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CARNETS DE L'AUTRE AMOUR
WILLEMS SANDRINE
IMPRESSIONS NOU
17,00 €
Épuisé
EAN :9782874492044
En devenant psy, auprès de toxicomanes et d'alcooliques, qui par leur détresse et leur méfiance en appellent à un engagement assez radical, je découvris une forme de cet amour "élargi", pouvant accueillir "n'importe qui", auquel j'avais toujours aspiré. Dans le même temps, à relire tout ce que j'avais gardé, depuis mes dix ans, de mes correspondances et mes notes, j'en vins à réinterroger ma façon d'aimer. Or toujours c'était la même question, taraudante, sur ce qui peut mener un amour amoureux à devenir "religieux" - adorant, à travers un être, ce qui le dépasse. Entre essai et "journal spirituel", au fil d'une pensée qui se compose par fragments, ces Carnets de l'autre amour sont la trace de telles interrogations, sur ce qui relie, différencie, nourrit mutuellement, amour "thérapeutique", érotique et mystique.
Une femme revoit sa vie comme une traversée de déserts: ceux du monde où elle a tant marché, celui de sa solitude incurable, et puis cet hôpital où elle travaille auprès d'enfants qui guérissent ou bien meurent. Elle aussi, dans son enfance, fut malade et crut qu'elle allait mourir. D'ailleurs sa propre mère est morte en lui donnant la vie. De quoi se sentir à jamais coupable de vivre - et de survivre encore, à soixante ans, à ces enfants. Mais un jour arrive à l'hôpital une jeune fille venue des oasis, et puis une autre, Touarègue, venant du désert des déserts. Et entre elles remontent ces chants du désert où la beauté s'élève du rien, et où la mort s'entrelace à la vie...
Il put donc reprendre sa monture, Matteo, et le chemin de sa Camargue, puis se remettre à surveiller ses taureaux et ses chevaux - comme là-haut, dans le Luberon, son ami, fût-ce en rêve, épiait cette femme, qui épiait un homme, qui épiait des cerfs - sous le regard du Seigneur, et plus haut encore du Mourre Nègre, qui les embrassait tous."Autant de solitudes que d'êtres", songeait Mahieu, suivant des yeux son ami qui s'éloignait, chacun retournant à son silence."Mais par-delà, comme sur des vignes, Dieu ne veille-t-Il sur nous?"Car avec le Ciel, du moins, il tentait d'être en paix, le vigneron, laissant son Maître, en son Fort de Morias, à ses impiétés, le braconnier à ses angoisses, et Mauve à son adoration. Et comme celle-ci, à se brûler les yeux, contemplait le soleil levant, il alla regarder, afin d'y voir plus clair, entre son rosier, ses arbres et sa chèvre, l'astre qui se couchait."
Moi aussi j'ai pâli, durant ces nuits où l'on veille des morts, qui nous rendent plus humbles. Or je fus presque reine. Mais en ce temps, les noms de reines importaient aussi peu que ceux des artisans. Qui sait encore, voyant mes tapisseries, que je m'appelle Marguerite. Les reines-marguerites, c'est comme les reines-claudes, ça reste, quoi qu'il arrive, flore des bois. Ça ne porte pas fraise, mais simple col de dentelle. Ça naît entre quelques dentelles, d'une petite ville nommée Bruxelles, ça devrait s'appeler Marguerite de Bruxelles, moi j'aurais bien aimé, puisque les Marguerite étaient alors fleurs trop communes pour ne pas préciser d'où elles venaient. Mais on ne fait pas ce qu'on veut quand on est fille d'empereur. Si ce dernier règne en Autriche, on héritera du nom de son pays. Je fus donc dite d'une contrée où jamais je n'habitai. "
Maria Malibran fut une chanteuse du début du XIXe siècle, à la voix fabuleuse, qui s'illustra surtout dans les oeuvres de Rossini, Bellini et Donizetti. Elle connut un immense succès, au cours de ses nombreuses tournées, qui lui firent traverser le monde. Sa vie tumultueuse contribua aussi à sa légende, et celle-ci s'éleva au mythe lorsque la jeune femme mourut, à vingt-huit ans, d'une chute de cheval. Elle attendait alors un enfant. C'est à lui qu'elle s'adresse ici: "Je n'aimais plus chanter. Peut-être même n'ai-je jamais aimé. Tout au plus écouter la voix des autres. Et encore. Je sentais trop l'effort, derrière la beauté. Et la souffrance. Pour le pêché originel, on dit que Dieu a condamné la femme à accoucher dans la douleur. Mais il l'a aussi condamnée à chanter. Sa joie, ainsi, ne serait jamais sans souffrance. La musique pure, ça c'est la part des anges."
