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La taille d'une agate et autres essais
Yeats William Butler
KLINCKSIECK
45,00 €
Épuisé
EAN :9782865630806
La Renaissance irlandaise se proposait de redonner à l'Irlande son identité culturelle en inscrivant dans l'oeuvre littéraire mythes celtiques et folklore dont la tradition était demeurée vivante. C'est ce que W. B. Yeats entreprend conjointement dans sa poésie, ses pièces et son oeuvre en prose. Considérant que le théâtre est "l'origine et l'essence spirituelle de toute culture nationale, poétique et morale" , il crée l'Abbaye qui produit ses propres créations, celles de Lady Gregory, de J. M. Synge... Marquée par les techniques de G. Craig, par le rituel du drame grec et du Nô, son esthétique est un art de la suggestion, essentiellement symbolique nourri d'occultisme, de néo-platonisme, de cette vaste tradition qui passe par Blake et Shelley, du mouvement symboliste français... La Taille d'un agate et une réflexion sur sa théorie et sa pratique dramatiques, sa poétique visionnaire, l'esthétique de ses maîtres et celle qu'il élabore, originale et moderne, et qui permet d'appréhendre son oeuvre créatrice.
Résumé : La vie de William Butler Yeats (né à Sandymount près de Dublin et mort à Roquebrune-Cap-Martin) s'étend de la fin du XIXe siècle jusqu'à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. Bien qu'issu d'une famille protestante, élevé dans la tradition anglo-irlandaise - représentant une minorité influente parmi la majorité des catholiques - il se sent étranger aux deux communautés : il ne peut partager la foi de l'une ou de l'autre. Les protestants n'ont à ses yeux qu'une chose en tête : réussir dans la vie. Plein d'admiration pour des penseurs politiques du XVIIIe siècle descendant eux aussi de la tradition protestante comme Jonathan Swift ou Edmund Burke, Yeats sent que le renouveau nécessaire vient peut-être du côté du parlé et des mythes celtiques d'Irlande. Et les mythes sont pour lui des métaphores de la vie secrète intérieure. Il est significatif que Yeats s'intéresse plus à la magie qu'à la science. A l'âge de dix-huit ans déjà, il fait partie d'un groupe dévoué aux puissances occultes - la Dublin Hermetic Society. Et quelques années plus tard, de retour à Londres, il devient membre d'une société théosophique dans laquelle il cherche sagesse et fraternité par le moyen du mysticisme. Au vu de sa biographie, on comprend que l'?uvre de Yeats soit à des années-lumière de Brecht. Et en même temps, il est frappant de voir que les deux auteurs si opposés sont finalement à la recherche de la même chose : la compréhension et le changement du monde par la poésie dramatique. Mais le grand mérite de Yeats est d'avoir été à l'origine de l'épanouissement du théâtre irlandais et de l'Abbey Theatre de Dublin. Son approche artistique et dramaturgique rejoint d'abord celle des symbolistes français, comme Villiers de l'Isle-Adam. Plus tard, les influences du Nô japonais se font remarquer. Dans ses dernières pièces que ce volume réunit, le surnaturel continue de le hanter : celui des mythes grecs, de la mort mystérieuse d'Oedipe, du rite orgiastique de Dionysos qui côtoie le Miracle chrétien ou celui des rituels archaïques avec chants et masques.
Paru en février 1928, La Tour est probablement le plus célèbre des recueils de W.B. Yeats. Il doit son titre à Thoor Ballylee, le cottage acquis par Yeats en 1917, dont la tour devient ici le symbole d?un esprit qui monte la garde en temps de ténèbres, grâce à son pouvoir de s?élever vers le ciel des essences avant de redescendre dans le monde sensible. Tous les grands thèmes de l?oeuvre de Yeats trouvent ici leur expression la plus accomplie au service d?une conscience aiguë de la nécessité de redéfinir la mission de la poésie dans le monde moderne. Pour Yeats, il n?est pas d?autre fondement possible à la dignité humaine que la prise en compte du destin de l?âme ; le matérialisme, le rationalisme étroit en germe dans la pensée anglaise depuis le XVIIIème siècle, lui paraissent la source de tous les maux. La poésie et l?art sont seuls à pouvoir rappeler la primauté de la vocation spirituelle de l?homme, en dépit des rieurs. Alors que l?histoire se fait toujours plus sombre et que s?annonce la fin d?un monde, Yeats trouve dans le pouvoir des images une lueur qui le guide dans les ténèbres. Il s?invente une tradition secrète. Byzance lui apparaît à l?horizon de l?histoire comme un de ces moments où s?est réalisé l?équilibre refusé à l?homme moderne, tout comme l?Athènes du siècle de Périclès ou l?Italie de la Renaissance. Mais en même temps que se multiplient les appels à la fuite vers un passé meilleur, La Tour est traversé du rappel insistant que l?éphémère est la loi. La force de la poésie de Yeats est de convertir en vision l?amertume du poète vieillissant face aux tragédies qui accablent l?Irlande, et de faire de sa colère une source de grandeur.
A la source de l'épervier / Le Heaume vert / Sur le rivage de Baile / La Seule Jalousie d'Emer / Le Sablier / La Licorne des étoiles / L'Actrice Reine /Ce que rêvent les os / Le Calvaire / Le Chat et la Lune (Traduits de l'irlandais par Jacqueline Genet)