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La France, terre de refuge et de désobéissance civile (1936-1944). Exemple du sauvetage des Juifs To
Yagil Limore
CERF
39,00 €
Épuisé
EAN :9782204093941
Comportant trois tomes consacrés à la désobéissance civile et au sauvetage des Juifs durant les années noires de la France et formant une unité, l'étude de Limore Yagil ne revient pas sur les lois antisémites ou sur la politique d'exclusion du régime de Vichy, mais fait découvrir que, pour bon nombre de réfugiés et de Juifs, la France a été une véritable terre d'asile durant cette période. En France, en effet, les trois quarts de la communauté juive ont survécu. Limore Yagil présente l'histoire singulière de ceux qui ont désobéi pour secourir des Juifs. Pour ce faire, elle a reconstitué les réseaux d'entraide formés dès 1940 et allant en s'élargissant au fil des mois. La géographie du sauvetage des réfugiés espagnols est la même que celle du sauvetage des Juifs; ce sont les militants des organisations d'entraide aux réfugiés polonais, russes, allemands, tchèques, qui furent parmi les premiers à désobéir sous Vichy pour secourir les Juifs. Cette histoire est ainsi composée de milliers d'actions individuelles sans lesquelles elle n'aurait pas eu lieu, et qui avaient comme trait commun une certaine capacité à la désobéissance. L'importance de ce travail exceptionnel émane du fait qu'il s'agit d'une étude globale qui ne se limite pas aux activités courageuses des personnes reconnues officiellement comme "Justes parmi les nations", ni à un département ou une localité. Ainsi peut-on constater que les localités-refuges ne se situent pas seulement dans les zones plutôt protestantes, que, si les évêques catholiques sont restés majoritairement silencieux, ils ont pour autant secouru des Juifs dans leurs diocèses, que des préfets, des fonctionnaires ou des gendarmes ont secouru des Juifs, tout en ayant fait le serment de fidélité au maréchal Pétain. Artistes, scientifiques, universitaires, médecins, assistantes sociales, pasteurs et résistants, en bon nombre, ont refusé de rester apathiques face au sort de nombreux Juifs, adultes ou enfants, et ont pris de vrais risques pour les secourir. Fondée sur des archives de sources diverses, cette enquête brosse le tableau d'histoires locales, de pratiques culturelles, soulignant l'alliance de la géographie humaine et de l'histoire. Foisonnant d'informations, se défiant des pièges de la mémoire et de la commémoration, ce livre est à la mesure de ce sujet si singulier, qui mérite une nouvelle réflexion plus de soixante-dix ans après les événements.
Les "anonymes" de la Résistance en France Les "anonymes" de la Résistance, sont les oubliés de l'ombre, c'est-à-dire ces héros de la première heure qui ont osé agir en rejetant la collaboration avec l'Allemagne. Ce sont surtout les petits, les sans-grades, grâce à qui le travail de la Résistance a pu être accompli, comme des hôteliers, des passeurs, des assistantes sociales et des médecins, des prêtres, des policiers et des gendarmes, des lycéens, des intellectuels et artistes, des fonctionnaires, des enseignants, des pasteurs, etc. Contrairement à une image de la France décrite comme une nation "atone, recroquevillée sur elle-même, uniquement soucieuse de satisfaire à ses besoins vitaux, voire indifférente", cet ouvrage permet de découvrir que ces résistants de la première heure furent nombreux et posèrent les jalons des premiers réseaux et mouvements de Résistance. Les chaînes de solidarités que cette activité illégale a fait naître à travers la France, avant même l'organisation des réseaux et des mouvements, doit être prise en compte, car la Résistance ne peut être identifiée au seul geste de chevalerie d'exception. C'est pourquoi l'auteur distingue entre trois notions : Désobéissance civile, Résistance et Résistance spirituelle, ce qui lui permet de prendre en compte toute l'étendue de cette première Résistance de 1940 à 1942. En mettant l'accent sur l'histoire locale, sur les liens entre les individus avant la guerre, l'auteur brosse un tableau radicalement autre de la France sous l'Occupation, révélant les nombreuses initiatives pour libérer le pays. Ce travail, résultat d'une enquête de plusieurs années, apporte une pierre nouvelle à l'historiographie de Vichy et à l'histoire de la Résistance en France. Il fera date.
L'historienne Limore Yagil a mené une enquête importante sur le sauvetage des Juifs en France pendant l'Occupation. Plus de 75% des Juifs ont survécu en France : par qui ont-ils été aidés ? Il apparaît que nombres d'institutions religieuses, de couvents, d'écoles, etc. , ont été un refuge pour de nombreux juifs. La thèse historiquement exacte d'une adhésion d'une partie de l'Église en France au pétainisme, tout comme l'existence d'un sentiment antijuif répandu dans une partie de la société ne sont pas incompatibles avec la volonté de sauver des juifs. Cette étude historique inédite repose sur la consultation systématique d'archives : elle met à jour le soutien clandestin de certains évêques à ces entreprises de sauvetage (qu'il s'agisse de délivrer des certificats de baptême, d'offrir un hébergement, une nouvelle identité ou de trouver des familles d'accueil, etc. ) Un soutien que le pape Pie XII connaissait et appuyait. Elle montre aussi la puissance du réseau ecclésial dans le déploiement de certaines solidarités. Un travail de fond sur un engagement largement méconnu, qui dévoile des portraits de héros ou héroïnes ordinaires et oubliés. Un travail salvateur pour la guérison des mémoires.
La plus grande partie des communautés juives d'Europe a été totalement anéantie par ce que les Allemands ont appelé "la solution finale". Le même projet a nourri l'occupation de la France, mais, contrairement à ce qui s'est passé ailleurs, un peu plus de la moitié de la communauté juive qui y était installée a survécu. La présente étude historique se propose d'analyser le sauvetage des juifs de France non seulement comme l'action héroïque de ceux qui sont entrés dans la Résistance, mais aussi comme le résultat d'une capacité diffuse et répandue de désobéissance civile chez les Français qui, en grand nombre, refusaient de rester passifs devant la souffrance des juifs. La diversité des actions de sauvetage, en zone libre comme en zone occupée, la propension des laïcs et des religieux à ne pas exécuter les lois du régime de Vichy et les exigences des autorités allemandes, la relativité de l'application des décisions gouvernementales sont révélatrices de cette attitude qui a débuté dès 1940, avant les rafles de l'été 1942. Désobéir, c'était, à certains moments, prendre des risques pour ne pas collaborer et pour tenter de sauver autrui; c'était refuser d'aider à tuer. C'était agir seul, les mains nues, dans la clandestinité et la crainte d'être démasqué. Si plus de la moitié des juifs de France ont survécu, on le doit à cet engagement en leur faveur. Biographie de l'auteur Limore Yagil, née en 1961 en Israël, historienne titulaire d'un doctorat de l'Institut d'études politiques de Paris, est maître de conférences à l'université de Haïfa. Elle a publié plusieurs articles sur l'antisémitisme contemporain et sur la période de la Seconde Guerre mondiale. Auteur de L'Homme nouveau et la Révolution nationale de Vichy (1997), elle est aussi spécialiste des nouvelles technologies de communication.
Fils d'un notaire de Montauban, René Bousquet devint en 1929, à l'âge de 20 ans, chef de cabinet du préfet de Tarn-et-Garonne. Sa conduite courageuse au cours de graves inondations en mars 1930 lui valut la Légion d'honneur à titre exceptionnel. De 1930 à 1938, il fait partie de différents cabinets ministériels. Il est nommé en 1940, à l'âge de 30 ans, préfet de la Marne, puis préfet régional, avant d'être appelé par Pierre Laval en avril 1942, comme secrétaire général de la police de Vichy. A-t-il cédé aux exigences allemandes en acceptant de livrer les juifs étrangers en zone occupée ? A-t-il agi de sa propre initiative par un froid calcul de technocrate policier ? Basée sur de nouveaux documents et témoignages, cette biographie reconstitue le contexte de l'époque, en particulier celui de la mise en application de la Solution finale de la question juive à l'échelle européenne, dès 1940. Surtout, il convient de rappeler, ce que de nombreux historiens français oublient que ce n'est pas Vichy qui a pris l'initiative de déporter et d'exterminer les Juifs, mais les nazis qui dominaient toute l'Europe. Vichy a certainement été complice en acceptant la Collaboration d'Etat, mais pouvait-il faire autrement ? A Vichy on a aussi essayé de limiter la mainmise allemande, on a discuté et tenu tête aux Allemands. Si 75 % des Juifs ont eu la vie sauve en France, c'est d'une part parce que des Français et des Françaises ont eu le courage de désobéir et de secourir des Juifs, et c'est aussi parce qu'à Vichy, certains n'appliquaient pas avec zèle les lois et ont pris des initiatives pour faire échouer les plans de déportations des Allemands. Bousquet fait partie de ces fonctionnaires - ministres, secrétaires d'Etat, policiers, gendarmes, maires, préfets - qui ont eu le courage d'agir discrètement à l'encontre des exigences du gouvernement de Vichy et des autorités allemandes. Cette biographie propose une histoire plus nuancée et vient combler les "trous noirs" de l'historiographie.
