Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'Homme et la Société N° 159, 2006/1 : Les territoires de l'amnistie. Entre clémence et tolérance zé
Wahnich Sophie ; Cuillerai Marie ; Gotovitch José
L'HARMATTAN
24,00 €
Épuisé
EAN :9782296031159
L'histoire des amnisties politiques en Europe se présente comme celle de processus juridiques qui, par l'impératif d'oubli, permettent à un événement traumatique d'être mis à distance, empêchent rancunes et rancœur d'empoisonner le présent de l'histoire. Forts de cette approche, nous mettrons à l'épreuve plusieurs situations présentes en Europe. En Italie, peut-on dire que la non-amnistie des " années de plomb " empoisonne le présent ? A contrario, en France, l'amnistie des derniers évènements traumatiques de grande ampleur, comme la collaboration et la guerre d'Algérie, n'a-t-elle pas laissé des traces d'illégitimité pour avoir masqué la vérité historique, voilant ce qui rendrait justement possible aujourd'hui des relations pacifiées avec ces pans difficiles de l'histoire nationale ? Que dire du décret Suykerbuy en Belgique qui semble renvoyer dos à dos les résistants et les collaborateurs plus de cinquante ans après la seconde guerre mondiale, plus de quatre-vingt dix ans après la première ? Le sang versé dans un climat qualifié de terroriste dans le cas italien, l'implication dans le génocide des juifs pour nombre de collaborateurs, les actes de torture pour les acteurs de la guerre d'Algérie, le nationalisme collaborateur des Flamands incriminés, ont donné à l'amnistie un caractère scandaleux. Ce caractère scandaleux peut cependant être mis à l'épreuve d'une analyse critique qui permet de distinguer entre deux modèles d'amnistie : celle où les vaincus ont remis en question les principes démocratiques et celle où les vaincus ont été amenés à faire usage de la violence au nom d'un patriotisme démocratique. Dans l'un et l'autre cas, les bénéficiaires et les fondements politiques de l'amnistie diffèrent. Dans une Europe qui semble faire de moins en moins cas des principes démocratiques, constamment rappelés pour mieux les négliger, les territoires de l'amnistie produise une conscience historique ambivalente. Il s'agit de comprendre comment et de saisir les enjeux d'une normativité souvent mal partagée.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
Résumé : La Révolution française expliquée en images déroule toutes les étapes de ce grand moment de notre Histoire devenu presque légendaire. De la crise de l'Ancien Régime qui conduit aux états généraux jusqu'à l'arrestation de Robespierre, Sophie Wahnich nous raconte le destin de femmes et d'hommes courageux dans leur difficile quête de liberté, leurs espoirs et leurs désillusions mêlés à la fierté d'avoir inventé un nouvel art politique. L'événement, d'une extrême densité, conduit dès 1789 à passer du déterminisme social d'une société d'ordres à la rédaction et la mise en oeuvre de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune." Mais cinq années d'affrontements entre révolution et contre-révolution n'auront pas suffi à ancrer ce grand bouleversement. Un désir de liberté, un effort à reprendre et à poursuivre...
L'amnistie est souvent vécue comme un dispositif qui voile la vérité historique et s'oppose à la justice due aux victimes. Comprendre la construction historique de cette représentation et la critiquer pourrait redonner à l'amnistie ses lettres de noblesse. Si les normes historiques de la clémence et de l'intolérable permettent de saisir qu'amnistier des crimes contre l'humanité, c'est confondre le monde et l'immonde, toutes les amnisties ne ressortent pas de cette violence faite à la société et à son éthique. Les amnisties réparatrices sont celles qui cherchent à inclure dans la société la conflictualité politique passée et à lui reconnaître une valeur politique, malgré l'usage de la violence. L'amnistie ou son refus sont ainsi indissociables de la qualification des crimes concernés et supposent toujours une réécriture de l'Histoire. La tolérance zéro est aujourd'hui une rêverie liée à l'expérience du terrorisme international comme des délinquances locales, qui renoue avec le fantasme d'en finir une fois pour toutes avec la division. Ce travail propose un autre horizon: celui de sociétés européennes capables de vivre avec leur part d'irréconciliable, leur part d'irréconcilié, pour apporter au débat public et à la réflexion des législateurs un éclairage sur l'institution de clémence la plus ancienne et la plus controversée de la tradition démocratique.
Si quelques belles expériences démocratiques ont existé dans le quart de siècle écoulé, force est de constater qu'elles se raréfient : notre fragile embarcation démocratique semble inexorablement se transformer en "radeau". Le présent ouvrage, écrit par une historienne spécialiste de la Révolution française ici affranchie des règles académiques, fait de la discipline historique un précieux instrument pour penser le présent et s'engager dans ses luttes. Le Radeau démocratique réunit, en forme de chroniques des temps incertains que nous traversons, les textes que Sophie Wahnich a fait paraître depuis quelque 25 ans. Chroniques variées, vives et sensibles, écrites au plus près des événements : grèves, marches pour l'égalité, polémiques sur l'amnistie, réécriture de l'histoire dans les grands musées européens, accueil des réfugiés, les droites extrêmes, etc. ; le peuple enfin, comme un leitmotiv, lequel n'est pas qu'une collection d'habitants en colère, mais une institution de l'être au monde politique qui vise la liberté réciproque, les conditions d'un bonheur commun et la félicité individuelle.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.