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CHARDIN ET LE LIEVRE
WILLEMS SANDRINE
IMPRESSIONS NOU
7,00 €
Épuisé
EAN :9782874490149
Devant ce petit corps presqu'encore chaud, et frémissant, j'eus l'impression d'avoir tué, une seconde fois, le lapin de mes six ans. Il fallait maintenant tenter de me racheter. Le reste de ma vie, je le consacrerais à peindre des lapins. Des lapins morts, Monsieur le métaphysicien, à qui votre métaphysique retire jusqu'à l'âme, pour ne leur laisser qu'une charogne. Or les peintres animaliers veulent bien représenter des lièvres, mais s'ils gambadent, s'ils remplissent les coins de verdure dont on ne sait que faire, et répandent à la Cour un parfum de nature. Mais les autres, les morts, qu'on les mange, et qu'on n'en parle plus. A moins qu'on ne les présente sur un plateau d'argent, des airelles sur la tête et du persil dans les oreilles, comme s'ils frétillaient du plaisir d'être, là, et d'exciter l'appétit de ces mangeurs étranges, qui se nourrissent de tableaux. "
Résumé : Mais lorsque le Yéti se retourna vers moi, les larmes avaient lavé ses yeux de toute férocité. Il dut penser que je ressemblais un peu à ses petits. Il s'agenouilla près de moi, et au lieu de m'étrangler, se mit à m'épouiller. Or cette première marque de tendresse, des mères envers leurs bébés, est celle aussi qui en fait de vrais singes. Et tandis qu'il farfouillait dans mes cheveux - sans y trouver grand-chose, car il faisait trop froid pour les poux - il approcha sa bouche, qui n'avait rien d'une gueule, de mon oreille. Et il la lécha, doucement, et moi je comprenais, peu à peu, que ce n'était pas pour y goûter : le Yéti me donnait son premier baiser.
Résumé : Il y eut même parfois entre nous une sorte de complicité. Celle-ci nous vint surtout de ses chiens ; avec eux seuls le professeur s'abandonnait. Il en avait deux, absolument pareils, comme trahissant son regret de n'avoir pas rencontré son double. Leurs caractères, cependant, différaient. L'un aimait jouer, et Freud le retrouvait, quand il sortait de son cabinet, pour se distraire un peu. Mais l'autre était son éminence grise. Pendant les séances d'analyse, il se tenait aux pieds du professeur, réagissant à tout ce qu'il entendait. Et s'il dressait l'oreille, Freud était averti que le propos devenait crucial ; s'il gémissait, que la souffrance du patient se faisait insupportable. Quand j'étais là, il reniflait fréquemment le tapis - diagnostiquant ainsi une névrose obsessionnelle. Pour les hystériques, je suppose qu'il remuait la queue, et grognait pour les paranoïaques. Quoi qu'il en fût, le professeur se fiait à son jugement. Il savait trop que le talent du plus grand praticien jamais n'égalerait le flair d'un chien.
Résumé : En devenant psy, auprès de toxicomanes et d'alcooliques, qui par leur détresse et leur méfiance en appellent à un engagement assez radical, je découvris une forme de cet amour "élargi", pouvant accueillir "n'importe qui", auquel j'avais toujours aspiré. Dans le même temps, à relire tout ce que j'avais gardé, depuis mes dix ans, de mes correspondances et mes notes, j'en vins à réinterroger ma façon d'aimer. Or toujours c'était la même question, taraudante, sur ce qui peut mener un amour amoureux à devenir "religieux" - adorant, à travers un être, ce qui le dépasse. Entre essai et "journal spirituel", au fil d'une pensée qui se compose par fragments, ces Carnets de l'autre amour sont la trace de telles interrogations, sur ce qui relie, différencie, nourrit mutuellement, amour "thérapeutique", érotique et mystique.
Résumé : Le texte commence au moment où l'auteur décide de mettre fin à sa carrière de psychothérapeute. Elle doit apprendre à faire le deuil de ses patients, du sens qu'elle avait donné à sa vie ainsi que de la ville où elle a longtemps vécu : Nice. Ces décisions interviennent au moment de l'attentat du 14 juillet, ce qu'elle ne peut s'empêcher de voir comme un signe... Un texte délibérément inclassable, passant avec désinvolture du récit à la poésie, de l'intime à la métaphysique, et de Deleuze aux penseurs de l'Inde ancienne.
