Les études sur le genre, qui ont connu un essor important depuis les années 1970, offrent de nouvelles clés pour appréhender les disciplines traditionnelles. Alors que la science politique se montre plus rétive que d'autres à la prise en compte des perspectives du genre, l'objet de cet ouvrage est de révéler leurs apports décisifs à l'analyse du politique. Les notices de ce dictionnaire pionnier recensent les concepts, théories et objets canoniques de la science politique (citoyenneté, libéralisme, administration, partis politiques, mondialisation, etc) en montrant le rôle central du genre dans leur genèse et leur maturation. Elles révèlent aussi le fonctionnement des inégalités entre les femmes et les hommes dans les partis, les assemblées, et la manière dont se fabrique et s'exprime le rapport entre les sexes dans les discours et les comportements politiques. Enfin, elles présentent les nouveaux concepts forgés par les spécialistes du genre (care, féminisme d'Etat, intersectionnalité, etc). Ecrit dans une langue claire et accessible, fort d'une approche comparative entre études anglophones et francophones et d'une vaste bibliographie constituant un outil de référence indispensable, cet ouvrage tire aussi sa richesse de la contribution de plus de 50 spécialistes de différentes générations, qu'il s'agisse d'auteur(e)(s) qui ont créé des concepts ou mené les premières enquêtes sur le genre en politique, ou de jeunes chercheur(e)(s) qui les utilisent et les font vivre aujourd'hui. Il intéressera particulièrement les étudiant(e)(s), enseignant(e)(s) et chercheur(e)(s) souhaitant accéder à une connaissance précise et pédagogique des apports des travaux sur le genre à la science politique comme à ses disciplines connexes, sociologie, histoire, anthropologie.
Gaudillière Jean-Paul ; Achin Catherine ; Roueff O
Un an après le mouvement de protestation contre la réforme des retraites en France, ce numéro revient sur l'histoire du répertoire d'action de la grève et ses déplacements récents. Cesser le travail salarié est un moyen d'action classique du mouvement ouvrier qui s'est adapté aux nouvelles formes du capitalisme, en s'organisant dans de nombreux secteurs partout dans le monde (dans le travail précaire, les services, le numérique...). Hors de la sphère marchande, le recours à la grève par les mouvements écologistes ou féministes met l'accent sur les communs, le travail domestique et le travail de care, dont l'importance vitale est démontrée lorsqu'ils font défaut. Dans le numéro 104 hiver 2020. Luttes antifa. A l'échelle internationale, les menaces fascistes aussi bien que les dérives autoritaires de gouvernements néolibéraux donnent lieu à des ripostes du mouvement social. Mouvements rassemble dans ce numéro des expériences de luttes antifascistes tirées du présent (Grèce, France, Espagne, Turquie, etc.) et éclairées par les héritages de luttes passées. Toutes indiquent que les nécessités stratégiques du moment sont à l'articulation des fronts anticapitalistes, antiracistes, féministes et écologiques.
Flora est ambitieuse, pleine de vie et a un avenir tout tracé. Mais ça, c'est avant ce voyage qui va détruire sa vie. A son retour de Punta Cana, elle va s'isoler et refuser tout contact physique. Pourquoi rejette-t-elle l'aide de tout le monde ? Qu'a-t-elle vécu ? Obtiendra-t-elle sa vengeance ? Découvrez l'histoire troublante d'une jeune femme qui doit se reconstruire malgré les séquelles physiques et psychologiques qu'elle garde de sa mésaventure.
Désir(s) ", " Mondialisation ", " Nudité ", " Race ", " Voix "... Les soixante-quatorze textes thématiques de cette encyclopédie explorent les reconfigurations en cours des études de genre. Trois axes transversaux organisent cette enquête collective : le corps, la sexualité, les rapports sociaux. Dans les activités familiales, sportives, professionnelles, artistiques ou religieuses, les usages du corps constituent désormais un terrain privilégié pour appréhender les normes et les rapports de genre. Les pratiques érotiques que les sociétés, à travers l'histoire, ont catégorisées comme normales ou déviantes occupent quant à elles une place inédite pour éclairer les articulations entre hiérarchies des sexes et des sexualités. Enfin, les inégalités liées au genre sont de plus en plus envisagées en relation avec celles liées à la classe sociale, la couleur de peau, l'apparence physique, la santé ou encore l'âge. Cette approche multidimensionnelle des rapports sociaux a transformé radicalement les manières de penser la domination au sein des recherches sur le genre. En analysant les concepts, les enquêtes empiriques et les débats caractéristiques de ces transformations saillantes, les contributrices et contributeurs de cet ouvrage dessinent une cartographie critique des études de genre en ce début de XXIe siècle. Pour cette nouvelle édition, l'ouvrage s'enrichit, en plus de mises à jour substantielles, de huit nouvelles notices : " Capital ", par Céline Bessière et Sibylle Gollac " Ecriture ", par Audrey Lasserre " Féminismes ", par Ilana Eloit " Grève ", par Fanny Gallot et Yasmine Siblot " Lectrice/spectatrice ", par Delphine Chedaleux " Musique ", par Reguina Hatzipetrou-Andronikou " Subsistance ", Geneviève Pruvost " Tribunal ", par Coline Cardi
Popa Ioana ; Bereni Laure ; Revillard Anne ; Achin
Femmes élues ou femmes remarquables, les "femmes d'élection" suscitent une réflexion sur les conditions de leur réussite et ses limites, à l'intersection de la sociologie des professions et du genre, de la sociologie politique et des politiques publiques. En plus des articles du dossier, on trouve dans ce numéro : un HORS-DOSSIER sur le contrôle des jeunes des quartiers populaires à Marseille à la fin des années 1990 ; une FENETRE de sociologie comparative, "Etre anthropologue chez soi : un point de vue indien" ; un POINT CRITIQUE, "faire voter et voter, XIXe-XXe siècle" ; la BIBLIOTHEQUE (recension d'ouvrages).
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Gemenne François ; Rankovic Aleksandar ; Zalasiewi
« Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d'appeler un Atlas, le rapport des forces s?est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l?on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n?est plus la Terre que l?on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l?on domine, que l?on possède et que l?on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s?inverse à nouveau : paraît un "Atlas" qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c?est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules. » Bruno LatourChangement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux? Voici le premier atlas réunissant l?ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.4e de couverture : « Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d'appeler un Atlas, le rapport des forces s?est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l?on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n?est plus la Terre que l?on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l?on domine, que l?on possède et que l?on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s?inverse à nouveau : paraît un "Atlas" qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c?est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules. » Bruno LatourChangement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux? Voici le premier atlas réunissant l?ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.
Autant que l'appartenance sociale, le parcours scolaire ou la formation, la vie au travail construit l'identité des individus. Il revient à Renaud Sainsaulieu d'avoir mis en lumière, dès les années 1970, l'effet culturel central de l'activité professionnelle, dans un ouvrage qui révolutionna l'école française de sociologie des organisations : L'Identité au travail. Pour éprouver la construction de sa propre identité au travail, Renaud Sainsaulieu vit l'expérience d'ouvrier d'usine, qu'il relate dans ce livre. Il mobilise en suite des protocoles d'analyse plus classiques, mêlant la sociologie et la psychologie, pour distinguer des cultures au travail - négociation, retrait, affinités, fusion. Il démontre ainsi que les organisations sont des lieux d'apprentissage et de définition de soi. Réalisée à une époque charnière de tertiarisation de l'économie, de renouvellement des structures d'encadrement et d'arrivée massive des femmes dans les emplois de bureau, l'analyse se prolonge bien au-delà de l'atelier ouvrier pour montrer, comme l'écrit Norbert Alter dans la préface de cette édition, que l'entreprise constitue "l'un des lieux de socialisation centraux du monde contemporain et de ce fait dispose d'une responsabilité sociale" . La réédition très attendue d'un ouvrage capital qui demeure la base de l'oeuvre d'une vie de chercheur engagé et dont les observations n'ont rien perdu de leur actualité.
La manière dont l'Allemagne traite ses habitants [... ] n'est pas plus notre affaire que ce n'est celle d'un autre gouvernement de s'interposer dans nos problèmes". Les mots de Robert Jackson, procureur en chef américain au procès de Nuremberg, sont sans ambages : la répression des crimes racistes commis par les nazis ne saurait ouvrir la voie à un examen international de l'ordre racial qui prévaut alors aux Etats-Unis. L'atteste la définition particulièrement corsetée du crime contre l'humanité adoptée en 1945. A partir d'une enquête sur les lawyers qui, outre-Atlantique, ont jeté les bases du procès, impulsé et conduit les débats, Guillaume Mouralis propose une relecture passionnante de Nuremberg. Il révèle le faisceau des contraintes professionnelles, sociales et culturelles qui ont lourdement pesé sur ce moment expérimental. Il s'interroge finalement sur son legs. Comment a-t-il été mobilisé dans les luttes afro-américaines pour les droits civiques, ou celles, ultérieures, contre la guerre du Vietnam ? Et comment ces appropriations militantes ont-elles marqué l'émergence d'un dispositif judiciaire international ?