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Lacan et Lévi-Strauss ou le retour à Freud, 1951-1957
Zafiropoulos Markos
PUF
26,50 €
Épuisé
EAN :9782130538912
Avec Lacan et les sciences sociales, notre archéologie critique de la pensée de Lacan a isolé le moment durkheimien originaire (1938-1950) durant lequel, par bien des aspects, Lacan se tient éloigné de Freud. Désormais, ayant fait apercevoir ces écarts, nous pouvons prendre acte du " retour à Freud " de Lacan, qui relève d'abord d'une rectification subjective interne à son transfert à Freud, mais aussi de sa rencontre avec l'anthropologie de Claude Lévi-Strauss qui clôt le moment durkheimien et surplombe ce qui le suit immédiatement : le retour à Freud (1951-1957). Notre thèse est simple: le retour de Lacan à Freud se fait par le chemin de Lévi-Strauss ; cette voie de retour est refoulée dans la doxa des lecteurs idéalisant des références toujours reconvoquées, au premier rang desquelles - selon Louis Althusser - des figures majeures de la philosophie introduisant le spectre de filiations imaginaires. Etablissant avec précision l'itinéraire du retour, nous montrerons tout ce que Lacan doit à Lévi-Strauss dans le progrès de son élaboration théorique (de l'imaginaire au symbolique, l'invention du nom du père) comme au c?ur de la clinique, qu'il s'agisse des visites qu'il rend aux cas cliniques de Freud, ou à cet enfant sans image de lui-même qui le bouleverse parce qu'il lui indique l'indestructible présence du Totem au joint de la nature et de la culture, ou encore celle de la pénombre de l'efficacité symbolique au seuil du monde visible. Loin de toute comédie mondaine, le lecteur rencontrera ici un Lacan blessé par les épreuves (scission, excommunication) où il reconnaît son destin qui exige moins son retour à Freud que celui de Freud lui-même, ou encore le retour du désir du père mort de la psychanalyse qui revient par la voix de Lacan métamorphoser pour longtemps le champ psychanalytique. Autrement dit : jadis, l'esprit du père mort de la psychanalyse revint par les sentiers de Lévi-Strauss...
En écho au Mythologiques de Claude Lévi-Strauss, Markos Zafiropoulos analyse le Lacan mythologue qui revisite dans une logique purement structuraliste un corpus de mythes qu'il construit comme objet de recherche : ?dipe, Le diable amoureux, Hamlet. On ne peut vraiment comprendre ce qu'énonce Lacan, entre 1958 et 1963, sans apercevoir ce que doit ce nouveau moment de sa recherche à la sorte de gémellité qui le lie à l'ethnologue Claude Lévi-Strauss. Ce Lacan mythologue correspond au troisième Lacan comme le nomme l'auteur. Son incroyable fécondité donne alors naissance à un ensemble d'opérateurs théoriques comme la révolution du phallus et ses enjeux, la théorie du fantasme, la théorie du nouvel ?dipe, ou encore celle de la sublimation et de l'éthique de la psychanalyse.
En s'appuyant sur la Bible Freud et Lacan, Marko: Zafiropoulos propose une interprétation nouvelle de La Vénus à la fourrure de Sacher-Masoch. Il montre comment face à l'épreuve de l'angoisse déclenchée par le regard aveugle d'une femme de pierre, le masochiste se défend en construisant l'écran d'un fétiche de lumière, où peut se projeter une série d'images fantasmatiques, propres à neutraliser la menace venant de l'Autre. D'où l'insistance du regard, toujours crue ou menacé dans l'oeuvre de Masoch, et le rôle qu'y trouvent les arts plastiques, dont le paradigme est ici le "peinture de la halte". D'où aussi le rejet par Masoch du "legs de Caïn", et son refus de s'inscrire dans cette longue lignée de meurtriers inconscients que forme - selon Freud - l'humanité toute entière. Une étude où la clinique du cas et de la culture est aussi à lire comme une leçon sur le fantasme.
