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Le radeau démocratique. Chroniques des temps incertains
Wahnich Sophie
NOUVELLES LIGNE
21,00 €
Épuisé
EAN :9782355261657
Si quelques belles expériences démocratiques ont existé dans le quart de siècle écoulé, force est de constater qu'elles se raréfient : notre fragile embarcation démocratique semble inexorablement se transformer en "radeau". Le présent ouvrage, écrit par une historienne spécialiste de la Révolution française ici affranchie des règles académiques, fait de la discipline historique un précieux instrument pour penser le présent et s'engager dans ses luttes. Le Radeau démocratique réunit, en forme de chroniques des temps incertains que nous traversons, les textes que Sophie Wahnich a fait paraître depuis quelque 25 ans. Chroniques variées, vives et sensibles, écrites au plus près des événements : grèves, marches pour l'égalité, polémiques sur l'amnistie, réécriture de l'histoire dans les grands musées européens, accueil des réfugiés, les droites extrêmes, etc. ; le peuple enfin, comme un leitmotiv, lequel n'est pas qu'une collection d'habitants en colère, mais une institution de l'être au monde politique qui vise la liberté réciproque, les conditions d'un bonheur commun et la félicité individuelle.
Longtemps la politique révolutionnaire a été saisie sous la métaphore du théâtre. Sophie Wahnich propose de l'appréhender sous celle de l'opéra. Elle redonne ainsi à ceux que l'on a trop vite considérés comme spectateurs de la politique agie par des représentants, la voix de leur pouvoir souverain. Cette voix est celle d'un peuple patient, amoureux de la vie paisible et juste, capable de faire parler les corps et d'articuler ses revendications avec intensité. Ses émotions témoignent non d'une versatilité sans fin mais d'une faculté de juger les situations à l'aune d'un désir de justice qui va jusqu'à l'exigence de la loi. Pourtant une dynamique infernale mène à l'insurrection du 10 août, à l'abolition de la royauté, à la naissance traumatique de la République. Amnistie de la fuite du roi, oubli de la fusillade du champ de Mars, fausse concorde, man?uvres dilatoires de représentants qui restent sourds aux alarmes et aux espoirs exprimés dans un vaste mouvement pétitionnaire, n'en finissent pas de mettre à l'épreuve "la longue patience du peuple". Pour obtenir justice ou simplement reconnaissance de sa souveraineté, le peuple hausse le ton, puis reprend "le glaive de la loi". Alors qu'il avait rêvé d'une révolution économe du sang versé, il est acculé à une violence dont il ne voulait pas, mais qu'il assume dans le deuil. Sophie Wahnich renverse l'ordre des responsabilités quand la violence surgit. Ce n'est plus le peuple qui laisse se déchaîner la violence, ce sont des représentants indifférents et inconscients qui le poussent à faire usage de la violence comme seul langage audible et irréversible. A ce titre, cet ouvrage marque une coupure salutaire avec l'histoire refroidie prônée par François Furet et ses partisans. L'hiver de l'historiographie de la Révolution française est-il en train de s'achever? Une attention soutenue aux textes s'accompagne ici d'une écriture qui se fait récit littéraire pour mieux concevoir les constellations affectives du peuple. Les enjeux de ce livre, on l'aura compris, ne sont pas seulement historiques et historiographiques, ils visent à faire comprendre ce qui se joue, quand la voix du peuple, organe émancipateur, devient inaudible dans l'espace public.
Résumé : Ce livre va à l'encontre d'une représentation de la Terreur qui, depuis Thermidor, en fait un objet de dégoût et de honte dans l'histoire de la Révolution. Ce dégoût " n'est séparable ni du parallèle construit avec l'histoire des catastrophes politiques du XXe siècle, ni de l'idéalisation du modèle démocratique actuel ". La demande de terreur de l'été 1793 a pour cause l'effroi ressenti par le peuple parisien à la mort de Marat, effroi d'où émerge la détermination de " mourir pour la liberté " - la liberté ou la mort. C'est parce que l'Assemblée n'a pas mis en jugement ceux qui ont tiré sur le peuple aux Tuileries le 10 août 1792 que le peuple entre dans les prisons en septembre et reprend le glaive de la loi. Le souvenir de ces massacres hantera les révolutionnaires, soucieux " d'inventer les formes symboliques qui permettront de contenir l'ardeur ". Ainsi, le tribunal révolutionnaire est-il une manière de mettre des bornes à l'exception souveraine dans sa fonction vengeresse. Et la mise en équivalence morale de l'an II et de septembre 2001, " non-sens historique et philosophique, est l'effet de ce qu'on pourrait appeler la rémanence rétinienne de l'image de la terreur révolutionnaire ".
