Le finnois et le hongrois appartiennent à la famille de langues finno-ougrienne et sont de ce fait linguistiquement apparentés, non seulement entre eux, mais avec de nombreuses autres langues de cette même famille, dont par exemple l'estonien et le same. Cette parenté reste visible dans la structure et dans le vocabulaire des langues géographiquement voisines, telles que le finnois et l'estonien. Toutefois, ces langues se sont développées chacune de leur côté au point de ne plus (ou guère) permettre l'intercompréhension, et de masquer de nombreuses ressemblances aux yeux du non-spécialiste. Les distances géographiques et l'appartenance à des contextes socioculturels et sociopolitiques extrêmement différents ont par ailleurs donné naissance à des civilisations très variées, peu connues du grand public et même de nombreux linguistes. Ce recueil d'articles présente diverses questions liées aux langues finno-ougriennes, tout en en montrant les multiples facettes. Les linguistes, ainsi que les amateurs de sciences du langage, y trouveront certainement des informations et des réflexions intéressantes sur ces langues si peu connues au niveau mondial, mais si captivantes d'un point de vue grammatical et typologique.
En 2009, l'Europe célébrait le vingtième anniversaire de la chute du Mur, deux ans après le cinquantenaire du Traité de Rome. Ces commémorations se prêtaient à un retour sur le clivage Est-Ouest, clivage ancien sans doute mais fortement structurant. Au terme de quinze ans de " transition monitorisée " par l'Union Européenne, les deux parties de l'Europe ont heureusement perdu l'importance géostratégique qu'elles avaient au temps de la bipolarité et doivent (s')accommoder aujourd'hui (de) la tentative d'emprise sur le monde d'une hyper-puissance globale, d'un centre qui se trouve ailleurs. La reformulation du rapport centre-périphérie, si elle prévaut aujourd'hui, n'en appelle pas moins un retour sur le passé. Par exemple, la multipolarité à laquelle aspire/se confronte aujourd'hui l'UE est une donnée de vieille date de l'espace danubien, qui a su articuler centralisation parfois autoritaire, modernisation à l'école des centres d'impulsion occidentaux, délégation fédérale des pouvoirs et liberté de développement des identités culturelles. De même les États d'Europe centrale, à la marge du modèle dominant, ont été souvent porteurs de modernité, grâce à des élites nombreuses et bien formées qui ont apporté leur contribution à la pensée et aux arts européens. C'est donc sur la pertinence scientifique du couple conceptuel " Centre-Périphérie " que les contributeurs de la présente publication ont été invités à réfléchir : quel fut son usage ? Quelles configurations a-t-il induites selon les réalités traitées ? A-t-il encore quelque utilité dans une ère de polycentrisme ?... La pluridisciplinarité s'invite naturellement au sein de cette réflexion. La fluidité des allers et retours des idées, la subtilité de la respiration générique qui définit le ' souffle européen s'accommodent mal des paysages cloisonnés et des horizons brisés par l'artificialisme des frontières.
Renaud Patrick ; Sandu Traian ; Maar Judit ; Kiefe
C'est sous l'égide de l'interdisciplinarité et de l'interculturalité qu'a été organisé le colloque Temps, Espaces, Langages - La Hongrie à la croisée des disciplines, à l'occasion du 21e anniversaire de la fondation du Centre avec pour dessein de parler de la Hongrie dans un contexte multidimensionnel, de t'ai] du même objet différentes disciplines, chacune dans son langage propre. Cette tentative en effet n'a pas manqué de faire surgir les différences entre les disciplines sollicitées, comme on pourra le constater à travers les communications réunies dans le présent ouvrage : différences aussi bien dans leur langage que dans leur r dans leur méthodologie. La réflexion en revanche sur un objet principal commun a permis à chaque discipline un retour sur elle-même et une réinterprétation de ses objectifs, de ses perspectives, de ses objets propres. Et finalement, quai pratique du dialogue entre les disciplines, une forme possible en est précisément la présente publication, cet ensemble de textes comme espace d'entrecroisement et de diversité offert aux parcours que voudra bien y tracer le lecteur. Les actes du colloque sont regroupés en deux tomes. Dans le premier, lire les interventions qui ont été présentées dans les sections Sciences du langage, Littérature, Géographie culturelle et Vie économique ; dans le deuxième, se trouvent les communications prononcées dans les sections Sociologie, Histoire et sciences politiques, suivies de l'atelier de Clôture et d'une conclusion Chaque section est structurée selon le même principe qui était également l'organisation du colloque : une conférence invitée en constitue l'ouverture, pour laisser ensuite place aux ateliers, suivis de communications individuelles. Cette; structure invite à une lecture transversale : les lecteurs pourront mesurer les rencontres, les correspondances et les spécificités des six disciplines au: selon une problématique plus vaste, que selon des questions et des sujets plus concrets élaborés par les groupes de travail des ateliers et par les communications individuelles