Résumé : Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le camp de concentration de Stutthof, une femme du nom de Flora dirigeait un théâtre de pain. Avec une partie de sa maigre ration, elle modelait de petites figurines. Le soir, en cachette dans les toilettes, elle et quelques prisonnières animaient ces acteurs de mie devant des spectateurs affamés et promis au massacre. Où qu'il soit, quelle que soit l'époque, l'être humain est entouré d'histoires et a besoin d'histoires. Cela lui est aussi vital que l'oxygène. Depuis plus de vingt ans, il existe un livre qui parle de ce besoin : La Dramaturgie d'Yves Lavandier. Un livre devenu culte dans les milieux professionnels. La Dramaturgie se présente comme l'équivalent contemporain de La Poétique d'Aristote. C'est donc un traité sur les mécanismes du récit, leur raison d'être et leur signification. Mais alors que le philosophe n'avait que les pièces grecques pour illustrer son ouvrage, Yves Lavandier peut s'appuyer sur un répertoire beaucoup plus riche, puisant ses nombreux exemples dans le théâtre, le cinéma, la télévision, les contes et la bande dessinée. La Dramaturgie fait aujourd'hui l'objet d'une nouvelle édition aux Impressions Nouvelles. Yves Lavandier a révisé son livre pour l'occasion. Il s'adresse en priorité aux dramaturges et aux scénaristes (débutants comme professionnels), mais il intéressera tous les partenaires des arts du récit, acteurs, producteurs, metteurs en scène, dessinateurs, et même les spectateurs curieux de mieux comprendre le théâtre, le cinéma ou la bande dessinée, et les rapports que ces arts entretiennent avec la vie.
Au premier abord, tout semble opposer le monde créé par Brassens à travers quelque 300 chansons et celui où évoluent Tintin et ses compagnons au long des 24 albums. L'univers des chansons est rèvé, légendaire, celui des Aventures est concret, comme une copie du réel. La poésie et la folie planent sur l'oeuvre du premier tandis que le petit reporter est immergé dans l'action. Brassens est un spectateur distancié, Tintin un aventurier engagé. L'un, amoureux des femmes, parle cru, l'autre, asexué, ignore le désir. Anticonformisme et anticléricalisme d'un côté, valeurs boy-scouts chrétiennes de l'autre. Et pourtant... Ces deux créations majeures du XXe siècle séduisent des publics communs. Est-ce seulement dù à l'immense talent de leurs démiurges ou à leur contemporanéité - 1921-1981 pour Brassens, 1907-1983 pour Hergé - qui suffirait à engendrer une connivence générationnelle et culturelle ? Ce livre démontre qu'une telle explication ne suffit pas : il existe des analogies, voire des affinités entre ces oeuvres apparemment si dissemblables. Contrairement à ce que pourrait laisser penser une approche superficielle, les "philosophies de vie" des personnages mis en scène par Georges Brassens et Georges Remi sont loin d'ètre incompatibles. Grâce à une analyse approfondie des récits du poète sétois et du dessinateur belge, Renaud Nattiez met en évidence des correspondances surprenantes, des similitudes insoupçonnées. Deux mondes parallèles, au double sens du mot : ils ne se confondent pas, ils ne se rejoignent pas, mais ils évoluent dans la mèmc direction comme si, au fil des ans1 Brassens s'était rapproché de Tintin et Tintin de Brassens. Renaud Nattiez est né entre Mouhnsart et Sète, lorsque Tintin s'apprétait a marcher sur la Lune et Brassens à enregistrer son premier disque. Le premier lui a donne le gout de l'ailleurs, le second celui du jeu avec les mot, de la langue française. L'auteur a publié Le Mystère Tintin (2016), Le Dictionnaire Tintin (2017), Les Femmes dans le monde de Tintin (2018). Ancien élève de l'ENA, ex-diplomate, il est docteur en économie.
Malgré la résistance de Roland Barthes à l'histoire littéraire et à la logique séculaire que l'école imposait, le XIXe siècle constitue dans son oeuvre un pivot, dont on ne peut se débarrasser à si bon compte, et sur lequel il bute dès qu'il veut construire certains de ses objets d'élection : une histoire des "écritures", une histoire des "mythologies". Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ses rapports à ce siècle repère furent multiples et parce que, tout au long de sa carrière, ils n'ont cessé d'évoluer. Siècle amical lors de son adolescence, plutôt mal vu au temps de la "nouvelle critique" structuraliste, le XIXe siècle rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand. La place qui leur revient a été ici donnée aux principaux auteurs de prédilection : Balzac, Chateaubriand, Stendhal, Flaubert, sans oublier Michelet, un auteur qui pourtant "n'était pas son genre". Mais ont été prises en compte aussi des affinités plus partielles (Baudelaire, Nietzsche), voire bien plus ambiguës (Zola). Plus qu'une étude raisonnée, ce volume propose donc une approche en mosaïque des amours et désamours du lecteur et de l'auditeur pour certains créateurs, certaines oeuvres, parfois même pour de simples phrases qui façonnent une oeuvre et un imaginaire critique. Mais il dessine en fin de compte un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, mais aussi à sa musique, à sa philosophie et à son histoire.