Comment le diable est-il possible ? En 1632, la ville de Loudun est durement éprouvée par la peste. Les croyants se retirent, s'enterrent dans leurs petites communautés assiégées par cette épreuve de la colère divine. Parmi elles, les ursulines. La possession des soeurs prend alors le relais de la peste : les premières apparitions - fantôme d'un homme de dos - sont nocturnes, puis elles deviennent diurnes, se précisent, et revêtent la forme obsédante d'un curé, Urbain Grandier. L'affaire commence. Loudun, ville ouverte, devient le centre et le théâtre d'un monde : six mille spectateurs assisteront à la mort de Grandier, sur le bûcher, le 18 août 1634. Entre-temps, les pouvoirs s'affrontent, les savoirs s'inquiètent, l'âme catholique s'émeut. Le corps social se déchire ; partout le diable est là, mais il est partout ailleurs : dans le silence des textes, les lacunes du langage. Michel de Certeau montre, dans ce grand ouvrage, comment guérit une société malade d'elle-même.
Résumé : Voici une histoire par dates du VIIe au XXe siècle, riche en surprises, qui rend compte des profonds renouvellements qui ont transformé notre vision de ce qu'on appelait autrefois les "Grandes Découvertes". Les dates "canoniques", revisitées à l'aune d'une réflexion critique sur les raisons de leur élection par les chronologies officielles, alternent avec les dates "décalées" qui font surgir des paysages et des personnages méconnus. ll est ici question de détricoter le discours qui, associant exploration du monde et "entrée dans la modernité", en réserve le privilège et le bénéfice à l'Europe, et, pour ce faire, de documenter d'autres voyages au long cours extra-européens. Il est également question, prenant le contre-pied d'une histoire héroïque des expéditions lointaines qui en attribue le mérite à quelques singularités, de rappeler qu'il faut beaucoup d'illusions, et plus encore d'intérêts, pour faire un "rêve", et que Christophe Colomb n'aurait jamais appareillé sans les vaisseaux des frères Pinzón. Il s'agit ainsi de substituer des lieux, des instants et des visages aux cultures en carton-pâte et aux croyances en papier mâché ; de donner à voir les échecs autant que les réussites, les naufrages dans les estuaires de la même façon que les entrées triomphales dans les cités soumises ; d'inclure amiraux ottomans, navigateurs chinois, interprètes nahuatls et pilotes arabes dans le musée imaginaire de l'histoire globale ; de mettre en lumière tout un petit peuple d'assistants et d'auxiliaires, de sherpas et de supplétifs (que seraient Magellan sans le Malais Enrique ou Cortés sans la Malinche ? ) ; de passer outre une histoire au masculin en rendant droit de cité aux voyageuses et aux exploratrices ; et enfin de prêter une égale attention aux êtres et aux choses, sachant que, s'il faut une nef pour traverser un océan, une vague ou un bacille suffisent à la vider de ses occupants. Ce sont donc à la fois une autre histoire du monde et une autre histoire de l'Europe qui se dévoilent au fil des 90 récits d'aventures proposés par 80 des meilleurs historiennes et historiens de ces questions.
«Existe-t-il une logique de l'histoire ? Y a-t-il, par-delà tout le fortuit et tout l'imprévisible des événements particuliers, une structure pour ainsi dire métaphysique de l'humanité qui soit essentiellement indépendante de tous les phénomènes visibles, populaires, spirituels et politiques de la surface ? Qui soit au contraire la cause première de cette réalité de second ordre ? Est-ce que les grands traits de l'histoire universelle n'apparaissent pas toujours au regard du clairvoyant sous une forme qui autorise des déductions ? Et dans l'affirmative, à quoi se réduisent ces déductions ? Est-il possible dans la vie même - car l'histoire humaine est l'ensemble des immenses courants vitaux que l'usage linguistique, pensée ou action, assimile déjà sans le vouloir, comme en étant la personne et le moi, à des individus, d'ordre supérieur appelés "antiquité", "culture chinoise" ou ""civilisation moderne"- de trouver les degrés qu'il faut franchir et de les franchir dans un ordre qui ne souffre point d'exception ? Peut-être les concepts de naissance, de mort, de jeunesse, de vieillesse, de durée de la vie, qui sont à la base de tout organisme, ont-ils à cet endroit un sens strict que nul n'a encore pénétré ? En un mot, y a-t-il, au fond de tout ce qui est historique, des formes biographiques primaires et universelles ? Le déclin de l'Occident, phénomène d'abord limité dans l'espace et le temps, comme le déclin de l'antiquité qui lui correspond, est, on le voit, un thème philosophique qui, si on l'entend dans sa gravité, implique en soi tous les grands problèmes de l'être.» Oswald Spengler."
Georges Duby, (1919-1996), historien internationalement reconnu, professeur au collège de France, membre de l'Académie française, a dirigé chez Larousse une Histoire de la France et le volume "Moyen Âge" de l'Histoire du monde.