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L'insistance des luttes ; images soulèvements contre-révolutions
Zabunyan Dork
DE L INCIDENCE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782918193395
Pourquoi enregistrer avec un appareil doté d'une caméra une manifestation contre un régime autoritaire, et pourquoi le faire parfois au péril de sa vie ? Que deviennent les images et les sons de ces luttes une fois qu'ils circulent sur des plateformes en ligne, quand ils ne sont pas supprimés par les gouvernants qui y voient un danger contre l'arbitraire de leur pouvoir ? Que peut le cinéma face à ce matériau visuel et sonore ne lui appartenant pas, qui à la fois lui résiste et l'inspire, s'il souhaite constituer une archive filmée des révoltes de notre présent ? Les vidéos réalisées par les protagonistes des soulèvements arabes de l'année 2011 forment le point de départ et composent la matière première de ce livre. Elles renvoient à un ensemble mouvant d'images brutes, à l'existence souvent éphémère, impersonnelles aussi parce que branchées sur des mouvements de libération qui dépassent l'identité de celles et ceux qui les capturent. Elles portent témoignage d'une histoire contemporaine tourmentée, mais elles engagent aussi bien, de manière dynamique, un avenir de ces soulèvements, quelles que soient les actions contre-révolutionnaires des États ou les stratégies de propagande audiovisuelle qui viennent recouvrir leur potentiel de contestation. Il ne s'agit pas seulement d'en appeler à une nouvelle résistance qui trouverait dans les images animées un vecteur privilégié pour représenter un peuple en colère. Il s'agit également de considérer comment ces images persévèrent dans le temps et contribuent, avec le cinéma qui les accueille ou s'en empare après-coup, à une insistance des luttes dont l'une des qualités est de survenir là où on ne les attend plus.
Résumé : Ce livre analyse les images tournées par les manifestants lors des soulèvements arabes de 2011, en ce qu'elles permettent une mémoire du futur. Réalisées avec des téléphones portables, diffusées ensuite sur internet, ces nombreuses images ne relèvent pas forcément de l'aliénation spectaculaire, mais constituent une manière de faire histoire. A contre-courant de l'héroïsation ou de la victimisation, ces vidéos et diaporamas anonymes sont irréductibles à un message. Plusieurs films ayant montés ces images sont évoqués (Stefano Savona, Peter Snowdon). Révoquant l'alternative entre irreprésentable et exhibition de l'horreur, le livre défend le droit à l'image digne. Les images des soulèvements sont réinscrits dans les problématiques de leur diffusion, suscitées par le cinéma et la télévision. L'auteur revient sur les ressorts de la propagande de Daech, sur ses mécanismes et son nihilisme.
Il y a aujourd'hui une crise de la description des images du cinéma, si l'on en croit une déclaration de Jean-Luc Godard pour qui les cinéphiles devraient s'inspirer du quotidien de sport L'Equipe ? : "?Dans le compte-rendu que je lis, je retrouve vraiment ce qui s'est passé la veille ?", dans la mesure où les journalistes sportifs décrivent toujours finement les gestes et les actions qu'ils ont vus auparavant au stade. L'ironie du propos doit nous conduire à dépasser la plainte qui l'enveloppe, et à examiner dans le détail les manières dont la fonction descriptive se développe devant un film ou une séquence filmique ? : pour l'analyste, le théoricien des images, l'historien du cinéma, le philosophe cinéphile. Dans une époque où le discours sur le cinéma est confronté à d'importantes mutations (critique frontale et indifférenciée de la circulation des images, profusion des commentaires via les blogs internet), cet ouvrage répond à la nécessité de penser les protocoles contemporains de la description filmique. L'idée est de faire appel à des spécialistes de l'image pour apprécier avec eux comment s'est construite leur pensée du cinéma depuis une pluralité d'opérations descriptives. L'articulation entre l'objet et la méthode de description est constamment interrogée, à travers des contributions sur des réalisateurs très variés (de Hitchcock à Pasolini, d'Orson Welles à Gus Van Sant) et des objets filmiques spécifiques ? : fictions, remploi d'images, gestuelle des corps en action, dimension sonore du cinéma, etc. pour défendre une pratique descriptive toujours singulière et jamais définitive.
Le corps de Donald Trump est presque partout, hors de nous, sur nos écrans, pris dans des canaux d'information qui en disséminent les images fixes et animées. Il est aussi présent en nous, de manière plus ou moins flottante, dans l'esprit de ses détracteurs comme de ses partisans. Le 45e président des Etats-Unis d'Amérique n'est toutefois pas l'unique sujet du livre. A partir de ses innombrables représentations audiovisuelles, avant comme après son élection, il s'agit ici d'explorer la fonction des images dans l'exercice du pouvoir aujourd'hui, les histoires qu'elles racontent comme les discours qu'elles conditionnent. Deux questions parcourent cet essai : quel est cet étrange amour pour le pouvoir, véhiculé par les images d'un dirigeant autoritaire, auquel adhèrent des individus qui n'ont aucun intérêt à voter pour lui ? Quels contre-feux filmiques, réels ou imaginés, sont susceptibles de mobiliser les puissances des images pour se soustraire à ce pouvoir, voire pour le contrarier ?