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Ramper, dédoubler. Collecte coloniale et affect, Edition bilingue français-anglais
Abonnenc Mathieu K ; Arndt Lotte ; Lozano Catalina
B42
24,00 €
Épuisé
EAN :9782917855683
Pour sa contribution, intitulée Sector IX B Prophylaxis of Sleeping Sickness, à la 8e Biennalde de Berlin pour l'art contemporain (2014), Mathieu Kleyebe Abonnenc a pris comme point de départ les collections ethnographiques et entomologiques que son grand-père, Emile Abonnenc, a réunies au Gabon et en Guyane Française en 1931, alors qu'il travaillait comme officier de santé. Les administrations des pouvoirs coloniaux encourageaient leurs citoyens vivant et travaillant dans les territoires d'Outre-Mer à rassembler des objets, pour enrichir les collections ethnographiques de la métropole. Ces récoltes se trouvent désormais dans de nombreux musées européens et soulèvent inévitablement des questions sur la manière dont le savoir scientifique moderne a facilité et a été étroitement lié à la domination coloniale. Afin de libérer de leur silence les objets disparus collectés par l'Officier Abonnenc, et d'en faire des témoins des liens historiques dans lesquels ils sont pris, l'artiste doit en venir à déformer les narrations, à halluciner l'histoire pour identifier et rendre visibles les chaînes historiques d'appropriation et d'expropriation dans les relations hybrides et inextricables entre objets et spectateurs.
Analyse des diverses méthodes de production de données ethnographiques dans un contexte colonial, Un roman dahoméen revient sur deux expériences de collecte spécifiques ayant eu lieu au Dahomey, ancien royaume situé dans l?actuel sud du Bénin. En se concentrant notamment sur les pratiques religieuses vodun (également connues sous le nom de « vodou » et désignant des pratiques occultes d?ordre cosmique issues des cultes animistes africains), l?autrice montre que les approches et les regards ayant historiquement été portés sur ce territoire ont été divergents et n?ont pas toujours engagé les acteurs locaux de la même manière. Valérie Perlès s?est intéressée au parcours dahoméen de deux ethnologues, représentatifs chacun à leur manière de l?occupation française de ce territoire : l?un missionnaire, Francis Aupiais (1877-1945), l?autre administrateur, Bernard Maupoil (1906-1944). Tous deux se sont situés dans le sillage de l?Institut d?ethnologie, et ont travaillé pour des commanditaires différents ? l?un privé, l?autre public ? qui dans les deux cas sont entrés en résonnance avec la politique coloniale de l?époque. Après avoir analysé les données collectées dans une situation de professionnalisation de l?ethnologie, cet ouvrage interroge plus précisément la question du terrain et la place donnée ou négociée par les élites locales. Qu?il s?agisse de chefs politiques, dignitaires religieux ou « lettrés », la plupart se sont engagés, sinon dans la production d?un discours positiviste sur leur propre culture, du moins dans la prise de conscience des enjeux cristallisés autour de cette matière ethnographique. Le texte sera accompagné d?une séléction iconographique tirée de deux fonds documentaires qui seront reproduits en couleur. Le premier provient des films documentaires et autochromes réalisés par le missionnaire Francis Aupiais pour le compte des Archives de la planète d?Albert Kahn. Le second analyse les objets réunis par l?administrateur Bernard Maupoil pour le musée d?Ethnographie du Trocadéro, aujourd?hui conservés au Quai Branly. En liant analyse visuelle et regard ethnographique, Un roman dahoméen s?inscrit dans la lignée de livres tels que La Ligne de couleurs de W.E.B. Du Bois.Table des matières : Introduction Préambule La création du Dahomey : mise en place d?une nouvelle gouvernance coloniale PARTIE 1 La production cinématographique dirigée par Francis Aupiais : l?appropriation du patrimoine religieux et politique par la nouvelle élite dahoméenne. La Géographie humaine mobilisée pour l?étude de la religion africaine Le « Dahomey religieux » : document filmique ou film ? Quelle postérité pour cette démarche documentaire ambitieuse ? « Des jouets aux mains des indigènes » : un terrain colonial incontestablement miné « L?Africanisme du dedans » : la place des lettrés indigènes en ethnologie PARTIE 2 La collecte par Bernard Maupoil pour le MET : de la propagande coloniale à la sauvegarde des derniers vestiges du vodun. Les apprentis ethnologues investis dans le projet muséographique L?influence de la démarche scientifique sur la collecte L?épreuve du terrain : de la déstabilisation à l?engagement L?ethnologue-disciple : le chercheur face à son sujet
