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Carnet de notes d'Electre
Yourcenar Marguerite ; Halley Achmy ; Fassianos Al
FATA MORGANA
13,00 €
Épuisé
EAN :9782851949882
Carnet de Notes d'Electre a connu une seule parution dans la revue Théâtre de France. A l'occasion de la création à Paris, en 1954, de sa pièce Electre ou la chute des masques, ? production que Yourcenar désavouera suite à un désaccord sur la distribution ? elle confronte sa conception de la tragédie et des mythes grecs avec celles de quelques-uns de ses contemporains (Cocteau, Gide, Sartre, Giraudoux, Anouilh), qui, comme elle, ont opéré durant l'entre-deux guerres un "retour au mythe". Comme Yourcenar l'affirme en 1954, dans Carnet de notes d'Electre, si les masques grecs offrent encore au poète moderne le maximum de commodité et de prestige, c'est précisément parce qu'ils ont cessé d'être d'aucun temps, même des temps antiques. Chacun les porte à sa guise ; chacun s'arrange pour verser le plus possible de soi dans ces moules éternels. Légèrement différente du texte publié en 1954, cette version inédite, éditée à l'occasion du trentième anniversaire de la mort de Marguerite Yourcenar (1903-1987) intègre quelques corrections ou modifications notées de sa main dans un exemplaire de Théâtre de France qu'elle a conservé dans ses archives. On ignore quand et pourquoi Yourcenar a porté ces quelques corrections à un article déjà publié. Peut-être songeait-elle à reprendre dans un de ses recueils d'essais des années 1980, comme elle l'a fait pour de nombreux articles parus en revue, ce texte qui synthétise sa vision du drame grec antique et ce qu'elle a tenté de faire en écrivant durant l'été 1943 Electre ou la Chute des masques, puis renonça à ce projet ou l'oublia. Plus simplement, son perfectionnisme quand il s'agit de la moindre de ses productions lui a-t-il fait corriger les petites erreurs qu'elle avait laissée passer à la première parution de son texte.
Cette oeuvre est à la fois roman, histoire et poésie. En imaginant les Mémoires d'un grand empereur romain, l'auteur a voulu "refaire du dedans ce que les archéologues du XIX? siècle ont fait du dehors". Jugeant sans complaisance sa vie d'homme et son oeuvre politique, Hadrien n'ignore pas que Rome finira un jour par périr, mais son réalisme romain et son humanisme hérité des Grecs lui font sentir l'importance de penser et de servir jusqu'au bout. "... Je me sentais responsable de la beauté du monde", dit ce héros dont les problèmes sont ceux de l'homme de tous les temps : les dangers mortels qui du dedans et du dehors menacent lescivilisations, la quête d'un accord harmonieux entre le bonheur et la "discipline auguste", entre l'intelligence et la volonté.4e de couverture : Marguerite Yourcenar trouva un jour cette phrase, dans la Correspondance de Flaubert : "Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été."Et l'auteur de Mémoires d'Hadrien ajoute : " Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir, puis à peindre, cet homme seul et d'ailleurs relié à tout."Traduit dans seize langues, salué par la presse du monde entier, Mémoires d'Hadrien n'a jamais cessé, depuis sa publication en 1951, d'entraîner de nouveaux lecteurs vers cet empereur du II? siècle, "cet homme presque sage" qui fut, en même temps qu'un initiateur des temps nouveaux, l'un des derniers libres esprits de l'Antiquité.Notes Biographiques : Née à Bruxelles le 8 juin 1903, Marguerite de Crayencour voyage en Suisse et en Italie avant de se fixer aux États-Unis en 1958. Grand Prix national des Lettres en 1974, elle fut la première femme élue à l'Académie française en 1980. Elle est décédée le 17 décembre 1987 dans l'île des Monts-Déserts.
