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Sefardica. Essai sur l'histoire des Juifs, des marranes & des nouveaux-chrétiens d'origine hispano-p
Yerushalmi Yosef ; Kaplan Yosef
CHANDEIGNE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782915540963
La question de la survie du peuple juif, celle de l'antisémitisme ibérique - antisémitisme racial avant la lettre ? -, servent de fil conducteur aux cinq essais rassemblés dans cet ouvrage. Tous portent sur les séfarades d'origine hispano-portugaise, nouveaux-chrétiens et marranes (juifs convertis qui continuèrent à pratiquer leur religion en secret), après l'expulsion d'Espagne en 1492 et leur conversion forcée au Portugal en 1497. C'est à une série de coups de sonde dans les arcanes de cette expérience particulière que procède ici, dans un style toujours remarquable d'intelligence et de clarté, l'historien Yosef Hayim Yerushalmi. "[... ] On retrouve-là un Yerushalmi qui, ? dèle à sa vision individualisée de l'identité juive (on se " choisit " juif, on ne le devient pas " par les autres "), n'a eu de cesse de s'interroger sur les modalités d'une sortie de la Tradition qui n'échouerait pas dans la vision d'un judaïsme imposé du dehors... Ce va-et-vient entre histoire ancienne et histoire moderne le conduit à mettre au jour certains parallèles entre les réactions à l'assimilation des juifs dans la péninsule Ibérique et dans l'Allemagne moderne. Ebauche comparative qui amène l'auteur à récuser la thèse d'une coupure entre l'antisémitisme prémoderne, en particulier religieux, et l'antisémitisme racial, tenu pour moderne et laïque. " (Le Monde - Laignel-Lavastine) I. Le judaïsme séfarade entre la Croix et le Croissant II. Le massacre de Lisbonne en 1506 III. Propos de Spinoza sur la survivance du peuple juif IV. Connaissance du judaïsme et préparation spirituelle chez les marranes revenus au judaïsme au cours du xviie siècle V. Assimilation et antisémitisme racial : le modèle ibérique et le modèle allemand Yosef Hayim Yerushalmi (1932-2009), fut l'un des plus grands historiens du judaïsme, dont l'ouvre, une forme de méditation sur la tension entre la mémoire collective d'un peuple et l'analyse prosaïque des faits, a influencé toute une génération de penseurs. Il est notamment l'auteur de Zakhor, Histoire juive et mémoire juive, Gallimard, 1984 ; De la cour d'Espagne au ghetto italien. Isaac Cardoso et le marranisme au 17e siècle, Fayard, 1987.
Traduit par Eric Vigne, directeur des sciences humaines chez Gallimard, Serviteurs des rois et non serviteurs des serviteurs s'attaque à une explication concise de l'histoire politique des Juifs. L'auteur prospecte les époques importantes de cette histoire: les époques hellénistique, romaine, chrétienne et marrane. Mais il se penche également sur la période d'assimilation des Juifs en Europe, entre le XVIe et le XXe siècle. Bien entendu, il ne manque pas d'évoquer l'abomination de la Shoah. Il rend en outre compte de la tendance itérative du peuple Juif de la diaspora à créer des alliances avec les hauts rangs de la souveraineté. En n'omettant pas, bien sûr, son contrecoup sur l'histoire juive. Ce faisant, il offre une nouvelle approche du judaïsme, permet une compréhension par l Histoire des tribulations de ce peuple ancien.
L'oubli est fondateur, autant que la mémoire, dont il n'est pas le contraire. Et les usages de l'oubli ne sont jamais neutres. Les textes réunis ici, après le colloque qui s'est tenu à Royaumont en 1987, en sont l'illustration. Dès la définition même du mot oubli apparaît la richesse et la diversité de ce qu'il recouvre. De quoi ou de qui peut-il être l'alibi? En quoi est-il indispensable, par exemple, à la constitution et à la continuité d'une communauté spirituelle? Pourquoi vivons-nous aujourd'hui encore sur un héritage politique qui fait une part centrale à l'oubli collectif et institutionnel à travers l'amnistie? Est-il paradoxal de considérer l'oubli comme inséparable de la transmission culturelle en philosophie comme en art? Quel usage les historiens, particulièrement dans l'époque contemporaine, font-ils de l'oubli, eux qui pensent avoir à faire plutôt avec la mémoire? Autant de questions qui, loin d'exclure la polémique, la ravivent d'un texte et d'une pensée à l'autre pour mieux enrichir cette réflexion sur les usages de l'oubli.
Résumé : L'homme Moïse et la religion monothéiste occupe dans l'ouvre de Freud une place particulière. Texte le plus contesté pour sa reconstruction des origines du judaïsme, du christianisme et de l'antisémitisme, il suscita les plus fortes hésitations chez son auteur même, qui balançait à le qualifier - était-ce un roman historique ou l'analyse appliquée à l'Histoire ? -, voire, alors que triomphait le nazisme, à le publier. Il répondait pourtant chez Freud à la double et impérieuse nécessité d'obéir à l'injonction qui lui avait naguère été faite par son père de revenir à la Bible et d'expliquer pourquoi, bien qu'incroyant, il se sentait si juif. Concluant qu'un "caractère national" peut se transmettre "indépendamment d'une communication directe et de l'influence de l'éducation par l'exemple", Freud posait donc que la "judéité" se perpétuait "dans le sang et dans les nerfs" indépendamment du judaïsme, que la première était interminable quand le second pouvait être terminé. Mais la vraie conclusion à laquelle était parvenu Freud, s'interroge Yosef Hayim Yerushalmi, ne serait-elle pas plutôt que la psychanalyse, cette "affaire juive" dont parlait son fondateur, était le prolongement du judaïsme dépouillé de ses manifestations religieuses illusoires, bien que conservant ses caractéristiques monothéistes fondamentales ? Somme toute, "juif sans Dieu", comme il aimait à se définir, Freud ne voyait-il pas dans la psychanalyse un judaïsme sans dieu ?