Résumé : Dans la polyphonie d'une île livre une généalogie raciale et coloniale du séga, une pratique poétique, musicale et dansée née à Maurice pendant l'esclavagisme colonial au sein de communautés de fugitifs, puis devenue une tradition touristique après la décolonisation. Déplier cette histoire revient à questionner la toute-puissance du colonialisme et entendre les subversions poétiques des ségatières et ségatiers de l'île Maurice. Car, dans les marges d'un rituel collectif, le séga fut l'endroit d'une création poétique où se reconfiguraient les normes de l'intime colonial. A l'heure du demi-siècle des décolonisations, Dans la polyphonie d'une île révèle les traces du colonial parmi les formes commémoratives contemporaines de séga, imposées comme sources mémorielles de la tradition mauricienne. Dans la première partie, l'autrice aborde ce sujet par le prisme des archives coloniales et retrace l'histoire des politiques culturelles qui, de 1715 à 1968, ont quadrillé les espaces des chants, des musiques et des danses de la colonie pour tracer les frontières de la race. Par quelles voix ces chants et ces danses issus de l'esclavagisme colonial arrivèrent-elles jusqu'ici, et avec eux, quels récits furent transmis ? Le séga est-il un folklore préservé par la tradition orale désormais offert à nos regards d'Occidentaux ? Par la retranscription inédite des chants de ségatiers et de ségatières que Caroline Déodat entreprend dans la seconde partie, cet ouvrage procède à l'excavation d'autres voix, dont les résonances sont activées au moyen d'un outillage conceptuel transdisciplinaire où l'anthropologie et l'ethnopoétique côtoient aussi bien la philosophie politique de Michel Foucault, Elsa Dorlin et Judith Butler que la théorie critique postcoloniale de Homi Bhabha, Frantz Fanon et Ann Laura Stoler.
Résumé : L'histoire de l'ethnologie a largement insisté sur les pratiques de collecte d'objets, y compris sur ceux ayant été volés aux populations qui en avaient la charge. La mission Dakar-Djibouti, qui traversa le continent africain entre 1931 et 1933, est considérée comme fondatrice de l'ethnologie professionnelle en France. Elle a rapporté presque 3500 objets actuellement conservés au musée du quai Branly-Jacques Chirac et a défini des méthodes de collecte et d'enquête qui ont marqué la discipline. Mais comment comprendre que les membres de cette mission ethnographique aient aussi ramené en France près de deux cents oiseaux naturalisés dont nombre d'entre eux gisent aujourd'hui dans les réserves du Muséum national d'histoire naturelle ? Comment interpréter le fait que, avant même d'atteindre le Sénégal, Marcel Griaule, le directeur de la mission, réclame au sous-directeur du musée d'ethnographie du Trocadéro des bagues pour étudier les migrations d'oiseaux ? Pourquoi Michel Leiris, écrivain surréaliste devenu ethnologue, s'intéresse-t-il au langage de la tourterelle chez les Dogon ? Que sont devenus les quatre rapaces rapportés vivants par Griaule à la ménagerie du Jardin des Plantes ? Quels savoirs ornithologiques ont été recueillis tout au long de la mission, auprès des populations africaines ? Basé sur de nombreuses archives, pour la plupart inédites, et de riches illustrations, ce livre propose d'interroger la rencontre entre ethnologie et ornithologie à l'origine même du développement de l'ethnologie française. Partir des oiseaux pour écrire cette histoire oblige à changer de perspective, à pointer les affinités entre des pratiques d'observation et de collecte, à interroger la transformation d'oiseaux en spécimens ou la présence de plumes, de becs, de morceaux d'ailes dans les objets acquis (ou parfois volés) par la mission. Mais cette histoire de l'ethnologie à partir des oiseaux est aussi une invitation à revisiter celle des sciences en situation coloniale, à mettre en évidence les affinités entre ethnologie et surréalisme ou les interférences entre la chasse et la collecte d'artefacts, voire entre la taxidermie et le désir masculin.
Je rédigeais mon blog toujours la nuit, au terme de journées souvent très remplies. L'urgence et la fatigue me plongeaient dans un état propice à la rêverie et aux associations d'idées, frisant souvent le coq-à-l'âne mais aussi dans un sentiment de naïve insouciance qui me permettait d'écrire ce qui autrement m'aurait semblé presque impudique : j'y partageais ma méthode, mes influences visuelles, littéraires - toutes choses que j'aime lire chez les artistes qui les dévoilent." Paul Cox. Les pages de ce livre reproduisent sous une forme légèrement raccourcie et modifiée, un blog publié par Paul Cox en 2005 à l'occasion de son exposition "Jeu de construction" à la Galerie des enfants du Centre Pompidou.
Largement tributaire des possibilités qu?offrent la photographie, la programmation, les procédés d?impression, de diffusion, de reproduction, notre environnement visuel est traversé de part en part par la technique. Pourtant ces opérations sont bien souvent maintenues dans l?ombre de questions plus nobles portant sur les graphistes, leurs démarches et les formes qu?ils produisent. Le rôle historique et opératoire de la technique ne semble pas encore avoir été étudié dans le champ du design graphique avec autant d?assiduité que dans d?autres domaines. Les différentes contributions de cet ouvrage montrent selon plusieurs éclairages complémentaires, que la technique n?est pas réductible à des opérations quantifiées ou à des objets fonctionnels, mais qu?elle revêt plus largement une dimension anthropologique beaucoup plus ancienne et profonde que ce que nos environnements technologiques ne laissent imaginer. La technique croise des pratiques, des normes, des habitudes et des « manières de faire », c?est-à-dire tout une somme de choses qui font partie intégrante des processus de création sans forcément y apparaître explicitement. Interroger la fabrication, la conception et les outils en design graphique, c?est tenter de redonner une lisibilité à ces questions pour mieux comprendre les formes visuelles de notre environnement quotidien. Cet ouvrage témoigne de la multiplicité des approches possibles sur le sujet et de la fertilité d?une thématique qui reste encore largement à défricher, au croisement du design, des études visuelles et des humanités numériques.Table des matières : sommaire Introduction Quelques éclairages non techniques sur la technique Vivien Philizot Mémoire des techniques Trous de mémoire Témoignage de Jean-Noël Lafargue Les révolutions techniques et leurs conséquences sur le dessin de lettres Indra Kupferschmidt Politiques numériques Faire avec ? Pour une pratique informée des programmes Kevin Donnot Le design de la transparence : une rhétorique au c?ur des interfaces numériques Loup Cellard, Anthony Masure Pourquoi le design. Une évidence problématique dans le domaine des humanités numériques Nicolas Thély Dynamiques visuelles Le regard captif. Montage et économie de l?attention, aux origines du concept moderne de graphisme Max Bonhomme Du diagramme circulaire au réseau : comment bien digérer un camembert ? Fabrice Sabatier Formes de l?invention Formes, concepts, matières : quels place et rôle pour le numérique et la technique Bruno Bachimont La technique est-elle sédimentaire ? Entretien entre Pierre-Damien Huyghe et Vivien Philizot Conclusion Design graphique. Projet pour un glossaire Vivien Philizot