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Les avatars du vide. Démocrite et les fondements de l'atomisme
Wismann Heinz
HERMANN
33,66 €
Épuisé
EAN :9782705668709
Démocrite n'est pas un matérialiste au sens ordinaire; ses atomes ne sont pas des corps - les trois études ici réunies offrent leurs éclairages croisés pour réfuter l'idée reçue, depuis plus de deux mille ans. Et la tradition ainsi forgée perdure aujourd'hui encore, aveugle au fait que les atomistes - Démocrite et Leucippe - n'avaient nullement en tête des corpuscules ou des molécules préfigurant Dalton et l'atomisme du XIXe siècle. La théorie platonicienne des idées a d'emblée refusé la concurrence insupportable avec l'identification des atomes à des «idées» - d'où l'impressionnant silence de Platon à l'égard de Démocrite. Plus visiblement polémique, Aristote a ensuite systématiquement retraduit les concepts démocritéens en les privant tous de leur sens dynamique: cette retraduction est allée de pair avec une interprétation qui voulait faire de Démocrite un adversaire aisément réfutable. Or, malgré l'état déficient des sources - aucun ouvrage de Démocrite ne nous est parvenu -, l'auteur mène une enquête extrêmement précise, à la fois philologique et philosophique, et parvient à reconstituer ce que la réception a voulu étouffer ou fausser à travers les citations dont elle usait. Au terme de sa lecture insistante, l'auteur révèle l'atomisme antique sous un jour très différent, mais d'autant plus proche de nos spéculations contemporaines.Heinz Wismann, philologue et philosophe, est spécialiste d'herméneutique et d'histoire des traditions savantes. Directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences sociales, il a travaillé principalement sur la pensée antique (Parménide, Héraclite, Démocrite, Platon), la postérité du criticisme kantien (Humboldt, Schleiermacher Dilthey, Cassirer, Benjamin) et sur la théorie de la connaissance historique. Il a été directeur de la collection «Passages» aux Éditions du Cerf de 1986 à 2007.
Dans l'histoire de l'humanité, une étape importante a été franchie avec l'émergence des langues de culture. Celles-ci se distinguent aussi bien des parlers locaux, qui évoquent un monde clos, que des langues de service, utilisées pour traiter d'une réalité posée d'emblée comme globale, par leur capacité illimitée d'enrichissement expressif, combinant l'élan de différenciation interne avec le souci d'intégration des influences externes. Elles acquièrent ainsi une dimension à la fois particulière et universelle. En tant que totalités individuelles, elles ont été un puissant vecteur de développement des consciences nationales. C'est sur cette base que se sont constitués, notamment en Europe, les différents systèmes d'éducation modernes. Or la convergence des projets éducatifs européens repose, paradoxalement, sur la divergence des évolutions historiques dont ils sont issus. Enracinés dans des langues de culture formées les unes au contact des autres, grâce au rapport différencié qu'elles entretiennent avec l'héritage des langues anciennes (le grec, le latin, mais aussi l'hébreu), ils visent, chacun, une figure singulière de l'universel. Inutile donc - et même dangereux - de vouloir les unifier au moyen d'un langage purement fonctionnel, fût-ce un code scientifique ou, plus banalement, une langue de service. Ce livre se présente comme une analyse programmatique des conditions requises pour mettre en oeuvre un véritable tronc commun d'éducation européenne Respectueux des langues de culture qui sous-tendent le dialogue des individus et des sociétés, il fait de la culture des langues le principe d'initiation à toute forme de connaissance partagée et d'intégration réussie. Biographie de l'auteur Pierre Judet de La Combe, né en 1949, est helléniste. Après avoir, à Gille, dirigé le Centre de Recherche Philologique fondé par Jean Bollack et créé l'équipe "Savoirs et Textes", il est aujourd'hui Directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris), où son enseignement porte sur la poésie grecque et sur l'histoire de l'herméneutique littéraire ancienne et moderne. Il a publié récemment un commentaire de l'Agamemnon d'Eschyle et participé, comme traducteur, à plusieurs productions théâtrales (Prométhée, Les Perses, Médée, Agamemnon). Heinz Wismann, né en 1935 à Berlin, philosophe et philologue, est spécialiste d'herméneutique et d'histoire des traditions savantes. Directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris) et ancien directeur de l'Institut protestant de recherches interdisciplinaires de Heidelberg il a travaillé principalement sur la pensée antique (Parménide, Héraclite, Démocrite, Platon), la postérité du criticisme kantien (Humboldt, Schleiermacher Dilthey, Cassirer, Benjamin) et sur la théorie de la connaissance historique.
Résumé : Heinz Wismann aime la philosophie et la musique, la philologie et le football, Héraclite et Kant, la France et l'Allemagne, et il n'aime rien tant que penser, non pas seulement en français ou en allemand, en grec ou en latin, mais bien entre les langues, entre les lignes. C'est là qu'il évolue, en funambule, et fait de la capacité de se tenir à l'écart de soi un art de vivre et de penser, librement, loin de tous les schémas imposés. Dans les pas d'un penseur et passeur hors du commun qui a su, en cinquante ans de pérégrination à travers l'Europe, transmettre et reconstruire différentes traditions oubliées - des philosophes présocratiques à la philosophie allemande - pour mieux décrypter le rapport au monde des grandes nations occidentales, ce livre rassemble une oeuvre considérable, inclassable, plurielle, qui explique que Heinz Wismann occupe aujourd'hui une place de tout premier plan dans le monde de la philosophie et de la pensée contemporaines.
La critique a chez Benjamin une double dimension: celle de la reconstruction méthodique de l'objet signifiant et celle de l'instauration d'un écart qui, préparé déjà par la distance historique, fait éclater son unité de sens. Ce geste, qui se fonde sur la philosophie du langage du jeune Benjamin, renvoie également à la théorie de l'histoire de sa maturité. Mais c'est dans la réflexion sur le concept de critique d'art qu'il élabore le paradigme intellectuel qui, au sein même de l'oeuvre, prend appui sur la conception romantique d'une critique immanente à l'objet qu'elle achève. Loin des célébrations empathiques et des réactualisations superficielles qui ont souvent caractérisé la première réception française de Benjamin, l'objectif commun des textes ici rassemblés, est de réfléchir aux fondements théoriques du geste critique chez l'auteur, en revenant sur les sources littéraires et philosophiques de sa pensée.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
L'amour virtuel, un amour véritable ? Certains affirment tomber amoureux en ligne. Mais est-ce là de l'amour véritable ? L'amour, soutient-on, est désir du bien de l'autre. Il nécessite l'amour de soi, il amène à vouloir être près de l'être aimé, il exige une reconnaissance mutuelle et vise une personne concrète et autre que soi. On le décrit également comme étant inconditionnel, durable, voire incontrôlable (c'est lui qui nous contrôle), toujours pauvre et irrationnel. Que signifient et qu'impliquent ces caractéristiques ? Surtout, les retrouve-t-on toutes dans les relations d'amour virtuelles ? Plus encore, quelle vision de l'amour le virtuel pousse-t-il à adopter ?