Résumé : La théorie évolutionniste qui ressasse à l?envi la notion de déclin du père pour rendre compte des " nouveaux symptômes " engendrés par le retour du matriarcat dans la modernité est fondée sur un mariage scientifiquement insoutenable entre le corpus de Freud relu par Lacan et quelques énoncés de Durkheim et de Bachofen. Or, si l?on sait depuis une cinquantaine d?années que la théorie du premier est sans fondement historico-démographique, on sait depuis plus longtemps encore que le matriarcat n?a jamais existé dans l?histoire des civilisations. Cette thèse, croyant apercevoir la fin de l?exception paternelle, reconduit à l?occasion ce que Lacan appelait " la misogynie de Freud ", relance sans cesse le diagnostic du malaise des sociétés hypermodernes et plus généralement celui d?un déclin du symbolique pour en appeler in fine à une restauration de l?autorité ou à ce qui s?apparente à une sorte de " révolution conservatrice " allant contre la dégénérescence qui viendrait des Lumières. Les neuf essais qui constituent cet ouvrage reprennent le tracé de recherches s?opposant de manière critique à cette option, cliniquement ruineuse et politiquement douteuse, pour constituer une sorte d?introduction à une anthropologie psychanalytique revenant de manière critique à Freud et au Lacan structuraliste.
Résumé : Soutenir contre la théorie évolutionniste qu'il faut en urgence retourner à Freud et au Lacan structuraliste implique qu'il faille ouvrir la porte du cabinet du psychanalyste pour repartir de l'analyse du cas et montrer ce que l'actualité des formes du malaise subjectif doit à l'évolution de la culture et aux inhibitions, symptômes, angoisses, délires qui, de manière très classique, se déduisent de la clinique des structures freudiennes (Névrose, Psychose, Perversion) et donc en confirment la brûlante actualité. De ce point de vue, la manie-des-toxiques est paradigmatique de ces nouvelles formes du malaise recouvrant le travail des structures freudiennes, comme le montrera l'analyse des inhibitions de Norman, du délire de Kodjo ou de la perversion de Gaël s'exprimant dans sa passion toxique pour le rhum, mais aussi son fétiche de cuir dont il fait des manteaux comme pour nous mettre sur la piste du fétichisme de la marchandise, et plus largement sur celle des ressorts inconscients de la fabrique des objets de la culture dont la dette envers la sublimation, les dispositifs de recherche de plus de jouir et, plus généralement, les logiques de la perversion est immense. Ce que montrent de manière exemplaire l'écriture du journal intime de Sophie la menteuse - l'enfant fétiche de la mère -, l'analyse de la nocivité de l'oeuvre d'art et aussi... tous les autres contes freudiens qui forment le second volume de ces Essais d'anthropologie psychanalytique, partant cette fois de la clinique du cas vers celle de la culture et trouvant leurs conclusions dans Les leçons cliniques de Socrate, où Lacan aperçoit l'émergence des formes de l'amour en Occident et donc les formes originaires du transfert, Socrate dont Lacan fait du même mouvement le patron des psychanalystes. Lacan : un génie quoi !
Hegel Georg Wilhelm Friedrich ; Kervégan Jean-Fran
Cette édition des Principes de la philosophie du droit, fondée sur un établissement critique du texte original, est la plus complète à ce jour: elle propose, dans une traduction nouvelle, ce texte majeur de la philosophie juridique et politique moderne publié en 1820. Sont en outre offertes au lecteur les traductions des annotations manuscrites portées par Hegel sur son exemplaire personnel, des extraits des cours prononcés durant les années où il rédigeait son ouvrage et de son dernier cours fait la veille de sa mort, ainsi que les précieuses « Additions » rédigées par Eduard Gans à partir de cahiers d'étudiants ayant assisté aux cours de Hegel.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.