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Ferdinand
Zukofsky Louis ; Blanchon Philippe ; Parlant Pierr
NOUS
16,00 €
Épuisé
EAN :9782370841278
Prose décisive et sommet d'étrangeté de l'oeuvre de Louis Zukofsky, Ferdinand est le portrait d'un déraciné permanent voyant l'histoire se dérouler sans lui, d'un individu qui souffre d'avoir quitté les êtres chers de son enfance et d'avoir ressenti ne jamais maîtriser son destin et ce, jusqu'à cette forme d'émancipation que constitue le départ pour l'étranger. Temps crucial du récit et nerf le plus vif de l'intrigue, le voyage sera l'occasion de rencontres qui seront autant de mises à l'épreuve pour Ferdinand. Ses divers tourments ne se résoudront que par cet axiome devant donner sens à sa vie à venir : "prendre soin des siens" - et cela au milieu des plus graves troubles historiques. Cet atypique roman, mettant en jeu la trajectoire d'un sujet ballotté, peut se lire aussi comme le récit indéfiniment relancé d'un rêve éveillé.
Louis Zukofsky (1904-1978) est l'un des plus grands poètes américains du vingtième siècle. Il initie le mouvement "objectiviste" auquel sont associés Charles Reznikoff, George Oppen et Carl Rakosi. En 1928 il commence un long poème en 24 mouvements intitulé "A", qu'il achèvera en 1974. En marge de ce "poème d'une vie", il continue à écrire des poèmes courts. 80 fleurs est son dernier livre, pour la première fois traduit en français. Il constitue en tout point un achèvement : l'aboutissement d'une poétique, la récapitulation de l'oeuvre, une réinvention de la tradition lyrique. Que faire une fois "le poème d'une vie" achevé?
Poème écrit en 1926 et publié dans la revue Exil en 1928. Le jeune poète de 22 ans se pose en continuateur d'Eliot, de Pound, de Cummings, de Moore. Pas moins. Il répond à The Waste Land, le parodiant parfois et reprenant le procédé de dévoilement des références d'Eliot. Lecteur passionné de Joyce, mais aussi de Lawrence, Woolf et tant d'autres ; fort de sa culture poétique depuis Chaucer et Villon ; déjà ses figures tutélaires sont présentes, Shakespeare et Spinoza ; et l'engagement politique s'annonce. Fils d'immigrés Juifs Lituaniens, il est aussi passionné de théâtre – il découvre Shakespeare en Yiddish, enfant. Tout y est donc. Une autobiographie déjà. On dit les hommes obsédés par leur fin. Les poètes, eux, ne cessent de commencer, d'écrire que tout n'est que commencement. Par un simple article, tout va suivre, s'inventer...
Pas beaucoup plus qu'être, Pensées de seul, splendide Etre le soir, à attendre sur une berge : Un arbre fait tourner plus doucement Une roue ; Des hommes travaillent sur la jetée Près d'un wagon délabré ; Léopard, tâché-rayonnant, La rivière d'été - Sous : Le Dragon : Not much more than being, Thoughts of isolate, beautiful Being at evening, to expect at a river-front : A shaft dims With a turning wheel ; Men work on a jetty By a broken wagon ; Leopard, glowing-spotted, The summer river- Under : The Dragon :
Dans un monde déclaré sans dehors, enfermé dans l'interconnexion généralisée, la philosophie ne peut apparaître que comme une hérésie. Parce qu'elle est dangereusement atopique - hantée par quelque chose de l'ordre d'un sans-lieu lui permettant ses déplacements improbables. Cette atopie n'est pas propre à la philosophie : elle constitue le coeur sombre et lointain de toute pensée, de toute parole, de toute existence. Nous aimons, nous créons, nous refusons, nous nous coalisons parce que nous sommes voués au dehors. Contre les pensées en termes d'objets, contre les géolocalisations identitaires assistées par ordinateur, contre un monde saturé d'immanence, ce livre propose un existentialisme radicalisé attentif aux désastres psychiques et écologiques qui ravagent le monde.
Dire cela est une traversée dans l'oeuvre de Robert Creeley, un nouveau choix de poèmes qui met en lumière tout un versant secret chez l'auteur américain. Les poèmes, dont certains n'avaient jamais été traduits en français, sont accompagnés d'entretiens inédits de l'auteur avec Jean Daive.
Aspe Bernard ; Atzei Patrizia ; Balaud Léna ; Casa
Occupation, hégémonie, féminisme, poésie... Cet exemple numéro 4 peut apparaître comme un hétéroclite assemblage. Nous ne renonçons pas à l'hétéroclite, nous voulons seulement qu'il nourrisse les certitudes les plus tranchées. Celles qui permettent de tisser une alliance. Y voir clair : telle est la première exigence. Et le premier obstacle : notre embarras, notre habitude à nous éprouver ainsi : encombrés de nous-mêmes. Englués dans une réflexion" plus ou moins esseulée, qui nous a donné ce pli : sur tout ce qui peut concerner l'existence, et l'existence politique, il faut tout d'abord hésiter, ne pas savoir, avouer que l'on ne comprend pas tout, que l'on n'est pas à la hauteur. Nous voulons en finir avec cette modestie. Revient le temps des manifestes. Le temps des affirmations, des prises de parti, le temps où il nous faut tirer les conséquences. Nous ne voulons plus de ce monde de tiédeur douceâtre, qui régente même nos manières d'être ensemble. Nous voulons le retour de l'incandescence. Nous voulons que brûlent des feux nouveaux.