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COIFFURE FAMILLE PATRIE
ZDATNY S
ATELIER ARCHER
13,57 €
Épuisé
EAN :9782845480032
Avec toute la rigueur qui s'attache au travail de l'historien, Steven Zdatny retrace les péripéties et les imbroglios qui ont marqué la tentative de création d'une " famille professionnelle de la coiffure " sous le régime de Vichy. Il dénoue avec une grande clarté l'écheveau de contradictions et d'oppositions entre les idéologies et les hommes dans lesquelles le syndicalisme de la coiffure s'est trouvé empêtré pendant cette sombre période. Le curieux exemple de " collaboration de gauche " réside à la fois dans la forme particulière du syndicalisme dans la petite entreprise et dans l'ambiguïté de la Révolution nationale. Cet ouvrage s'axe, compte tenu de son importance stratégique, sur la campagne pour l'application de la Charte du travail dans la coiffure. Cette campagne est éclairante d'abord par l'étrange mélange de résistance et de collaboration qu'elle a suscité chez les coiffeurs. Dans une traduction très respectueuse du texte original, Michel David s'est attaché à reproduire fidèlement les jugements ironiques et parfois caustiques de l'auteur dont on sent bien que la sévérité sur les comportements est tempérée par un humanisme tolérant conforme à la tradition universitaire.
Le monde artisanal est le grand absent de l'histoire du Xxe siècle. Ce vide historiographique surprenant, surtout si l'on considère le rôle politique prépondérant qu'ont joué les artisans tout au long du XIXe siècle, donnerait à penser qu'ils ont disparu, en tant que tels, pour se fondre dans les classes moyennes, à mesure que la machine et l'usine triomphaient du métier et de l'atelier. Naguère encore incarnation de ce Peuple dont Michelet voyait battre le c?ur dans les échoppes du Faubourg, leur assimilation à la petite bourgeoisie leur vaut d'être impliqués dans le débat brûlant sur les bases sociales du fascisme en France. Cette histoire de l'artisanat au Xxe siècle montre que, loin d'avoir déserté le terrain politique, il y fut plus actif que jamais - mais aussi qu'il n'existe aucun élément de nature à accréditer l'idée qu'il fournit des bataillons aux " ennemis de la République ". Steven Zdatny appartient à cette école américaine qui, dans le sillage de Robert Paxton, a entrepris de revisiter de fond en comble les mythologies françaises. En puisant à de multiples sources, pour la plupart inexplorées jusqu'ici, il retrace l'histoire tumultueuse du mouvement artisanal des années 1920 à la Ve République, rendant justice, ce faisant, à une composante méconnue, sinon méprisée, de la société française.
Un prophète doutant de la vérité de sa foi, un voyant amnésique, une âme terrorisée à l'idée de naître à nouveau ; le troisième millénaire que nous fait entrevoir l'auteur est bien loin de cette ère structurée qui semble nous attendre. Dans ce monde, les dieux ont peur de disparaître de la mémoire des hommes, et les sexes luttent pour le contrôle de la vie. L'humanité n'évolue pas, les croyances et les mythes sont les mêmes qu'au début des temps, l'histoire se défait plus qu'elle ne se fait, et règne en maître incontesté le doute, garant de toute existence. Rencontrer les personnages des Contes pour le troisième millénaire et entrer dans leur réalité, c'est aussi se réconcilier avec la nature même de nos propres interrogations.
Comment Aristote a-t-il prétendu justifier l'esclavage ? Et comment lire aujourd'hui cette prise de position embarrassante ? Plutôt que de prétendre condamner ou au contraire sauver tout Aristote sur l'esclavage, il convient de prendre la mesure de l'importance de cette question au sein de sa doctrine politique. Dans quelle mesure Aristote reste-t-il fidèle à Platon, et dans quelle mesure le dénonce-t-il à propos de l'esclavage ? Et d'ailleurs qu'est-ce qu'un esclave pour le Stagirite ? La manipulation des outils et le statut de manœuvre subordonné ne sont-ils pas partagés par l'ouvrier libre aussi bien que par l'esclave ? Qu'est-ce alors qui différencie l'esclave de l'ouvrier libre ? Et, si tout ouvrier, et même tout employé libre est, d'une certaine manière au moins, servile, doit-il être citoyen ? Mais n'est-ce pas là le problème fondamental de la démocratie, toujours prétendument libre et en réalité souvent soumise à des intérêts particuliers ? D'autre part, la notion d'esclavage ne désigne-t-elle pas parfois la tyrannie imposée à des citoyens libres ? Cette tyrannie vient-elle de la démocratie et ne vient-elle que d'elle ? Et pourquoi l'esclavage qu'elle instaure est-il, en tout cas, fondamentalement injuste selon Aristote ? Enfin, en répondant à ces questions, le commentaire présente aussi une interprétation et non seulement une mesure ou un simple relevé du texte. Sur l'esclavage comme sur un autre sujet, et que l'on tente de le comprendre ou de s'en dépendre, Aristote fournit peut-être une occasion de le repenser librement.