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Clairières du bois
Zambrano Maria ; Laffranque Marie
ECLAT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782841627066
La pensée vivifie", dit María Zambrano.Toute sa vie, nourrie silencieusement de sa pensée, peut en témoigner, comme en témoignent ces Clairières du bois, dont elle dira elle-même : "Parmi mes oeuvres publiées, c'est je crois le livre qui répond le mieux à cette idée longtemps formulée que penser est avant tout, à la racine, en tant qu'acte, déchiffrer ce que l'on sent, si on entend par sentir le "sentir originel". Et aussi à cette idée que l'homme est l'être qui souffre sa propre transcendance en un incessant processus d'unification entre la passivité et la connaissance, l'être et la vie.Vie véritable, surprise seulement dans quelques clairières qui s'ouvrent entre ciel et terre au sein de l'initiale frondaison. Et à l'horizon lointain où se noient le ciel et la terre l'être et la vie, la vie et la mort."
María Zambrano est une des figures les plus importantes de la philosophie espagnole du siècle dernier. Disciple d'Ortega y Gasset lors de ses études de philosophie à Madrid, elle connaît l'exil de 1939 à 1982, (Amérique du Sud - en particulier à Cuba -, Europe). Un premier volume de ses oeuvres complètes a paru en Espagne en 1971, elle a reçu le " Prix Cervantès " pour l'ensemble de son oeuvre en 1988.Philosophie et poésie, écrit en 1939 et réédité en 1987, inédit en français, satisfera tous les lecteurs déjà éblouis par la pensée de Maria Zambrano et offrira aussi, à ceux qui ne la connaîtrait pas une introduction idéale à son oeuvre. Ici, dans un texte d'un rare limpidité, elle analyse les deux matières qui fonde, depuis les Grecs, la pensée humaine, non pas antinomiques mais complémentaires :" (...)Aujourd'hui poésie et pensée nous apparaissent comme deux formes insuffisantes, nous semblent être deux moitiés de l'homme : le philosophe et le poète. L'homme entier n'est pas dans la philosophie ; la totalité de l'humain n'est pas dans la poésie. Dans la poésie nous trouvons directement l'homme concret, individuel. Dans la philosophie l'homme dans son histoire universelle, dans son vouloir être. La poésie est rencontre, don, découverte par la grâce. La philosophie quête, recherche guidée par une méthode. "
Zambrano Maria ; Sourdillon Jean-Marc ; Teurlay Je
La vie dans la vérité . C'est l'une des propositions laissées en héritage par la philosophie grecque. Mais comment faire coïncider vie et vérité dans l'expérience concrète de chaque individu sans que la vie cesse de se transcender et d'être vivante? C'est à cette question que répond la philosophe espagnole Maria Zambrano (1904-1991). Il existe, selon elle, dans notre tradition, une méthode qui permet de réconcilier la vie et la vérité. Mais cette méthode n'est pas à chercher dans la philosophie; elle est un genre littéraire, magistralement inauguré par saint Augustin et continué inégalement par d'autres prestigieux auteurs, notamment Rousseau: la confession. Ce livre, rédigé dans l'urgence, est publié en 1943 au Mexique. Maria Zambrano y a fui l'Espagne franquiste et voit, avec une lucidité pleine d'effroi, l'Europe entrer en agonie . Dans une telle situation de crise, le recours à la méthode de la confession lui paraît de nouveau nécessaire. Elle la présente comme une invitation pour chacun à plonger les yeux ouverts au fond de l'échec afin d'y apparaître à découvert. C'est ainsi, dit-elle, en s'exposant, que l'on se donnera, à soi et aux autres, une chance d'amorcer le mouvement d'une renaissance authentique. Ce faisant, la confession obéit à l'exigence qui est celle de la philosophie selon Maria Zambrano: agir directement sur la vie concrète de chacun. Dans une époque où l'écriture de soi est devenue proliférante, cet essai peut apporter une aide précieuse à l'amateur de littérature contemporaine; mais surtout, il offre des repères à tous ceux qui, comprenant qu'il s'agit peut-être moins de créer des concepts que d'aider la vie à nous concevoir, veulent accomplir librement, selon le mouvement qui leur est propre, l'événement inachevé de leur naissance.
