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Mythe et langage. Remarques sur Le Rameau d’Or
Wittgenstein Ludwig ; Casas Ghislain ; Gizard Benj
TEMPETE
13,00 €
Épuisé
EAN :9791094512432
Au début des années 1930, Wittgenstein rédige une série de notes sur le grand ouvrage de Frazer, Le Rameau d'Or. Avec cette oeuvre, c'est toute la culture occidentale qui mesurait la richesse et la complexité du monde religieux de ceux qu'elle n'a jamais cessé de considérer comme "primitifs" . Wittgenstein s'appuie alors sur ce texte pour réaliser une "anthropologie de l'anthropologue" : "Frazer est beaucoup plus sauvage que la plupart des sauvages" . Partant de cet axiome, ces réflexions nous offrent une véritable méditation sur la philosophie et les sciences occidentales qui, du haut de leurs orgueilleuses certitudes rationalistes, se sont crues débarrassées de la mythologie dans notre langage. Cette édition rend justice à la radicalité du geste de Wittgenstein, en permettant à deux philosophes et un anthropologue d'en raviver la puissance politique.
La traduction du Tractatus logico-philosophicus, réputée périlleuse en raison de la difficulté et du laconisme du texte, constitue à elle seule un travail de philosophe. La concision incisive de la langue et l'usage fréquent du symbolisme logique ont pu rebuter des générations d'étudiants habitués à d'autres formes littéraires. Les non-spécialistes devront sans doute plus encore s'armer de patience. Ainsi, ce n'est pas sans ironie que Wittgenstein précise, dans son avant-propos, que son traité n'est pas un ouvrage d'enseignement, et affirme que son but serait atteint s'il se trouvait quelqu'un qui, l'ayant lu et compris, en retirait du plaisir& --Paul Klein
Si je m'arrête à considérer ce que l'éthique devrait être réellement, à supposer qu'une telle science existe, le résultat me semble tout à fait évident : rien de ce que nous pourrions jamais penser ou dire ne pourrait être cette chose, l'éthique ; nous ne pouvons pas écrire un livre scientifique qui traiterait d'un sujet intrinsèquement sublime et d'un niveau supérieur à tous les autres sujets : si un homme pouvait écrire un livre sur l'éthique qui fût réellement un livre sur l'éthique, ce livre, comme une explosion, anéantirait tous les autres livres de ce monde. Nos mots, tels que nous les employons en science, sont des vaisseaux qui ne sont capables que de contenir et de transmettre signification et sens - signification et sens naturels. L'éthique, si elle existe, est surnaturelle, alors que nos mots ne veulent exprimer que des faits. Tout ce à quoi tendent tous les hommes qui ont une fois essayé d'écrire ou de parler sur l'éthique ou la religion - c'était d'affronter les bornes du langage. C'est parfaitement, absolument, sans espoir de donner ainsi du front contre les murs de notre cage. Dans la mesure où l'éthique naît du désir de dire quelque chose de la signification ultime de la vie, du bien absolu, de ce qui a une valeur absolue, l'éthique ne peut pas être science. Ce qu'elle dit n'ajoute rien à notre savoir, en aucun sens. Mais elle nous documente sur une tendance qui existe dans l'esprit de l'homme, tendance que je ne puis que respecter profondément quant à moi, et que je ne saurais sur ma vie tourner en dérision.
La Grammaire philosophique, issue de notes rédigées par Ludwig Wittgenstein entre 1930 et 1933, peut être considérée comme un long commentaire du Tractatus logico-philosophicus. Elle reprend la première affirmation du Tractatus : "Le monde est tout ce qui est le cas", et la problématique du langage et de la logique qui y était exposée, en développant la question de la relation langage/réalité, dont "l'harmonie, comme toute autre chose métaphysique, est à trouver dans la grammaire du langage". Le langage-image du Tractatus s'impose comme fiction absolue, fiction aussi arbitraire que celle du langage mathématique dont elle possède également la nécessité. La Grammaire philosophique, qui comprend deux parties, concilie les deux orientations de la philosophie wittgensteinienne dans la dynamique de la représentation. Le fondement tant du langage que des mathématiques est convention, et la philosophie, administrant le développement de ces jeux, de ces formes de vie, y apparaît comme la forme suprême de l'imagination. Fort éloigné des grammairiens de Port-Royal, du calcul universel de Leibniz, ou des recherches syntaxiques chomskyennes, Wittgenstein nous livre dans le concept de grammaire l'instrument de l'activité philosophique par excellence, qui est de comprendre les représentations d'une réalité que nous recevons de plein fouet, et qui constitue le prétexte de tout discours humain.
Mieli Mario ; Maver Laura ; Mieli Paola ; Prearo M
Le désir homosexuel est partout, présent en chacun de nous : là où il n'est pas manifeste, il est latent. Un projet révolutionnaire global visant la réalisation de la communauté humaine ne peut ignorer l'importance fondamentale du combat gay : en libérant le désir homosexuel, nous contribuons à l'émancipation de cette vie que le système capitaliste tend à anéantir. Mario Mieli, théoricien et révolutionnaire italien, identifie l'oppression de la féminité de chaque être humain comme point de départ à la répression anti-homosexuelle. Composé d'essais sur la politique et sur l'esthétique, suivis d'entretiens, la gaie critique est une charge de désir contre la norme hétérosexuelle.
Je descendais une rue perdue à la recherche d'une pissotière mal famée. Sous un pont, deux loubards attendaient, adossés à leurs motos. Et quand je suis passé, ils m'ont crié : "Race D'Ep ! " Race d'Ep, pour pédéraste. Ce cri, je l'avais moins senti comme une insulte que comme l'évidence résumée de mon appartenance à une autre Histoire. Une histoire pas si vieille : née il y a un siècle. Une conscience d'être autre qui n'est pas éternelle, qui a eu il y a un demi-siècle son âge d'or, continent perdu effacé par le bain de sang totalitaire C'est cette histoire inconnue que ce livre, écrit en 1979, veut rendre visible au travers des images qu'elle a créées. L'histoire de la Race d'Ep.
On ne revient pas indemne de Venise, les textes rassemblés ici en sont la preuve. Walter Benjamin y voyage jeune et ses notes contiennent déjà l'essentiel de sa conception nouvelle de l'esthétique. Ernst Bloch quant à lui s'attarde sur le calme de la nuit dans la sérénissime, hantée par les fantômes de son passé glorieux, Venise est toujours autre qu'elle-même, tendue vers un futur utopique inconnaissable. "Venise, c'est là où je ne suis pas" , affirme enfin Sartre depuis sa fenêtre sur la vie vénitienne, reformulant les idées fortes de L'Etre et le néant. Loin du décor aseptisé par le tourisme de masse, Venise devient, à travers ces trois auteurs, une source inaltérable pour la pensée.
Résumé : La philosophie de Simone Weil, véritable recherche de la sagesse, ne sépare pas la pensée de la vie. Ce recueil de textes permet de suivre l'évolution et la cohérence de son parcours existentiel et politique. Née en 1909, elle s'engage très tôt dans l'opposition syndicaliste-révolutionnaire et formule une critique originale du marxisme. Son expérience de la condition ouvrière en 1934 et de la résistance durant la guerre lui inspire une théorie de la force et du malheur. La force supprime l'humain et transforme l'homme en chose. Le malheur détruit l'âme, rend muet et entrave la pensée comme l'action. En refusant de détourner le regard de cette violence, Simone Weil se livre à une méditation dont la puissance et la profondeur éclairent l'obscurité de notre époque.