Tout commence à la fin du 18e siècle, en France, par la marchande de rubans. Le ruban va devenir cocarde et se diffuser partout mais il est d'abord un "ruban d'hospitalité" qu'on avait imaginé faire porter aux étrangers. Puis il sera le ruban décoratif des fêtes de l'an II. L'historienne Sophie Wahnich, spécialiste de la Révolution française va suivre les métamorphoses de ce petit objet et de sa symbolique pour raconter les transformations de la société française. Il représente la patrie, le lien social, jusqu'à incarner un sentiment d'humanité. C'est à la fois un objet de coquetterie et de patriotisme, un objet qui s'officialise en drapeau, écharpe et perd sa tendresse et son charme mais aussi se retrouve dans sa fragilité quand on le réinvente avec d'autres couleurs, porté pour d'autres causes politiques au xxe siècle.
L?impératif de Saint-Just: « Il faut que vous fassiez une cité, c?est-à-dire des citoyens qui soient amis, qui soient hospitaliers et frères », côtoie un décret qui exclut les étrangers de l?espace politique. En l?an II, les étrangers sont devenus d? « impossibles citoyens », et tout en affirmant l?universalité du droit qui la fonde, la nation souveraine construit ses limites. En analysant le regard que la Révolution française a posé sur les étrangers, Sophie Wahnich a saisi, dans ce livre publié en 1997, les questions qui ne cessent de se poser aujourd?hui encore à la conscience politique. C?est bien à une méditation sur les fondements contradictoires de l?appartenance nationale que cette étude passionnante nous invite.
Les deux "adversaires" ici en présence témoignent, dans le débat d'idées, de deux visions irréconciliables. Tout, dans leurs prises de positions respectives, les sépare: Alain Badiou comme penseur d'un communisme renouvelé; Alain Finkielkraut comme observateur désolé de la perte des valeurs. La conversation passionnée qui a résulté de leur récente rencontre - à l'initiative de Aude Lancelin - prend souvent la tournure très vive d'une "explication", aussi bien à propos du débat sur l'identité nationale, du judaïsme et d'Israël, de Mai 68, que du retour en grâce de l'idée du communisme. Mais le présent volume ne se réduit pas à la somme de leurs désaccords. Car ni l'un ni l'autre ne se satisfont, en définitive, de l'état de notre société ni de la direction que ses représentants politiques s'obstinent à lui faire prendre. Si leurs voix fortes et distinctes adoptent, un moment, une tonalité presque semblable, c'est sur ce seul point.
Le présent volume présente l'inventaire, composé et commenté par Félix Guattari, des soixante-cinq rêves présents dans le Journal et les correspondances de Kafka, ainsi que de plusieurs textes rares ou inédits sur l'oeuvre de celui-ci. Ultérieurs à la publication (avec Gilles Deleuze) de Kafka. Pour une littérature mineure (Éditions de Minuit, 1975), ils témoignent de la passion inchangée de Félix Guattari pour l'une des oeuvres majeures du XXe siècle.
Entre nous, ce n'est pas parce qu'un président est élu que, pour des gens d'expérience comme nous, il se passe quelque chose. J'en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s'il s'est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s'agit dans le registre de la pure succession électorale. [...] On s'expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pose alors que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer, quand même ! Donc, ce qui vous déprime, c'est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur. Alain Badiou . . Ecrivain, philosophe, professeur de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure, Alain Badiou a récemment publié Logique des mondes (Le Seuil, 2006). Le présent volume est le quatrième de la série Circonstances , dans la collection Lignes.