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Africultures N° 80-81 : Emergences Caraïbe(s): une création théâtrale archipélique
Chalaye Sylvie ; Bérard Stéphane
L'HARMATTAN
24,00 €
Épuisé
EAN :9782296103511
Réflexion sur la création scénique contemporaine de la Caraïbe à travers l'analyse de la singularité archipélique du théâtre dans les Antilles, tant du point de vue des esthétiques que du point de vue des lieux et des enjeux historiques et culturels, ce volume a pour ambition de mettre les projecteurs sur la pluralité de la création artistique en Guadeloupe et Martinique. Earchipélisme suppose morcellement et diffraction, mais il apprend aussi à cultiver la diversité et surtout à entretenir les racines aériennes de toutes les hybridations. C'est ainsi l'effervescence d'une créativité ultramarine étonnante que nous avons souhaité mettre en avant en faisant entendre les voix de cette création contemporaine. Donner la parole aux créateurs comme aux opérateurs culturels qui encouragent la création contemporaine aux Antilles a été une priorité. Et il nous est apparu essentiel d'aborder les expressions dramatiques des îles comme de réels objets d'étude dans toute leur portée esthétique, historique et sociologique. Lémergence de la créativité artistique de la Caraïbe, notamment en Guadeloupe et en Martinique se veut une " é-margence " , une revendication de la marge mise en lumière. Et si l'archipélisme induit des difficultés de circulation, de transmission, de diffusion, cette singularité est aussi celle d'une pluralité assumée, d'un éclatement scintillant, qui défend métissage et mélange. Cette " é-margence " se nourrit de marronnage, et ne craint pas l'inconfort des chemins de traverse, elle est intimement liée à la naissance d'une conscience diasporique qui n'a d'autre choix que d'inventer de l'inédit.
Après une quinzaine de pièces éditées pour la plupart chez Lansman, Acoria ou Au bruit des autres, et quatre romans publiés au Seuil, le théâtre de Kossi Efoui reste un O.V.N.I. pour beaucoup de critiques. C'est que le théâtre de Kossi Efoui travaille justement sur l'insaisissable, le volatile, sur l'évaporation, l'échappée... en un mot: le marronnage. Kossi Efoui revendique en effet cette posture, issue de l'histoire de l'esclavage dans la Caraïbe et les îles du Pacifique, comme un engagement esthétique et philosophique essentiel à sa démarche d'écrivain. Objet Volatile Non Identifié, son théâtre marronne donne sans cesse rendez-vous ailleurs pour mieux mettre en crise le spectateur. Ses personnages ne sont pas identifiables, ils muent, changent de peaux, perdent une à une leurs pelures comme les oignons, et laissent finalement au lecteur une coque vide: superposition de masques ou réincarnation à l'infini comme Anna, héroïne de Io (tragédie) (2005), énième réincarnation du personnage de la mythologie. Cette instabilité des corps traduit l'impossibilité de retenir la vie qui s'enfuit et se consume quelques soient les traces... Cette instabilité est l'identité même de l'humain toujours changeant et évoluant. Et il est de la responsabilité humaine de se faire volatile. Le devenir de l'homme qu'il soit d'Afrique ou d'ailleurs n'est pas arrêté à une identité close, il a droit à tous les envols. Les O.V.N.I. habitent aussi le ciel d'Afrique... Car, comme le rêve justement Kossi Efoui dans Volatiles (2006) "les oiseaux rappellent encore... avec le tracé migratoire de leur écriture labile [...] que les racines de l'homme sont aériennes".
Objet de consure ou instrument de propagande, le nègre est un presonnage dramatique aux aventures économiques et politiques trépidantes. Mais comment s'est-elle fabriquée, cette gangue de préjugés et de clichés qui a peu à peu enfermé le Noir dans l'image du nègre? Et coment cela a-t-il pu s'opérer dans la société française qui partage plusieurs étapes de son histoire avec l'Afrique. Un ouvrage de référence essentiel qui a obtenu en 1996 le prix Georges Jamad, mais aussi une histoire de l'image du Noir qui se lit comme un roman.
Petite comédie du fameux Dorvigny, jouée à Versailles en 1775 pour Louis XVI et Marie-Antoinette. Le Nègre blanc est une curiosité théâtrale qui mérite bien de figurer dans la collection " Autrement Mêmes ". De retour des Amériques, Valère veut revoir Angélique dont il est amoureux. Mais sa mère, Mme Simplex, doit la marier à un Procureur. Or celle-ci ne jure que par son cabinet de curiosités. Afin d'introduire son maître dans la maison, Crispin se fait alors passer pour un capitaine de vaisseau qui revient du Mexique avec dans ses bagages un " nègre blanc "... drôle de phénomène dont s'entiche bien sûr Mme Simplex. Si la comédie s'amuse des cabinets de curiosités tant à la mode à la cour de Louis XVI, et tourne en ridicule les coquetteries des dames de la haute société qui se piquent d'exotisme, ce n'est pas sans un réel enjeu prémonitoire, de ceux qui annonceront l'histoire de la " Vénus hottentote ". Mais surtout, sous couvert d'un divertissement léger, Dorvigny amène à penser le préjugé de couleur et la construction mentale qui infériorise l'Autre et conduit au plus stupide des aveuglements.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.