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Faute d'épouses on mange des soeurs. Réalités du célibat et fantasmatique de l'inceste dans le Magne
Xanthakou Margarita
EHESS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782713209987
Mariez vos filles au plus vite, et que leurs frères puissent enfin convoler ! Les donner, oui mais à qui ? Problème crucial posé dans le Magne, une rude contrée du Péloponnèse dont la culture bientôt s'éteindra avec quelques anciens et les " grands-mères " qui sont la mémoire des traditions. Mais aujourd'hui encore, comme le célibat est triste... Naguère, les concurrences, les affrontements et même de sanglantes vendettas entre groupes de parents rendaient parfois le problème insoluble - malgré les expédients admis par la coutume pour en prévenir les plus graves conséquences. Puis l'émigration des jeunes hommes a remplacé lames, carabines, ou les effets pervers des stratégies matrimoniales dans la " production de célibataires ". Mais celle-ci, en tout lieu, tient ses modalités d'un exercice particulier de la parenté ; et dans le Magne, l'imaginaire comme les pratiques l'associent à la relation privilégiée entre frère et s?ur. D'où la mise en perspectives complémentaires de ces données de l'ethnographie locale à travers nombre d'hypothèses et de conjectures toujours stimulantes.
Même les pierres ont changé; elles n'ont plus la même forme ni la même couleur. Non... ce n'est pas ça; je ne sais pas comment t'expliquer, comment te faire comprendre. Jadis, les pierres avaient un sens. Elles étaient touchées, piétinées, appréciées; elles étaient prises tout le temps dans les mains, sur le dos, dans les bras; elle se sentaient utiles, utiles... Maintenant, elles ne sont plus que les témoins silencieux d'un village dont le nom même a changé." Dans les villages du Magne, au sud du Péloponnèse, figures de ruines où se meuvent de vieilles femmes détentrices du savoir et de la mémoire, une jeune femme écoute. Elle cherche à comprendre ce qu'elles ont vécu, la guerre, la résistance, l'abandon. Peu à peu, leurs souvenirs et les siens se fondent. Son histoire est la leur, sa souffrance aussi. Fiction et réalité, enquête ethnologique et quête autobiographique convergent dans un récit d'une force peu commune.
À quoi tient le sentiment mêlé d'étrangeté et de familiarité qui nous saisit devant le caractère accompli des rouages d'une société « autre » ? Le corps et les affects n'en seraient-ils pas le terrain et le terreau ? Avec les émotions et les perceptions, ne sont-ils pas tout à la fois biologiquement les mêmes et culturellement différents ? Ce champ de recherche, longtemps négligé par l'anthropologie sociale, est investi aujourd'hui par les neurosciences et plusieurs formes de psychologie qui en montrent l'importance décisive pour la compréhension de l'être humain. Dans ce volume, vingt-deux anthropologues d'inspirations diverses confrontent les hypothèses et les résultats de leurs travaux.
Dans les villages du Magne, dans la pointe sud du Péloponnèse, les grands-mères racontent, les soirs d'hiver, les après-midi d'été, les aventures merveilleuses de jeunes filles à marier, de marâtres malveillantes, de créatures inquiétantes et de revenants vindicatifs. Issus d'une tradition orale multiséculaire, recueillis dans les années 1970 et 1980 par une ethnologue, ces contes nourris d'influences antique, balkanique, chrétienne et orientale sont emblématiques de la complexité de l'âme grecque. Remarquables d'inventivité et de richesse symbolique, parfois de cruauté, ils sont donnés à lire ici pour la première fois, dans une transcription fidèle qui restitue la fraîcheur spontanée d'une histoire dite à la veillée.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.