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La Dame et la Licorne
Willems Sandrine
IMPRESSIONS NOU
6,00 €
Épuisé
EAN :9782906131293
Moi aussi j'ai pâli, durant ces nuits où l'on veille des morts, qui nous rendent plus humbles. Or je fus presque reine. Mais en ce temps, les noms de reines importaient aussi peu que ceux des artisans. Qui sait encore, voyant mes tapisseries, que je m'appelle Marguerite. Les reines-marguerites, c'est comme les reines-claudes, ça reste, quoi qu'il arrive, flore des bois. Ça ne porte pas fraise, mais simple col de dentelle. Ça naît entre quelques dentelles, d'une petite ville nommée Bruxelles, ça devrait s'appeler Marguerite de Bruxelles, moi j'aurais bien aimé, puisque les Marguerite étaient alors fleurs trop communes pour ne pas préciser d'où elles venaient. Mais on ne fait pas ce qu'on veut quand on est fille d'empereur. Si ce dernier règne en Autriche, on héritera du nom de son pays. Je fus donc dite d'une contrée où jamais je n'habitai. "
Résumé : Si l'on a parfois souligné la parenté entre les "extases" mystiques et les états que visent toxicomanes ou alcooliques, on a peu interrogé le fond religieux, et l'insistance des questions métaphysiques, qui peuvent se révéler chez ceux-ci. Il ne s'agit pas ici de proposer une quelconque théorie, mais plutôt d'écouter les questions qui surgissent de parcours d'existence, et de leur rencontre avec une psy qui conçoit la "thérapie" comme une création partagée. Dans une polyphonie de singularités, les sujets s'y inventent comme s'ils construisaient un roman, se découvrent au fil d'improvisations théâtrales, s'ouvrent à des échanges collectifs ? où se déploie leur désir de reliance.
Résumé : En devenant psy, auprès de toxicomanes et d'alcooliques, qui par leur détresse et leur méfiance en appellent à un engagement assez radical, je découvris une forme de cet amour "élargi", pouvant accueillir "n'importe qui", auquel j'avais toujours aspiré. Dans le même temps, à relire tout ce que j'avais gardé, depuis mes dix ans, de mes correspondances et mes notes, j'en vins à réinterroger ma façon d'aimer. Or toujours c'était la même question, taraudante, sur ce qui peut mener un amour amoureux à devenir "religieux" - adorant, à travers un être, ce qui le dépasse. Entre essai et "journal spirituel", au fil d'une pensée qui se compose par fragments, ces Carnets de l'autre amour sont la trace de telles interrogations, sur ce qui relie, différencie, nourrit mutuellement, amour "thérapeutique", érotique et mystique.
Maria Malibran fut une chanteuse du début du XIXe siècle, à la voix fabuleuse, qui s'illustra surtout dans les oeuvres de Rossini, Bellini et Donizetti. Elle connut un immense succès, au cours de ses nombreuses tournées, qui lui firent traverser le monde. Sa vie tumultueuse contribua aussi à sa légende, et celle-ci s'éleva au mythe lorsque la jeune femme mourut, à vingt-huit ans, d'une chute de cheval. Elle attendait alors un enfant. C'est à lui qu'elle s'adresse ici: "Je n'aimais plus chanter. Peut-être même n'ai-je jamais aimé. Tout au plus écouter la voix des autres. Et encore. Je sentais trop l'effort, derrière la beauté. Et la souffrance. Pour le pêché originel, on dit que Dieu a condamné la femme à accoucher dans la douleur. Mais il l'a aussi condamnée à chanter. Sa joie, ainsi, ne serait jamais sans souffrance. La musique pure, ça c'est la part des anges."
Une femme revoit sa vie comme une traversée de déserts: ceux du monde où elle a tant marché, celui de sa solitude incurable, et puis cet hôpital où elle travaille auprès d'enfants qui guérissent ou bien meurent. Elle aussi, dans son enfance, fut malade et crut qu'elle allait mourir. D'ailleurs sa propre mère est morte en lui donnant la vie. De quoi se sentir à jamais coupable de vivre - et de survivre encore, à soixante ans, à ces enfants. Mais un jour arrive à l'hôpital une jeune fille venue des oasis, et puis une autre, Touarègue, venant du désert des déserts. Et entre elles remontent ces chants du désert où la beauté s'élève du rien, et où la mort s'entrelace à la vie...