Qui était " René avant Magritte " ? Une énigme, que personne, jusqu'ici, n'avait cherché à éclaircir. C'est ce qu'a voulu découvrir Jacques Roisin, au cours de l'investigation qu'il a menée pendant treize années (de 1985 à 1998), en rencontrant les témoins encore vivants de la jeunesse du peintre et en fréquentant les lieux de ses vingt-huit premières années. Le compte-rendu de ce travail colossal de recherche a été rédigé sur le ton d'une enquête policière. Le récit nous fait revivre, dans le cadre du " Pays noir " de Charleroi puis à Bruxelles, ses frasques cruelles avec ses frères, sa fascination pour les images, ses lectures et ses séances de cinéma muet, les circonstances du suicide de sa mère - tout ce passé dont le peintre refusera toujours de parler - et, enfin, sa rencontre avec un peintre dans un cimetière et le choc de la découverte du Chant d'amour de Giorgio de Chirico. Tout au long de ce livre, vivant comme un reportage, passionnant comme un roman, apparaît en filigrane l'esprit subversif d'un " Ceci n'est pas une pipe ", véritable manifeste surréaliste, en germe dans l'enfance et la jeunesse turbulentes de René Magritte. Les innombrables témoignages de première main, recueillis auprès de ceux qui ont bien connu le jeune René, étayent l'enquête de terrain et permettent d'éclairer d'un jour totalement nouveau une oeuvre qui ne cesse de nous interpeller. De nombreux documents iconographiques, eux-mêmes inédits, concernant René, sa famille, son quartier, les lieux et les gens qu'il a fréquentés, enrichissent l'intérêt de la lecture. Le portrait de René minutieusement recomposé par Jacques Roisin nous apparaît comme la face cachée du peintre Magritte.
Gotlib nous a quittés le 4 décembre 2016. Sa disparition a suscité une cascade d'articles dans la presse, montrant bien l'impact que son oeuvre a eu sur au moins deux générations de lecteurs. Le fait que tous ses livres soient disponibles et constamment réédités en est un autre témoignage sûr. Cependant la littérature secondaire disponible sur Gotlib n'est pas à la hauteur de l'immense humoriste et rénovateur de la bande dessinée qu'il a été. On trouve surtout des recueils d'hommages, des écrits de circonstance et des approches biographiques, mais finalement peu de travail critique. La forme de l'Abécédaire est particulièrement appropriée pour tenter d'embrasser la totalité d'une oeuvre très dispersée, qui a connu des périodes très différentes, des supports de publication multiples, et qui comprend plusieurs collaborations importantes - sans oublier que Gotlib n'a pas été seulement un auteur, mais aussi un directeur de magazine, mentor de toute une génération de dessinateurs. Richement illustré, cet Abécédaire composé de soixante-neuf articles décrit l'oeuvre de Gotlib en étendue, en retraçant la généalogie et le caractère propre de tous ses personnages importants, et l'interroge dans ses dimensions narrative, comique, graphique, sociologique, transgressive, autobiographique, psychanalytique, voire politique.
Peeters Benoît ; Schuiten François ; Rosset Franço
La Maison d'Ailleurs, musée de la science-fiction, de l'utopie et des voyages extraordinaires d'Yverdon-les-Bains (Suisse), présente une grande exposition : "MONDES imPARFAITS. Autour des Cités obscures de Schuiten et Peeters", du 17 novembre 2019 au 25 octobre 2020. Ce livre en est le prolongement et l'approfondissement, autour des notions d'utopie et de dystopie. L'acte de naissance officiel de l'utopie est la publication en 1516 du récit Utopia de l'humaniste anglais Thomas More. Il y met en scène un monde autre dans lequel les êtres humains sont postulés comme heureux, en raison d'une organisation socio-politigue novatrice. Mais la dernière phrase d'Utopia laisse entendre que cette cité devrait rester au rang de "souhait", c'est-à-dire de modèle à ne surtout pas réaliser. En effet, dès que l'on se met a raconter, de l'intérieur, ce qui se passe en utopie, la cité supposée parfaite exprime sa dimension aliénante et se transforme en dystopie. Du Meilleur des mondes et 1984 à Blade Runner, La Servante écarlate et Black Minor, les dernières décennies ont vu se multiplier de tels récits, en littérature, au cinéma et ailleurs. "MONDES imPARFAITS" propose une synthèse solide sur le sujet, agrémentée de nombreux documents et de dessins rares ou inédits des Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters.