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Tout ce que le ciel permet en cinéma, photographie, peinture et vidéo
Aboudrar Bruno Nassim ; Le Maître Barbara
SORBONNE PSN
29,90 €
Épuisé
EAN :9782878546538
II n'y a pas de ciel neutre. Arrière-plan cadré comme une simple indication de lieu, il excède presque toujours cette fonction, et fait sens par surcroît : ciel chargé, lourd, menaçant, léger ou radieux - le ciel signifie par excès. Mais qu'il devienne sujet de l'image - quand il est peint, photographié ou filmé "pour lui-même" -, c'est alors par défaut qu'il fait sens. Ce qui en est donné à voir est nécessairement très en-deçà de ce qu'il représente : demeure infinie de Dieu pour le ciel théologique ou complexité physique du ciel astronomique. Les études ici réunies abordent le ciel par la peinture (coupoles religieuses, études de nuages), la photographie (daguerréotypes de la lune), le cinéma ou la vidéo (Akira Kurosawa, Raymonde Carasco, Mark Lewis, Caroline Duchatelet). Croisant les médiums aussi bien que les champs disciplinaires (histoire de l'art, esthétique du cinéma, histoire des sciences), ce volume éclairera d'autant de lueurs l'infinie profondeur du ciel.
Biographie de l'auteur Bruno Nassim Aboudrar est professeur d'esthétique à l'université Paris 3 - Sorbonne nouvelle, il est l'auteur de plusieurs essais, notamment Nous n'irons plus au musée(Aubier, 2000), ainsi que d'un roman : Ici-bas (Gallimard, 2009).
L'art ancien jouirait des faveurs du " public " : les foules au musée en témoignent ; l'art contemporain, avec ses provocations, mériterait l'indifférence, quand ce n'est la haine où on le tient. Il n'est pourtant pas certain que la déférence ou l'idolâtrie soient une relation à l'art plus heureuse que le mépris. Ce clivage de l'art, qui en exile une partie au sommet de notre culture, une autre à ses marges, est le signe d'un malaise : nous ne savons que faire de notre art, comment nous comporter avec lui, quelle place lui ménager dans notre société, qu'éprouver dans la présence de ses ?uvres. Ce livre trouve l'origine de ce malaise - dont le musée et son succès équivoque n'est qu'un aspect, fondamental - dans ce qui a été ces deux derniers siècles la grande affaire de l'esthétique : l'autonomie de l'art. Formés à ses principes, nous avons délesté l'art de toute nécessité comme de tout pouvoir, nous condamnant à errer d'?uvres saugrenues en chefs-d'?uvres inaccessibles. Mais l'art va très bleu : jamais il n'y a eu tant d'?uvres disponibles ni en meilleur état, jamais tant d'artistes n'ont ?uvré. Aussi cet ouvrage n'en appelle-t-il pas à une réforme de l'art, mais réfléchit aux conditions philosophiques, sociales et morales d'une nouvelle relation à ses ?uvres qui en restituerait la proximité, la quotidienneté et - surtout - la nécessité. Car nous avons besoin de l'art...
Formes noires fantomatiques, sombres silhouettes drapées, visages de femmes mangés par le tissu : pourquoi de telles images, désormais familières, dérangent-elles ? Pourquoi le port du voile blesse-t-il à ce point le regard des Européens ? Loin des polémiques, Bruno Nassim Aboudrar renouvelle le débat et met au jour les malentendus qui entourent cette pratique millénaire. Le voile n'est pas spécifiquement musulman il l'est devenu. Presque absente du Coran, c'est une prescription construite progressivement, au terme d'une histoire dont l'épisode colonial est un chapitre majeur. Scrutant tour à tour la lettre du Coran, le voyeurisme de l'art orientaliste, les dévoilements spectaculaires orchestrés en Turquie ou au Maghreb, cette histoire croisée du regard, illustrée d'une trentaine de tableaux et de photos, délivre une lecture inédite des stratégies à l'oeuvre derrière le voile.
Aboudrar Bruno Nassim ; Mairesse François ; Martin
Polémique autour du Louvre Abu Dhabi, débats sur la restitution du patrimoine africain, questions liées à la reconstruction post-conflit... l'enjeu culturel est central dans l'évolution des relations internationales qu'il permet d'éclairer sous un angle original. Cet ouvrage propose d'analyser l'ensemble des enjeux de la culture dans le monde dans leur dimension à la fois politique, économique et artistique. Comment la culture, via les politiques culturelles et économiques menées par les Etats, est-elle devenue un instrument stratégique pour développer leur influence dans le concert des nations (soft power, smart power, nation branding, marketing culturel) ? Quels sont les enjeux économiques de la culture et les outils à disposition des organisations culturelles et des majors des industries culturelles pour renforcer leurs parts de marché ? Enfin quelles stratégies les artistes - et notamment les artistes contemporains - et les acteurs du patrimoine mettent-ils en oeuvre pour s'adapter au monde globalisé ?
La théorisation actuelle du personnage de fiction demeure tributaire, pour l'essentiel, de présupposés structuralistes qui ont conduit à le concevoir comme un être de papier et d'action, et comme partie d'un système. Assurément opératoire sur un vaste corpus, cette manière de penser le personnage n'en est pas moins débordée par les usages fictionnels contemporains, qui ambitionnent de documenter le fait humain tous azimuts. Dès lors, un geste d'ouverture et d'ajustement théoriques s'impose pour saisir ces nouveaux usages et leurs implications. Les études réunies dans le présent ouvrage participent ainsi de trois perspectives : poétique, pragmatique et culturelle. Attentives à leurs objets propres comme aux enjeux conceptuels qui les traversent, elles donnent à voir la singularité des nouveaux possibles des oeuvres (littéraires, cinématographiques ou numériques), et contribuent à la nécessaire historicisation des théories du personnage.
Indexée sur l'expérience d'un lieu, l'écriture de Jean Rolin se situe au coeur des renouvellements thématiques et esthétiques de la littérature de ces trente dernières années : à partir d'une immersion dans un espace concret - visite réitérée, incursion, séjour prolongé - elle définit une forme littéraire située au croisement du documentaire et du romanesque, en prise sur les espaces contemporains, tentant d'élaborer les conditions d'un possible témoignage. Selon quelles modalités s'opère la saisie incarnée et située d'un territoire ? Comment l'expérience vécue est-elle recomposée par l'écriture, en marge des catégories génériques du reportage ou du récit de voyage ? Comment s'actualise la situation de l'écrivain dés lors que son rapport au monde prend soin d'écarter toute prétention didactique ? C'est à toutes ces interrogations que ce volume s'efforce de répondre à travers des lectures croisées, qui font dialoguer entre elles les différentes oeuvres de Jean Rotin pour mieux en cerner les constances, les récurrences et les évolutions.
Le rapport que l'écrivain établit avec le monde est l'axe principal des études de ce volume consacré à des auteurs hispano-américains parmi les plus célèbres des dernières années du XIXe siècle et du XXe siècle. L'essai, la poésie et surtout le roman déploient un imaginaire d'une richesse exceptionnelle, que les études de ce volume analysent, tout en les reliant à la vision et à l'engagement personnel de chaque écrivain. L'histoire hispano-américaine, dans les essais de Manuel González Prada aussi bien que dans la poésie de Rubén Darío, revendique une volonté de destin. L'imaginaire de la culture hispano-américaine est abordé à travers le roman, au Mexique avec Carlos Fuentes, au Nicaragua avec Gioconda Belli et au Pérou, avec Isaac Goldemberg et les romans de Mario Vargas Llosa. La satire de la société au milieu du XXe siècle s'accompagne d'implications sociales et politiques magnifiquement servies par l'art d'écrire de chacun des auteurs. Des exemples sont donnés de la féconde tradition poétique et musicale des peuples sud-américains.
Il faut lire Hélène Cixous sur le mode de l'entente. L'entente c'est la rencontre de l'oeuvre de l'autre (écrite, peinte, dessinée) suscitant une lecture, une écoute et une mise en état de réponse qui ouvre et relance l'appel de l'oeuvre. C'est à l'éclat de ce mot - entente - que l'on mesure combien Hélène Cixous compte aujourd'hui parmi les écrivains dont l'oeuvre transforme le plus fondamentalement la pensée et la poétique de la relation entre les arts visuels et l'écriture. Cette écoute radicale des mots, des langues, des autres (écrivains, penseurs et artistes) et jusqu'à soi en tant qu'autre est en effet présente depuis les débuts de l'oeuvre foisonnante et sans cesse renouvelée d'Hélène Cixous. Or, écrire l'entente est aussi un "ouï-dire". C'est sonder l'expérience autant que la pensée de l'écriture telle qu'elle se joue dans le face-à-face toujours contemporain avec l'oeuvre de l'autre, qu'il s'agisse de collaborations récentes (Chevska, Alechinsky, Hantaï, Tuymans, Abdessemed), de dialogues en cours (Derrida, Jeannet, Wajsbrot) ou de la lecture d'oeuvres anciennes (Ovide, Dante, Rembrandt, Goya, Joyce, Mandelstam, Lispector, Celan, Genet) Examinant la notion de l'entente - et donc, avec elle, ses équivoques : la mésentente, l'accord et le dissensus, le partage et la persécution, la communauté et ses désaveux, la co-vivance, le rapport du texte à l'image et à l'oreille - cet ouvrage est l'occasion d'un dialogue entre philosophes, poètes, artistes et chercheurs, qui ouvrent ici "l'entente" à une diversité d'approches poétiques, philosophiques, historiques, politiques, voire juridiques, permettant de réfléchir sur une tension toujours à l'oeuvre dans les écrits d'Hélène Cixous.