Longtemps négligées, voire méprisées, les cultures populaires font l'objet d'un intérêt croissant en géographie. Films à grand spectacle, séries télévisées, musique et chants, jeux vidéo, comics, sports, festival, fandom : autant de pratiques culturelles qui aujourd'hui occupent une place incontournable dans les modes de vie et structurent les pratiques spatiales. L'appel à textes lancé par Géographie et cultures autour des cultures populaires le confirme avec la publication de ce second numéro qui rassemble des contributions sur des objets d'étude variés ; ici encore, comme c'est le cas dans le numéro précédent (n° III), les articles qui le composent ont pour trait commun de prendre au sérieux les pratiques culturelles issues ou influencées par les cultures populaires. Comment structurent-elles les représentations ? Comment contribuent-elles à la création d'identités spatiales, culturelles et sociales ? Ils montrent, si besoin était, qu'en ces questions le culturel et le social (et parfois politique) sont inextricablement liés. Trois articles focalisent sur des espaces urbains, plus précisément sur des quartiers à Bruxelles, Liège et Palerme, y abordant des questions d'identité, de reconversion et du rapport au politique. Les liens entre cultures populaires et milieu ouvrier, autour d'une usine en Isère, sont de même analysés, alors que deux articles focalisent sur les représentations par l'intermédiaire de la musique folk rock (Etats-Unis) et d'un festival, Gorée Diaspora, au Sénégal. Et pourquoi ne pas clore avec un historique des promenades dans les stations balnéaires des côtes anglaises. Liste des auteurs : Katerina Seraidari, Karolina Svobodova, Aliou Gaye, Raphaël Mollet, Fabrizio Maccaglia, François Duchêne, Damien Bruneau.
Ce numéro consacré à la "Géographie des saveurs" tente d'explorer les relations qu'entretient la géographie avec l'un de nos cinq sens, celui du goût. Ce que nous entendons par saveur s'établit en référence à la définition suivante : "Qualité perçue par le sens du goût". L'emploi de ce terme suggère une forte restriction quant au traitement des rapports de la géographie et de l'alimentation. La recherche de la satisfaction sous tous ses aspects ludiques et sécuritaires et non pas de la satiété constitue le centre des préoccupations de ce numéro. L'usage du terme de saveur n'est pas innocent car il implique la notion de jugement et par là même suppose la diversité des goûts. Son usage devient même de plus en plus emblématique dans un monde en voie d'homogénéisation, dans lequel l'industrie agro-alimentaire est susceptible d'offrir des produits dotés du même goût dans le monde entier. Il rencontre un contexte de plus en plus favorable parmi ceux qui veulent défendre cette même diversité. La sensibilisation aux différentes saveurs et au maintien des savoir faire devient garante de la protection de l'environnement comme du maintien de la biodiversité.
Les lieux et les territoires auxquels s'intéressent les géographes ne sont pas des entités dont la valeur ou la qualité existe a priori, comme une émanation du milieu naturel, de l'histoire, du caractère remarquable des habitants. Les hommes et les femmes, les relations qu'ils établissent entre eux, les processus dans lesquels ils s'engagent, sont à l'origine de la production et de la qualification des territoires. Aussi, penser en termes d'échanges et de transactions permet de se dégager du carcan du territoire, pour se pencher sur le mouvement qui fait le territoire.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.