Dès novembre 1954, une guerre que l'Histoire parviendra difficilement à nommer débutait en Algérie. Pour les fantassins français opérant au sol dans un pays immense et par des conditions climatiques extrêmes, l'appui de l'aviation s'est vite révélé indispensable. Durant huit ans, les pilotes et les équipages se sont efforcés d'épauler leurs frères d'armes arpentant les djebels, leur conférant ainsi une supériorité qui compensait l'avantage du terrain dont bénéficiaient parfois les moudjahidin. À bord d'hélicoptères dont l'utilisation opérationnelle est née durant la Guerre d'Algérie, d'avions à réaction ou de vétérans de la Seconde Guerre mondiale comme le P-47 Thunderbolt et le North American T-6 de l'Armée de l'Air, le Corsair bleu de l'Aéronavale ou les Piper d'observation de l'Armée de Terre qui n'hésitaient pas à piquer pour baliser les objectifs, les aviateurs français ont été engagés dans tous les combats au cours desquels les mitrailleuses ennemies ne les ont pas ménagés. La surveillance de l'espace aérien d'Afrique du Nord incombait également à l'aviation qui devait intercepter les appareils étrangers livrant des armes à la rébellion, ou qui tentaient de survoler le théâtre des opérations. Outre les nombreuses actions au profit des troupes au sol, le livre relate dans les détails quelques missions singulières comme l'interception de l'avion de Ben Bella le 22 octobre 1956, la préparation et le déroulement du bombardement de Sakiet le 8 février 1958, la poursuite puis l'escorte avec tirs de semonce d'avions russes, notamment celui à bord duquel se trouvait Leonid Brejnev, Président de l'Union Soviétique, le 9 février 1961. Ce livre richement documenté a nécessité plusieurs années de recherche. L'auteur a retrouvé de nombreux pilotes et navigants dont les récits permettent, pour la première fois, de retracer l'action de l'aviation française en Afrique du Nord et au Sahara de 1954 à 1962.
Nord Vietnam, le mardi 16 janvier 1951 en fin de journée. - Restez sur le secteur. Ordre du commandant en chef. On ne discute pas avec le général De Lattre de Tassigny. Malgré la nuit qui tombe et un trou ourlé de métal éclaté sur l'extrados de l'aile gauche, le lieutenant Perfettini, pilote de chasse du Normandie-Niémen, doit rester au-dessus du champ de bataille. Tel un fleuve qui vient de rompre ses digues, des colonnes de soldats viêt-minh coiffés de casques hérissés de branchages dévalent les pentes du Tam Dao pour s'emparer de la garnison de Vinh Yen, dernier verrou avant Hanoi. Guidées par un petit avion d'observation, les patrouilles de Kingcobra et de Helicat enchaînent les piqués et les passes de strafing. Dans le crépuscule, des balles traçantes strient et illuminent le ciel qui s'assombrit. Cinquante ans après, le grand public retient encore de la guerre d'Indochine le cliché de combattants progressant dans les rizières ou dans la jungle au coupe-coupe. Pourtant, ces derniers doivent beaucoup aux Aviateurs qui ont souvent surgi à point nommé pour les dégager de situations critiques, voire désespérées. De la sinistre Plaine des Joncs, dans le sud, à la sanglante Route Coloniale N° 4 dont le tracé épousait celui de la frontière avec la Chine, les équipages de l'Armée de l'Air, de l'Aéronavale et de l'Armée de Terre ont apporté un soutien logistique et tactique déterminant aux troupes au sol. Ils se sont risqués au-dessus de régions montagneuses couvertes d'une épaisse végétation, de dédales de calcaires et de grandes étendues lacustres, avec, en prime, une D.C.A. ennemie dont l'efficacité ne cessait de croître et des conditions météorologiques parfois déplorables. Ils ont été engagés dans les combats les plus importants au Tonkin comme à Vinh Yen, Hoa Binh, Nghia Lo, Na San et dans le Delta du Fleuve Rouge, mais aussi en Annam, en Cochinchine, et même au Laos et au Cambodge. Ce livre, fruit de deux années de recherches au cours desquelles les souvenirs des derniers survivants ont été recueillis et confrontés aux archives, relate de nombreuses missions de guerre : crashs en zone hostile, bombardements et strafing, duels meurtriers avec les mitrailleuses anti-aériennes, retours difficiles avec des avions endommagés, parachutages d'assaut pour ravitailler des postes cernés, sauvetages par les premiers hélicoptères de blessés et d'équipages en détresse, vols dans les nuages au-dessus de régions mal cartographiées...
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.