Au premier abord, tout semble opposer le monde créé par Brassens à travers quelque 300 chansons et celui où évoluent Tintin et ses compagnons au long des 24 albums. L'univers des chansons est rèvé, légendaire, celui des Aventures est concret, comme une copie du réel. La poésie et la folie planent sur l'oeuvre du premier tandis que le petit reporter est immergé dans l'action. Brassens est un spectateur distancié, Tintin un aventurier engagé. L'un, amoureux des femmes, parle cru, l'autre, asexué, ignore le désir. Anticonformisme et anticléricalisme d'un côté, valeurs boy-scouts chrétiennes de l'autre. Et pourtant... Ces deux créations majeures du XXe siècle séduisent des publics communs. Est-ce seulement dù à l'immense talent de leurs démiurges ou à leur contemporanéité - 1921-1981 pour Brassens, 1907-1983 pour Hergé - qui suffirait à engendrer une connivence générationnelle et culturelle ? Ce livre démontre qu'une telle explication ne suffit pas : il existe des analogies, voire des affinités entre ces oeuvres apparemment si dissemblables. Contrairement à ce que pourrait laisser penser une approche superficielle, les "philosophies de vie" des personnages mis en scène par Georges Brassens et Georges Remi sont loin d'ètre incompatibles. Grâce à une analyse approfondie des récits du poète sétois et du dessinateur belge, Renaud Nattiez met en évidence des correspondances surprenantes, des similitudes insoupçonnées. Deux mondes parallèles, au double sens du mot : ils ne se confondent pas, ils ne se rejoignent pas, mais ils évoluent dans la mèmc direction comme si, au fil des ans1 Brassens s'était rapproché de Tintin et Tintin de Brassens. Renaud Nattiez est né entre Mouhnsart et Sète, lorsque Tintin s'apprétait a marcher sur la Lune et Brassens à enregistrer son premier disque. Le premier lui a donne le gout de l'ailleurs, le second celui du jeu avec les mot, de la langue française. L'auteur a publié Le Mystère Tintin (2016), Le Dictionnaire Tintin (2017), Les Femmes dans le monde de Tintin (2018). Ancien élève de l'ENA, ex-diplomate, il est docteur en économie.
Malgré la résistance de Roland Barthes à l'histoire littéraire et à la logique séculaire que l'école imposait, le XIXe siècle constitue dans son oeuvre un pivot, dont on ne peut se débarrasser à si bon compte, et sur lequel il bute dès qu'il veut construire certains de ses objets d'élection : une histoire des "écritures", une histoire des "mythologies". Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ses rapports à ce siècle repère furent multiples et parce que, tout au long de sa carrière, ils n'ont cessé d'évoluer. Siècle amical lors de son adolescence, plutôt mal vu au temps de la "nouvelle critique" structuraliste, le XIXe siècle rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand. La place qui leur revient a été ici donnée aux principaux auteurs de prédilection : Balzac, Chateaubriand, Stendhal, Flaubert, sans oublier Michelet, un auteur qui pourtant "n'était pas son genre". Mais ont été prises en compte aussi des affinités plus partielles (Baudelaire, Nietzsche), voire bien plus ambiguës (Zola). Plus qu'une étude raisonnée, ce volume propose donc une approche en mosaïque des amours et désamours du lecteur et de l'auditeur pour certains créateurs, certaines oeuvres, parfois même pour de simples phrases qui façonnent une oeuvre et un imaginaire critique. Mais il dessine en fin de compte un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, mais aussi à sa musique, à sa philosophie et à son histoire.
Un béret peut changer une vie. Devenu conscrit (à l'époque du roman, il y en avait encore), notre jeune héros se retrouve plongé de but en blanc dans un ennui kaki, qui lui laisse quand même la possibilité de vaquer à ses pensées les plus noirâtres. Car celles-ci s'entortillent autour des idées de la mort (laquelle fera bientôt irruption dans sa jeune vie), de la guerre (en revêtant un béret, il songe inévitablement à la guerre de son père), de l'amour (l'inaccessible Hanska), de l'immigration (son mineur de père arrivé en Belgique juste après la guerre), des eaux troubles du passé (l'Italie fasciste)... Mais le héros emporte avec soi aussi de quoi lire : un Jules Verne et un vieux carnet ayant appartenu à son père. L'un et l'autre vont l'aider à voir plus clair dans ces eaux où il risque de se perdre. Pour percer la houle, ces deux véhicules donc : les Vingt mille lieues, mais aussi ce vieux carnet aux pages toutes noircies d'une écriture gribouillée, serrée, presque illisible : celle de son père ?