L'homme et le divin est un livre central dans l'?uvre de Maria Zambrano : il est ce moment charnière où tout un passé de tâtonnements et de recherches se cristallise pour ouvrir au futur d'une étape finale qui représente pour son auteur le plein épanouissement de sa pensée et de son écriture. Commencé en 1948 et terminé, pour sa première édition, en 1951, le livre se présente comme une suite d'essais articulés autour d'un thème central : celui des rapports de l'homme au sacré et au divin dont la perte progressive, jusqu'à aujourd'hui ne nous a laissé que son absence. Qu'est-ce que le divin ? Pour le comprendre, il faut recourir à une sorte de fable qui nous est racontée dans le premier chapitre du livre, " La naissance des dieux ". A l'origine, l'homme se trouve jeté dans un espace non pas vide mais plein parce que peuplé de forces obscures dont il se sent la proie. Les choses n'existent pas encore, ni la nature, ni le monde, mais un grouillant, un obsédant " il y a ". Cet univers de la nuit et de la terreur originaires, où tout est en quelque sorte imbriqué, où l'espace et le temps n'existent pas encore, Maria Zambrano l'appelle le sacré. Ce livre est, indissolublement, une grande aventure d'écriture et de pensée. Puisque écrire et penser sont inséparables. "... On ne peut être grand philosophe ou philosophe sans être un grand écrivain " écrit Maria Zambrano de Max Scheler, la remarque vaut également pour elle. Les ?uvres véritables n'étant pas soumises au temps puisqu'elles créent leur propre temps à partir de l'événement de leur apparition, on souhaite que L'homme et le divin puisse enfin avoir en France l'accueil qu'il mérite et que son auteur aurait souhaité plus précoce et que Camus, Char comme Cioran avaient appelé de leurs v?ux. J.A.
Dans les traditions philosophiques occidentales, c'est à la critique développée par la pensée marxiste que l'on doit de pouvoir aborder l'oeuvre de Moses Hess (1812-1875). Pourtant, le "rabbin des communistes", comme on l'a appelé, fut l'un des penseurs du XIXe siècle qui questionna au plus près les conditions de la liberté et de l'égalité sociales, en même temps qu'il ouvrit la voie à l'idée d'un foyer juif en Palestine, où cette liberté et cette égalité se seraient pleinement épanouies. Dans les études juives, la philosophie de Moses Hess est rarement évoquée, si l'on excepte quelques commentaires qui font de lui ce "communiste et sioniste, qui joua un rôle décisif dans le premier mouvement et inventa virtuellement le second". Le livre de Jean-Louis Bertocchi veut porter un éclairage nouveau sur cette oeuvre pionnière et singulière à bien des égards, dont le coeur est bel et bien la discussion serrée, "en accord divergeant", de la pensée de Spinoza, lu attentivement par Marx lui-même, et qui, dans le ciel d'un humanisme juif émancipé et émancipateur, dessine une constellation en perpétuel mouvement, où scintillent tour à tour philosophie, communisme et sionisme.
Dans ce long inédit, Benjamin Fondane révèle les implications philosophiques révolutionnaires qui découlent des travaux de Lévy-Bruhl (1857-1939) sur la mentalité primitive. En mettant à jour les mécanismes d'une logique différente, Lévy-Bruhl fait voler en éclat l'universalité de la logique d'Aristote sur laquelle repose notre pensée occidentale. Dès lors cette logique n'est rien d'autre qu'une arme politique qui fonde l'hégémonie de la rationalité. La démonstration de Fondane est implacable et bouleverse notre conception de la philosophie. Il nous incite à reconsidérer nos manières de penser et de vivre sous la contrainte de la raison, faisant écho à une tradition non aristotélicienne qu'incarnent des penseurs comme Michelstaedter, Lukasiewicz ou Alfred Korzybski.
Le Banquet des Cendres est le premier des trois grands dialogues métaphysiques de Giordano Bruno, dans lequel il expose, contre les partisans d'Aristote et de Ptolémée et par-delà Copernic, ses conceptions cosmologiques. S'il défend l'hypothèse copernicienne au cours d'un banquet organisé en son honneur par des docteurs anglais le 14 février 1584, jour des Cendres, c'est surtout pour dénoncer la pédanterie et l'obscurantisme desdits docteurs et c'est avant tout le Bruno "inventeur de philosophies nouvelles" comme l'appelle James Joyce, qui apparaît ici.