Ce livre donne le récit commenté et accompagné de cartes et illustrations des premiers contacts officiels avec la Chine. Cette ambassade fut un échec et les émissaires terminèrent en prison ou exécutés. Cristovao Vieira et Vasco Calvo ont accompagné cette première mission diplomatique en Chine, dirigée par Tomé Pires, chargé de porter un présent pour l?Empereur afin d?établir des relations politiques et commerciales entre les deux pays. Débarqué à Canton en 1517, Pires dut attendre 1520 pour être finalement autorisé à se rendre à Pékin. Toutefois, le décès de l?empereur en 1521 et, surtout, les protestations des malais se plaignant des exactions commises par les Portugais, provoquèrent un retournement de situation. Pires dut essuyer une humiliante fin de non recevoir et fût emprisonné à Canton, en représailles contre les tentatives maladroites de ses compatriotes qui cherchaient à s?établir sur une île de ce port. Vieira et Calvo ont écrit depuis leur prison. Leurs lettres sont deux témoignages extrêmement précieux, en raison des nombreuses informations qu?ils nous donnent sur le fiasco de l?ambassade et aussi pour les premières descriptions détaillées de Canton et de la Chine qu?ils nous livrent. Ces documents sont ici confrontés à d?autres textes de l?époque, comme celui de Gu Yingxiang, commandant militaire chargé de la vigilance côtière, qui vit et entendit les Portugais arriver en 1517. Prisonniers de l?Empire Céleste propose de réunir, pour la première fois, tous les documents relatifs aux premiers contacts sinoportugais. Aux lettres et témoignages des premiers captifs, s?ajoutent des textes de référence tant portugais que chinois et des chroniques chinoises sur les premiers contacts avec les Portugais.
Dans Vies arides, aujourd'hui réédité dans une nouvelle traduction, Graciliano Ramos dépeint la situation sociale d'un Brésil nordestin où "convergent la dureté des rapports sociaux, la rudesse de ses habitants et la déshérence d'une région oubliée du reste du pays", mais c'est bien sûr la destinée de tous les hommes qui luttent pour survivre. Treize chapitres conçus comme des nouvelles, écrits dans un style réaliste et dépouillé, nous donnent tour à tour le point de vue, quasi objectif, de chacun des personnages. Dans le sertao semi-désertique, poussés par la sécheresse et la famine, le vacher Fabiano, sa femme sinha Vitória, leurs deux enfants et la chienne Baleine s'installent dans une ferme abandonnée. Ils se mettent au service d'un maître qui les exploite et survivent dans le dénuement extrême. Dans ce monde seulement régi par les rapports de force et l'hostilité de la nature, la parole est rare et maladroite, la communication presque impossible. Finalement une nouvelle sécheresse ravage leur troupeau, les jetant dans une nouvelle errance. Seul espoir ténu : une vie meilleure au Sud, dans une grande ville. Par son style épuré et sa structure cyclique, l'ouvrage, publié en 1938, a bouleversé les canons de la littérature brésilienne. Prix de la Fondation William Faulkner en 1962, il est indubitablement l'une des oeuvres majeures de la littérature du XXe siècle.
En 1497, après une longue période de protection et de faste, les juifs portugais furent places face à une alternative cruelle: se convertir au christianisme, comme le voulait le roi dom Manuel, ou bien quitter secrètement le territoire du royaume. Cette date marque le début d'une histoire fascinante et double. D'un côté, l'histoire de la culture clandestine des marranes, sans cesse menacée par l'implacable et bureaucratique Inquisition, mais pourtant tenace, à tel point qu'on a pu en observer certaines survivances au XXe siècle dans des contrées reculées du pays. De l'autre, celle d'une diaspora éclatée aux quatre coins du monde, caractérisée par une homogénéité remarquable et cultivant une nostalgie étrange envers une patrie lointaine et irréversiblement disparue. L'avers et le revers d'une histoire confisquée, qui s'est prolongée durant plus de trois siècles, jusqu'à ce que la révolution libérale de 1820 permette à quelques petites communautés de revenir s'installer au Portugal. L'histoire des juifs portugais est celle d'un entêtement. Elle montre comment s'est construite et perpétuée l'identité d'une nation, en dépit des atteintes successives portées à sa religion, à son territoire, a sa langue et à ses traditions. Une nation dont les enfants se sont appelés Samuel Usque, Pedro Nunes. Baruch Spinoza, David Ricardo ou, plus près de nous, Pierre Mendès France et qui, avant l'émergence du nationalisme moderne, incarne l'une des plus étonnantes "victoires de l'histoire sur la géographie". Ce livre, d'une lecture aisée, en donne pour la première fois un aperçu d'ensemble.
Oeuvre de la noblesse, de la bourgeoisie, mais aussi du clergé et du peuple, autant que de la monarchie, l'expansion portugaise se déroula à l'échelle de trois océans et de trois continents. Cependant, les chroniqueurs, encore imprégnés des valeurs guerrières de la noblesse médiévale, n'en consignent le plus souvent que le visage officiel - c'est-à-dire son volet impérial, et ses exploits militaires. Ils négligent ainsi les autres modalités d'expansion, comme la diaspora spontanée d'aventuriers, de marchands, voire de missionnaires, qui en fut le fait majeur dans certaines aires géographiques. La brillante synthèse de Luis Filipe Thomas, projetant une lumière originale sur cette aventure exceptionnelle, en, aborde les multiples facettes.