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L'Homme et la Société N° 163-164 : Les Temps des travailleurs. Contraintes et aménagements
Durand Jean-Pierre ; Rolle Pierre ; Pichot Lilian
L'HARMATTAN
27,00 €
Épuisé
EAN :9782296050495
Les modalités de l'action collective sont bouleversées. Non seulement les déstructurations/restructurations des collectifs modifient les capacités d'action des travailleurs, mais les variations rapides de la géométrie des entreprises brouillent les repères. Financiarisation et mondialisation de l'économie transforment le cadre de travail dans l'entreprise en réseau : l'éclatement des collectifs de travail et les mosaïques syndicales doivent faire face à une internationalisation managériale qui tend à unifier le commandement. En même temps, les formes d'emploi et les modes de rémunération accroissent les différenciations entre travailleurs, dans les vieux pays industrialisés comme dans les nouveaux mondes. A partir de terrains très différents et à partir des points de vue des travailleurs, les auteurs décortiquent l'inventivité managériale et mettent à jour les formes nouvelles de l'action collective des salariés. Les arrangements qui en résultent sont bien souvent édits, autant dans leur réalité que dans leur traitement scientifique. Cette variété des configurations et des processus appelait ce renouvellement des analyses parce qu'elle donne, sans en avoir l'air, un nouveau statut au temps.
Marx est né voici deux siècles : ses écrits ont pesé sur les mouvements sociaux jusqu'à ce qu'un tiers de l'humanité vive sous des régimes politico-économiques se réclamant de sa pensée. Pour le meilleur et souvent pour le pire. Marx a été à la fois un militant et un savant. Est-il possible de dissocier les écrits de l'un et de l'autre ? Que reste-t-il de la pensée de Marx qui puisse servir aujourd'hui à une critique radicale du capitalisme mondialisé et financiarisé ? Marx est connu pour sa théorie de l'exploitation, mais la sociologie du travail a trouvé de nombreuses sources d'inspiration dans l'intégralité de son oeuvre. Dans quelle mesure l'évolution sociale est-elle déterminée par le progrès technique ? Comment articuler cette influence des techniques et les rapports sociaux ? Sans occulter la question de la possibilité d'une connaissance scientifique de la société, donc émancipée de toute idéologie, ce livre montre la modernité de l'analyse marxienne des classes sociales et de l'Etat. Aucun auteur contemporain ne peut échapper à la confrontation avec cette pensée.
La fabrique de l'homme nouveau montre la rupture anthropologique en cours dans le travail et dans la consommation du citoyen. L'avènement du lean management s'est accompagné d'une promotion verbale de l'autonomie et de la responsabilisation au travail pour tous. Mais les exigences du capitalisme ont renforcé l'encadrement des salariés (et des travailleurs "indépendants") de bas en haut de l'édifice productif dans l'industrie et dans les services privés ou publics. Les résistances sont rares dans un contexte d'affaiblissement du syndicalisme : l'augmentation des charges de travail et le nouveau management (brutal sous apparences participatives) ont conduit à une détériorisation de la santé au travail et à la multiplication des suicides au travail. Les promesses d'autonomie et de satisfaction dans le travail ne sont pas tenues et les travailleurs doivent "réaménager" leur psychisme pour survivre. Il en est exactement de même dans la consommation où les engagements des offreurs sont très rarement remplis, en particulier dans les services (téléphonie, services internet, transports, VPC...) : le consommateur doit subir l'impersonnalité de ses correspondants (boîte vocale) et l'absence de réponse à ses réclamations, se soumettre à la mauvaise qualité du service et accepter de remodeler son esprit. Telles sont les conditions d'émergence de l'homme nouveau (déjà perçu par Gramsci comme pétri par le capitalisme) qui rétracte ses aspirations et à la liberté et au bonheur. Alliant les analyses micro-sociologiques aux causes macro-économiques, l'auteur déconstruit les concepts et les pratiques de l'évaluation, de la reconnaissance, du travail des clients, etc. Il conclut sur deux scénarios, l'un de régression sociale et l'autre d'un futur enchanté, sans oublier les questions de l'environnement ou de l'intensification des migrations internationales avant de débattre d'alternatives incertaines.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !