Négligence et maltraitance : peut-on les mettre sur le même plan ? Scènes de la vie quotidienne : enfant voituré avec sucette en bouche à 4 ans, laissé sans action et sans interaction ; sortie familiale du dimanche où le père regarde son portable tandis que la mère téléphone, laissant les enfants sans interlocuteur. Scène vécue dans le train : il est 14 h le train démarre pour 3h30 de trajet. Un couple s'installe avec leur fille de 6 ans : la mère dit à sa fille : tu as le droit de dormir et se pelotonne pour s'assoupir, pas la fillette qui n'a visiblement pas sommeil. Le père assis à côté de la fille sort son ordinateur. La fillette ne sort rien car elle n'a rien, pas un jeu, pas un livre, pas un objet, pas un sac. Au bout d'une heure passée à regarder par la fenêtre, la fillette s'adresse à son père, il ne répond pas. Elle réitère de nombreuses fois sans succès, puis comme il reste impassible et l'ignore, elle lui prend la tête de ses deux mains et la tourne vers elle. Il ne la regarde pas et se dégage brusquement. Plus tard il se lèvera et lui rapportera un gâteau, pour tout gage d'intérêt. Ignorer l'enfant, ne pas le considérer comme une personne sociale, c'est une scène de tous les jours manifestée par de nombreux parents. Quelles en sont les conséquences ? Dans ce numéro, on voit bien qu'est impliqué un tout autre degré de négligence, qu'il s'agit même de maltraitance, mais une question demeure : y a-t-il un continuum ? Où commence la négligence ? Quand bascule-t-elle dans la maltraitance ? Est-ce une question de degré, en particulier pour la négligence sociale, plus subtile à détecter que la négligence des besoins physiologiques vitaux, plus silencieuse, qui se marque plus souvent par l'absence d'attention plutôt que par l'attention malveillante sombrant, elle, à l'évidence, dans la maltraitance psychologique ou physique, ou les deux ? Les effets sont-ils temporaires ou persistants ? La description dans ce numéro des comportements de parents maltraités dans leur enfance montre que la maltraitance peut laisser des traces intergénérationnelles. Quelle prévention ? Quels traitements ? Faut-il y associer les parents maltraitants, comment et avec quels résultats ? Les auteurs de ce numéro thématique d'Enfance, tous experts du domaine, à commencer par la coordinatrice, Chantal Zaouche Gaudron, et Blaise Pierrehumbert, grand spécialiste de l'attachement et de ses accidents, répondent à toutes ces questions. Ils alertent en outre sur l'insuffisante protection contre d'effroyables violences.
Dès sa naissance et au cours de la petite enfance, l'enfant entretient des rapports successifs et différenciés avec le monde des personnes et le monde des objets. Afin d'étudier les processus de subjectivation et de socialisation, sont d'abord abordées ici les premières relations que l'enfant établit, au sein de sa famille, avec ses deux parents, mais aussi celles qui constituent le lien fraternel. Les conduites sociales entre pairs et les relations de l'enfant au monde institutionnel, à travers la socialisation précoce à la crèche et l'intégration sociale à l'école, sont ensuite analysées.
Cet ouvrage fait le bilan des recherches les plus contemporaines en psychologie sur les liens qui existeraient entre le développement de l'enfant et ses conditions de vie notamment quand elles sont marquées par la précarité. Dix ans après la parution du 1001BB Les conditions de vie influent-elles sur le développement de l'enfant ?, aujourd'hui épuisé, cet ouvrage s'attache à rendre compte des avancées de la recherche dans ce domaine en s'intéressant aussi aux enfants de plus de 3 ans. L'objectif est d'examiner comment l'enfant qui grandit dans des conditions de vie précaires peut se développer. Quelles sont les incidences de l'environnement (social, économique, familial) sur sa santé physique et psychique ? Et surtout sur quel levier pouvons-nous agir pour améliorer la situation de ces enfants de la précarité, toujours plus nombreux dans notre pays et dans le monde, et leurs parents ?
Résumé : Comment le père prend-il conscience de sa fonction et quelle est la nature de celle-ci ? Entre tiers et alter comment le père se définit-il dans la famille d'aujourd'hui ? Qu'en est-il des relations précoces père-enfant ? Se différencient-elles des relations mère-enfant ? Quelles significations accorde-t-on aux changements sociaux ? Comment le processus de parentalisation-filiation se construit-il ? Quelle est l'importance du mandat transgénérationnel ? Au regard de l'évolution sociohistorique de la paternité, peut-on parier d'une responsabilité paternelle citoyenne ? Les auteurs de cet ouvrage débattent de ces questions qui nous concernent tous, en prenant appui sur leur expérience, leur pratique et leur orientation théorique. Si leurs analyses rendent compte de la diversité de leurs approches, ils s'accordent pour dire que le père est très tôt un partenaire actif et acteur à part entière de l'environnement des tout-petits. Cependant, tout porte à croire que l'on ne peut parler du père sans parler de la mère, sans envisager le couple ou encore en négligeant l'identité masculine. Dans cet esprit, la coparentalité et la coresponsabilité apparaissent comme des prolongements incontournables de la problématique paternelle dans notre société.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.
Hegel Georg Wilhelm Friedrich ; Kervégan Jean-Fran
Cette édition des Principes de la philosophie du droit, fondée sur un établissement critique du texte original, est la plus complète à ce jour: elle propose, dans une traduction nouvelle, ce texte majeur de la philosophie juridique et politique moderne publié en 1820. Sont en outre offertes au lecteur les traductions des annotations manuscrites portées par Hegel sur son exemplaire personnel, des extraits des cours prononcés durant les années où il rédigeait son ouvrage et de son dernier cours fait la veille de sa mort, ainsi que les précieuses « Additions » rédigées par Eduard Gans à partir de cahiers d'étudiants ayant assisté aux cours de Hegel.
Dans ce volume, le premier d'une trilogie, John Bowlby examine à la lumière de travaux récents les processus qui sous-tendent la relation de l'enfant à sa mère. L'attachement chez le petit de l'homme est considéré comme un schème de comportement instinctif, ayant pour fonction de protéger l'enfant des dangers, en particulier des prédateurs. Son importance est donc équivalente à celle des schèmes aboutissant à la nutrition ou à la reproduction. Biographie de l'auteur De 1946 à 1972, Le Dr Bowlby travailla à plein temps comme psychiatre consultant à la Tavistock Clinic et au Tavistock Institute of Human Relations - pour une grande part sous les auspices du National Health Service joint au Medical Research Council. Il poursuit son oeuvre dans les deux institutions, à la fois comme chercheur et comme enseignant. Il a été président de la Société britannique de Psychanalyse et de l'Association internationale de Psychiatrie infantile et des Professions associées.