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Lire, écrire, vivre (1966-2010)
Wolf Christa ; Lance Alain ; Lance Otterbein Renat
BOURGOIS
17,00 €
Épuisé
EAN :9782267027204
Ces textes, jusqu'alors inédits en traduction française, permettront de découvrir un aspect important de l'oeuvre de Christa Wolf : la constante réflexion sur la littérature qu'elle a menée parallèlement à sa création romanesque, notamment par ses nombreux essais, interventions et discours. Le choix présenté dans ce volume rassemble des textes écrits durant plus de quatre décennies, depuis l'essai consacré à Ingeborg Bachmann jusqu'au discours de remerciement qu'elle prononça lorsque lui fut décerné en 2010 (un an avant sa mort) le prix Uwe Johnson, ce qui lui donna l'occasion d'évoquer pour la première fois ses rencontres avec cet écrivain. Christa Wolf admirait la poète et romancière autrichienne Ingeborg Bachmann. La vérité qu'on peut assumer. Prose de Ingeborg Bachmann, que nous avons retenu pour ce choix, fut écrit en 1966, quelques mois après cette sinistre session plénière du comité central du SED, où Christa Wolf fut la seule à s'opposer au discours officiel. C'est d'ailleurs l'épisode de cet affrontement qu'elle décrit dans le texte Maintenant tu dois parler ! (2009). Dans la seconde moitié des années soixante, Christa Wolf va élaborer sa poétique, défendre "l'authenticité subjective", ce qui signifiait une rupture avec les normes du réalisme socialiste. Ce qu'elle développe dans son célèbre essai Lire et écrire, de 1968, mais qui ne parut qu'en 1972. Ce texte est enfin accessible aux lecteurs français. Les autres textes rassemblés dans notre ouvrage sont plus récents, comme celui sur l'autobiographie de Günter Grass (2007) ou les Réflexions sur le point aveugle, important discours qu'elle prononça, la même année, pour l'ouverture à Berlin du 45ème congrès de l'Association internationale de psychanalyse, une méditation nourrie par l'expérience de sa génération et dans un dialogue constant avec les grandes oeuvres de la littérature allemande. Nous avons par ailleurs inclus dans cet ensemble trois textes qui révèleront sans doute une facette moins connue du talent de Christa Wolf : son humour. Il s'agit du Rendez-vous photo à L.A., écrit en 2004, mais qui relate un épisode du séjour californien de Christa Wolf en 1992-1993, de Monsieur Wolf attend des invités (2003) et de Lui et moi (1998) où Christa Wolf esquisse un portrait affectueux et parfois légèrement moqueur de celui avec qui elle a partagé sa vie et son travail : son mari, l'essayiste Gerhard Wolf, lecteur attentif qui joue par ailleurs un rôle déterminant dans la publication à venir des oeuvres posthumes de Christa Wolf.
Désormais on se méfie de Médée à Corinthe. A-t-elle comme le chuchote la rumeur, tué son frère en Colchide, son pays natal, après avoir dérobé à son père la Toison d'or qui n'a pourtant pas apporté à Jason le pouvoir qu'il en espérait. Jason dont elle a eu deux fils qu'on l'accuse d'avoir tués aussi ? Le peuple n'en veut-il pas simplement à cette femme, cette barbare, de l'avoir sauvé de la famine ? Six voix nous donnent en plusieurs récits les clés de ce roman qui, au travers d'une réécriture de l'histoire antique, fustige l'establishment allemand et en fait le procès Mais en revisitant ici l'histoire légendaire de la magicienne Médée, Christa Wolf affronte aussi son propre passé avec une confondante et bouleversante sincérité. Le texte d'Euripide est en quelques sortes "détourné" vers l'Allemagne contemporaine, plongée dans les difficultés de la réunification.
Résumé : Aujourd'hui on se méfie d'elle à Corinthe. A-t-elle tué son frère en Colchide, son pays natal, comme le dit la rumeur ? Le peuple n'en veut-il pas tout simplement à cette femme, cette barbare, de l'avoir sauvé de la famine ? Au palais de Créon en tout cas on a de bonnes raisons de se débarrasser de l'étrangère depuis qu'elle a découvert le terrible secret sur lequel repose le pouvoir du roi. Jason lui-même, qui l'a tant aimée, se détourne maintenant sous peine d'être condamné. Mais la légende selon laquelle elle aurait tué ses enfants est-elle mieux fondée ? Laissons les personnages de ce drame universel revêtir une fois encore leur costume, écoutons-les nous raconter l'histoire de la Toison d'or et de l'aveuglement des hommes, nous dire que non seulement ceux qui doivent supporter les injustices mais aussi ceux qui les commettent ne pourront prendre de plaisir à la vie.
Résumé : Au seuil de l'été 1980, une femme est emmenée d'urgence à l'hôpital. Atteinte d'une grave péritonite, ses jours sont en danger. Elle passe plusieurs semaines dans une polyclinique de RDA entre la vie et la mort. C'est le récit de ces heures de fièvre qui nous est donné ici, journées et nuits de souffrance et d'angoisse tandis qu'affleurent des souvenirs de jeunesse, mais aussi des événements survenus ultérieurement, étapes d'une rupture progressive avec l'Etat est-allemand. Le récit est rythmé par des plongées oniriques saisissantes qui la font survoler Berlin, sa ville divisée, ou pénétrer dans de labyrinthiques souterrains. Dans ce moment de péril extrême, la romancière est prise entre la tentation de renoncer et le désir de vivre. La fêlure du temps, celui du déclin d'une société, traverse le corps même, corps de la narratrice et de ce texte bouleversant.
Ces dix récits, qui marquent l'évolution de la conscience d'un écrivain en RDA, Christa Wolf les écrit de 1965 à 1989, année décisive où elle met la dernière main au manuscrit de Ce qui reste, exposé d'une journée durant laquelle elle constate qu'elle est sous la surveillance de la Stasi. Les six premiers textes du recueil mettent en lumière le ton nouveau qu'elle apportait dans la prose de la RDA: poétique du quotidien, monologue intérieur, irruption du rêve et veine satirique. Puis en 1979 paraît un magnifique récit dans lequel l'auteur imagine une rencontre entre deux héros tragiques du romantisme allemand et dont le titre est éloquent: pour le bonheur, la création, la liberté, il n'existe Aucun lieu. Nulle part. L'écrivain traverse alors une période de crise et d'affrontement avec le pouvoir. Elle choisira, pendant plusieurs années, de situer ses récits loin de l'époque contemporaine, avant d'y revenir, avec Incident, suscité par la catastrophe de Tchernobyl, et le roman Scènes d'été, publié quelques mois avant les bouleversements de l'automne 1989. C'est par l'écriture que Christa Wolf a résisté, créant un espace hors du temps, celui de la littérature qui déshabille les âmes et met à terre les idéologies et les stratèges. Biographie de l'auteur Née en 1929, Christa Wolf vit à partir de 1945 dans la zone d'occupation soviétique qui devient en 1949 la République démocratique allemande. L'ensemble de son oeuvre la place comme l'un des écrivains majeurs de ce temps. Elle reçoit de très nombreux prix, dont le Prix Büchner en 1980, et est traduite dans plus de vingt langues Christa Wolf vit à Berlin.
Dora Chance, ancienne danseuse de music-hall, raconte avec verve soixante ans de vie du théâtre et du cinéma à travers l'histoire d'une famille où la bâtardise est de tradition. De génération en génération, les enfants seraient bien malins de connaître leur père ! Il y a de l'Evelyn Waugh, de l'Anthony Powell et parfois même du Wodehouse dans cette chronique facétieuse et attendrie qui nous mène des bastringues du Londres de l'entre-deux-guerres à Hollywood et aux plus beaux châteaux anglais. Mais le théâtre n'est qu'un prétexte et Angela Carter sait créer des personnages tous plus originaux, attachants et pittoresques les uns que les autres.
Invité en 1966 à Princeton, à une session du Groupe 47, Peter Handke y fait un éclat en s'opposant à la vogue du "réalisme" en littérature : Une certaine conception normative de la littérature désigne d'une belle expression ceux qui se refusent à raconter encore des histoires, tout en étant à la recherche des méthodes nouvelles pour décrire le monde (...) : elle dit qu'ils "habitent une tour d'ivoire" et les traite de formalistes, d'esthètes. Que les écrivains se réfugient dans leur "tour d'ivoire", c'est ce que revendique paradoxalement Peter Handke. Confrontation avec Brecht, Horvath ou Bernhard, avec les méthodes du théâtre et du cinéma ou avec le discours de la justice, réflexions, critiques, satires, pamphlets..., cet ensemble de textes divers passe du sérieux à l'humour, des méditations austères aux "gais feuilletons". Handke s'attache à y définir sa position par rapport à l'écriture : longtemps, la littérature a été pour moi le moyen, si ce n'est d'y voir clair en moi, du moins d'y voir tout de même plus clair. Elle m'a aidé à reconnaître que j'étais là, que j'étais au monde.
Résumé : Ecrit en 1969, Love est un roman trouble et bouleversant où le féminisme radical, mais nuancé, de l'auteur se présente sous les dehors les plus pervers et les plus violents. Love raconte une étouffante histoire d'amour à trois où les émotions les plus subtiles côtoient les pulsions sexuelles les plus grossières et les névroses sentimentales les plus cruelles. Le tout sanctionné par l'acte de violence et d'amour le plus définitif. Illuminé par la présence d'une héroïne aussi fragile que radieuse, ce livre vibrant représente la quintessence du talent d'Angela Carter.
Résumé : "Toute ma vie son influence a illuminé mon travail... Oui, Fante a eu un énorme effet sur moi. [...] Fante était mon dieu." Charles Bukowski. "En tant qu'écrivain, je suis très heureux de recevoir une bonne leçon. Comme simple lecteur, j'ai poussé les portes du paradis." Philippe Djian. "A l'image de Fante, Bandini et Molise, ses héros de papier, débordent de rancoeur, de tendresse, de générosité ou d'une méchanceté noire inouïe. Ils sont infects, drôles, adorables, émouvants." La Vie. "Les histoires de Fante ressemblent toujours à la sienne. Son héros, Arturo Bandini, est aussi fils d'immigrés italiens, il a aussi envie de prendre sa revanche sur les années de dèche, de se faire une place sur les rayons des bibliothèques, d'aimer les femmes. Tout cela, Fante le fait passer dans une écriture dégraissée, déblayée de toute littérature." Télérama.
Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut ainsi dire. C'est à sa conquête que je vais, certain de n'y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supputer un peu les joies d'une telle possession." Des projets et des promesses du premier Manifeste du surréalisme (1924) aux prises de position, politiques et polémiques, affirmées dans le Second Manifeste du surréalisme (1930), se dessine ici une théorie de l'expérience esthétique qui a bouleversé tous les domaines de la création au XXème siècle.
Ces "essais sur le roman" constituent la première manifestation théorique de l'école du "nouveau roman". Nathalie Sarraute y expose ses propres conceptions qui ont exercé une influence profonde sur les jeunes auteurs. De Dostoïevski à Kafka, de Joyce à Proust et Virginia Woolf, Nathalie Sarraute scrute l'oeuvre des grands précurseurs du roman moderne et examine leur contribution à la révolution romanesque de nos jours.
Quelle est la chose que l'on recherche quand on sent des gouttes ? Quelle est la différence entre la lettre "i" et un clocher ? Qu'est-ce qui va de pis en pis et se porte de mieux en mieux ? Depuis l'Antiquité et depuis cinq siècles en France, on surprend nos auditeurs en utilisant toutes sortes d'énigmes, de jeux de mots, qui sont autant de traits d'esprit. Voici plus d'un millier de devinettes : quiproquos, raisonnements, différences, combles... en prose ou en vers, anciens et modernes. Saurez-vous vraiment découvrir les réponses à ces facétieux traits d'esprit ? Enigmes, devinettes, charades, rébus : ce livre rassemble plus de 1 000 jeux de mots sous la forme de questions malicieusement posées. Mêmes si toutes les réponses sont données, idéal pour mettre l'esprit à la torture ou exciter la curiosité.
Vers l'autre flamme s'inscrit bien au c?ur d'une actualité dont les débats idéologiques et culturels confirment la pertinence du regard que portait Istrati sur l'Occident et «Octobre rouge».Un regard contemporain dont l'acuité est révélée par un présent qui n'en finit pas de reproduire son passé... De prisons en ghettos, d'asiles psychiatriques en lois martiales, la gangrène totalitaire exerce ses ravages sans distinctions idéologiques. À de rares exceptions près, nos sociétés, qu'elles se proclament prolétariennes ou libérales, violent impunément les droits et les libertés élémentaires de l'homme. Un homme asservi et exploité par l'homme. À quoi s'ajoute cette tare congénitale des sociétés modernes : la bureaucratie, expression maligne du pouvoir d'État.