Résumé : C'est un conte bref, très habilement composé pour donner un effet de reproduction d'une ancestrale tradition, venue de la littérature orale. Récit peu surprenant, car très respectueux des schémas simples - le désir de richesse ; la crédulité des hommes face au leurre de l'argent ; la difficile conquête de l'objet censé apporter la richesse (ici, des saphirs) - et structuré par toutes les étapes obligées de la dépossession - accidents, naufrages, attaques de corsaires, morts, errances, pauvreté plus grande qu'avant l'acquisition de la supposée fortune, dénuement définitif. A quoi s'ajoutent des rituels plus particuliers à Yourcenar, comme l'automutilation. Plus encore que l'anecdote, c'est l'atmosphère de ce conte qui préfigure les Nouvelles orientales. J. S.
Anna, soror... fut écrit en quelques semaines du printemps 1925, au cours d'un séjour à Naples et immédiatement au retour de celui-ci (...) Jamais invention romanesque ne fut plus immédiatement inspirée par les lieux où on la plaçait. J'ai goûté pour la première fois avec Anna, soror... le suprême privilège du romancier, celui de se perdre tout entier dans ses personnages, ou de se laisser posséder par eux. Durant ces quelques semaines, et tout en continuant à faire les gestes et à assumer les rapports habituels de l'existence, j'ai vécu sans cesse à l'intérieur de ces deux corps et de ces deux âmes, me glissant d'Anna en Miguel et de Miguel en Anna, avec cette différence au sexe qui est, je crois, celle de tous les créateurs en présence de leurs créatures.
Le livre de Marguerite Yourcenar commence par le récit d'une naissance: la sienne. De ce point de départ elle s'interroge. D'où vient-elle? Qui fut sa mère, morte presque aussitôt? Qui fut son père? Ces deux familles dont elle est issue, que peut-elle en savoir, à travers les épaisseurs du temps? Personne ne rend sensible comme elle l'existence d'âge en âge des êtres en un lieu donné, et le fait que les générations sur le même coin de terre s'entassent comme des strates géologiques, côte à côte avec les bêtes et les plantes. Le récit s'accompagne à chaque pas de commentaires qui sont des coups de projecteurs dans le brouillard de toute vie. Si bien que d'une histoire à peu près ordinaire ou commune Marguerite Yourcenar a fait une oeuvre extraordinaire, où la rigueur le dispute à la compassion, où le plus grand art et le plus discret est au service d'une rare noblesse de coeur.
Capitale de la douleur, capitale de la merveille et de la grâce. Grâce non religieuse, mais cependant divine ? : d'un seul coup, je comprenais brutalement que le divin habitait parmi nous, que les mots autant que les monts du Liban, qui coiffaient ma rencontre adolescente avec Bounoure d'un peu d'éternité de neige, que les mots et les monts nous étaient une demeure, que le sacre était notre quotidien. La brûlure de cette gi ? e ne m'a pas quitté depuis lors et, de temps en temps, il m'arrive de toucher distraitement ma joue ? : Bounoure est mort, je vais bientôt mourir, mais sa ? èvre, la contagion de sa ? èvre est toujours là et je sais que jusqu'en ma dernière minute j'aurai vécu, dans le sillage de Bounoure, audacieusement, modestement, selon le grand exemple qu'il m'a laissé, au seuil du feu. " Dissimulée sous le transparent pseudonyme de Soliman, la voix de Salah Stétié - voix majeure de la poésie contemporaine - révèle toute la puissance émotionnelle d'un souvenir ? : celui des rencontres avec Gabriel Bounoure, grand critique de l'entre-deux guerres, qui agira à la manière d'un astre, à la fois lumière et voie.
Jean-Luc Parant, inlassablement, d'une obsédante manière, tourne autour de ce qui le hante au plus profond ? : les yeux et la sphère-monde. Tout est contenu dans cet incessant va-et-vient entre les yeux et les boules sur lesquelles vient chanter sa voix. Chant singulier, inimitable transe où les mots s'imbriquent et roulent, dévalent la pente. Le Facteur Cheval, tout aussi fabuleux personnage, chuta au cours d'une des ses tournées et trouva une pierre à l'allure bizarre ? : il venait de sentir la clef de voûte de son Palais idéal. Les boules et les rêves font l'Histoire ? : une seule pierre, travaillée par la pluie et le vent, lie un artiste à un autre et nous invite vers les plus hauts sommets de l'imaginaire.