblevin (Yonne), a sidéré le monde entier. Quand on évoque Albert Camus, icône de la littérature française, ce sont les écrits du romancier, L'Etranger, La Peste, La Chute que l'on cite spontanément. Mais il était aussi dramaturge, éditorialiste de génie, essayiste, philosophe et citoyen du monde, ne se dérobant jamais face à un combat pour condamner toutes les formes de totalitarismes et l'horreur nazie. L'Algérie, son pays d'origine, fait partie intégrante de sa vie et de son oeuvre. L'originalité du présent essai est de retracer la trajectoire exceptionnelle d'un gamin pauvre du quartier Belcourt à Alger au Prix Nobel de littérature. Mais au-delà d'une simple biographie, ce texte cerne une production littéraire qui reste un témoignage essentiel sur les bouleversements du XXe siècle et sur des faits qui sont encore de notre temps. Dans un monde absurde, l'être humain doit faire au mieux pour accomplir sa destinée d'Homme.