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Une autre démocratie en Amérique (1824-1844). Orestes Brownson, un regard politique
Wulf Naomi ; Marienstras Elise ; Caron Nathalie ;
SUP
22,00 €
Épuisé
EAN :9791023105599
Le pasteur et écrivain réformateur Orestes Brownson, n'a eu de cesse, pendant une grande partie de sa carrière, de dénoncer les graves insuffisances de la société états-unienne de son temps et de réfléchir aux moyens de la conduire vers une "démocratie véritable". Sa démarche le distingue de son contemporain français Alexis de Tocqueville, qui a décrit la "démocratie en Amérique" comme un modèle qui porte en lui-même les remèdes à ses maux. Naomi Wulf retrace dans ce livre les débats d'idées qui ont eu lieu aux Etats-Unis dans les années 1820 à 1840, celles de la "démocratie jacksonienne", sur le sens à donner au mot démocratie. Elle met en lumière les désaccords, les incohérences et les paradoxes qui sont apparus à l'origine de la République américaine. En effet, l'époque pendant laquelle les partisans du président Andrew Jackson exercent une politique dite "démocratique" est celle d'une société en pleine mutation qui s'éloigne de la norme agrarienne pour entamer la révolution du marché et faire ainsi ses premiers pas vers le règne de l'industrie. Brownson et ses amis réformateurs dénoncent ce régime inégalitaire dans lequel l'Etat n'intervient qu'en faveur des plus riches et se désintéresse du bien-être et de l'éducation des pauvres. Le lecteur trouvera des rapprochements étonnants entre les deux extrémités de l'histoire de la démocratie moderne : depuis ses débuts mouvementés et contradictoires pendant l'ère du common man sous le président Jackson, jusqu'à ce qui peut paraître, de nos jours, une démocratie à bout de souffle, ouverte aux séductions du populisme. L'idéal dont avait rêvé la Jeune République naissante semble s'être dévoyé jusqu'à prendre un tour funeste ; cependant, Orestes Brownson, bien que désabusé par les échecs politiques du peuple, reste un modèle pour ceux qui continuent à penser que si le peuple le veut, oui, il peut rendre ses droits à une vraie démocratie.
Christoph Wulf a été l'un des fondateurs du Centre Interdisciplinaire d'Anthropologie Historique à l'Université Libre de Berlin. Il est également président de la Société d'Anthropologie Historique, membre du Centre de Recherches Interdisciplinaires " Kulturen des Performativen " et de l'Ecole Doctorale " Mis en scène du corps ". Ambivalence et invertitude, diversité et complexité caractérisent l'existence humaine en ce début du XXIe siècle. Il est de plus en plus difficile de s'orienter dans le monde, dans la société et de se situer par rapport à soi-même. Une telle situation soulève la question de savoir ce qu'on peut connaître de l'homme et de ses relations fondamentales au monde. Les conceptions normatives de l'homme et de l'anthropologie ont désormais perdu leur légitimité. Ce qui est en jeu n'est plus l'homme universel, dont l'étude avait privilégié une conception européenne et abstraite, et, qui plus est, masculine, mais une approche des spécificités et de la pluralité des manifestations humaines. La recherche s'oriente vers un savoir anthropologique, conscient de son historicité et de ses déterminations culturelles. Une centaine d'articles composent cet ouvrage qui s'organise en sept parties : cosmologie, le monde et les choses, généalogie et sexe, corps, média et formation, hasard et destin, culture. Cet ouvrage s'adresse tout particulièrement aux enseignants et étudiants de philosophie, des sciences humaines et sociales et des sciences de l'éducation et plus largement aux lecteurs soucieux de comprendre le monde contemporain dans une perspective anthropologique.
Tous les titres sont organisés autour d'une structure commune : des repères : un rappel des faits qui constituent la trame événementielle de la question ; des synthèses sur les personnages et lieux qui jalonnent le sujet ; des outils méthodologiques : chronologie, glossaire, bibliographie ; un système de circulation entre les fiches et les références bibliographiques qui complètent l'index.
Naturaliste, géographe, explorateur, Alexander von Humboldt (1769-1859) est le grand scientifique des Lumières. Il a donné son nom à des villes, des rivières, des chaînes de montagnes, à un courant océanique d'Amérique du Sud, à un manchot, à un calmar géant - il existe même une Mare Humboldtianum sur la Lune. Sous la plume d'Andrea Wulf, sa vie se lit comme un roman d'aventures : Humboldt a organisé des expéditions dans la forêt tropicale, escaladé les plus hauts volcans du monde et rencontré des princes et des présidents, des scientifiques et des poètes. Napoléon le jalousait ; Simón Bolívar s'est imprégné de ses idées pour mener à bien sa révolution ; Darwin a embarqué sur le Beagle à cause de lui ; et le capitaine Nemo de Jules Verne possédait tous ses livres dans sa bibliothèque. A une époque où l'on pouvait embrasser toutes les connaissances scientifiques, Humboldt n'a cessé d'arpenter le monde pour en déceler les secrets et les expliquer. En 1800 déjà, il prédisait les changements climatiques causés par l'homme. Ses idées ont révolutionné la science, la politique, l'art et la théorie de l'évolution. Grand visionnaire, amoureux du monde vivant, de ses mystères et de ses beautés, Humboldt a inventé la nature telle que nous la percevons aujourd'hui.
La Guinée Equatoriale est un pays constitué de terres continentales, mais aussi de plusieurs îles. Annob6n est l'une d'entre elles. Elle est la plus isolée du golfe de Guinée. Découverte par les Portugais à la fin du XVe siècle, elle est peuplée par leurs soins au milieu du XVIe siècle. Bien qu'éloignée des côtes, sa position stratégique, à la croisée des routes maritimes européennes des épices et de la traite négrière, fait que ses habitants connaissent un destin très agité. Escale ponctuelle de rafraîchissement, elle est connue des marins expérimentés jusqu'à la fin du XIXe siècle. Elle est l'objet de convoitises de différentes puissances européennes avant de devenir officiellement, pour les Occidentaux du moins, une colonie espagnole à la fin du XVIIIe siècle. Mais l'histoire des Annobonais ne s'arrête pas là : il y a une autre histoire qu'il fallait écrire, qui transparaît dans les documents d'archives, celle d'un peuple qui se libère du joug colonial et de l'esclavage dès le début du XVIIIe siècle et qui trouve le moyen de résister aux différentes tentatives européennes de conquêtes. Ce n'est que par l'intermédiaire de la religion catholique, car les Annobonais sont très pieux, que les Espagnols parviendront à imposer progressivement leur colonisation à la fin du XIXe siècle. Ce travail historique, en deux tomes, est enrichi d'un volet plus anthropologique, qui permet de découvrir cette société très originale, et méconnue en France.
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Carraud Vincent ; Bayle Claire ; Meyer-Bisch Gabri
L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.