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Reuben
Wideman John-Edgar
GALLIMARD
21,70 €
Épuisé
EAN :9782070732340
Comment sauver de l'oubli ceux qui sont morts ou emprisonnés, ceux dont les cendres sont dispersées au vent ? Comment rassembler les fragments épars et reconstituer la vie ? Ce texte d'une rare violence mélange l'argot, l'obscénité et un lyrisme visionnaire pour restituer ce qui est l'objet même de la quête de Reuben : le mouvement de la vie. Reuben, petit avocat bossu, règle les affaires des pauvres de Homewood, le quartier ghetto de Pittsburg rendu légendaire par les premiers romans de John Edgar Wideman. Dans sa vieille caravane "sortie du sol avec les mauvaises herbes qui l'entourent", cet infirme ayant vécu plusieurs vies, passionné par les mythes égyptiens de la résurrection et les clichés du photographe Muybridge, est une figure de mystère au centre de ce roman en forme de rêverie. Kwansa, ancienne droguée à la recherche de son fils ; Wally, sélectionneur de l'équipe de basket d'une université de la côte Est ; M. Tucker, ouvrier naïf qui accepte de travailler pour les pilleurs de maisons ; ou Flora, la prostituée noire aimée de Reuben, qui mourut brûlée dans un incendie... Tous, ou presque, ressentent le besoin de venir à la caravane de Reuben pour dépasser leur quotidien de violence, de pauvreté et de prostitution, et rejoindre Reuben au-delà de la vengeance.
Résumé : Dans le quartier noir de Pittsburgh, l'amour est une promesse de deuil. Et Kassima, qui a perdu son mari et ses fils, se dérobe à l'homme qui l'aime et qu'une violence fratricide pourrait lui arracher. C'est compter sans la présence derrière le mur de M. Mallory, le vieillard sans âge qui porte en lui la mémoire d'un peuple, et qui lutte contre la mort et l'éphémère, photographiant des vies sacrifiées pour leur offrir une image digne. Dans cet oratorio blues à trois voix, Wideman mêle les destins, les lieux et les époques, de Pittsburgh à Philadelphie, de l'Italie libérée aux ghettos opprimés, saisissant l'épaisseur du réel et de la mémoire par un regard intense, dont la rage n'a d'égale que la vigueur poétique. Et son souci de la beauté, la sensualité de son écriture transforment ce requiem en célébration obstinée de la vie, en chant de résistance. Convoquant les paysages et les motifs qui lui sont chers, il nous offre l'aboutissement d'une oeuvre qui compte aujourd'hui parmi les plus hautes de la littérature américaine.
Né en 1941 dans une dynastie de Homewood, le ghetto noir de Pittsburgh, John se souvient. De son enfance, mais surtout de la génération précédente: Carl le peintre prometteur, son grand amour Lucy, et Brother Tate, le "nègre albinos", pianiste autodidacte et génial. "Trois mousquetaires" qui auraient pu connaître le bonheur et la réussite artistique si la guerre n'en avait décidé autrement. Et le récit, éclaté, onirique et incantatoire, remonte plus loin encore, jusqu'à d'autres figures mythiques et tragiques de ce quartier maudit, évoquant non seulement tout le vingtième siècle, mais cent cinquante ans de vie afro-américaine. "Les vies passées vivent en nous, à travers nous." De fait, la mémoire est au c?ur du projet de Wideman: comment transmettre le souvenir des morts et en même temps, malgré la douleur, aller de l'avant? Avec le blues pour modèle, ce livre déchirant, d'une grande musicalité, apporte une réponse miraculeuse, dépassant le deuil pour affirmer, malgré tout, la beauté de vivre. Après Damballah et Où se cacher, Le rocking-chair qui bat la mesure vient clore la "trilogie de Homewood", Ce triptyque, dont chaque volet peut se lire de façon autonome, constitue un sommet absolu de la littérature contemporaine. Biographie: Né à Washington en 1941, John Edgar Wideman a passé sa jeunesse à Homewood, le quartier noir de Pittsburgh. Diplômé de l'Université de Pennsylvanie, il a également étudié à Oxford. Il a obtenu à deux reprises le PEN/Faulkner Award. Outre la "trilogie de Homewood", ont paru aux Éditions Gallimard Reuben, L'incendie de Philadelphie, Le massacre du bétail et Deux villes.
Résumé : A l'âge de quatorze ans, John Edgar Wideman découvre dans la presse américaine une photo du visage mutilé d'Emmett Till. Tout comme Wideman, ce dernier est âgé de quatorze ans, et tout comme Wideman, c'est un Noir américain. Cette image ne cessera de le hanter. En 1955, Emmett Till prend le train à Chicago pour rendre visite à sa famille dans le Mississippi. Accusé d'avoir sifflé une femme blanche, l'adolescent noir est kidnappé et assassiné. Ses meurtriers, blancs, seront acquittés. Resurgit en effet durant leur procès le fantôme du père d'Emmett, Louis Till, enrôlé dans l'armée américaine à la fin de la Seconde Guerre mondiale et jugé puis exécuté pour viol en 1945. Tel père tel fils, considère le jury, aussi blanc que les accusés. Habité par ce fait divers qui a marqué l'Amérique, l'auteur décide d'enquêter sur les circonstances douteuses de cette exécution. Il en fait ressortir les zones d'ombre et tente de combler le silence de Louis Till. Faits historiques, éléments autobiographiques et fictifs s'entrelacent pour former un récit aussi personnel qu'actuel, auscultant une société américaine rongée par l'injustice et la violence.
Ce livre, sa langue, ses mots, les voix qui le composent, sont nés de la tentative que j'ai faite de capter ce qui s'est amorcé entre mon frère et moi il y a quatre ans : le désir nous est venu de parler de nos vies. Pour connaître l'histoire de mon frère Robby, je suis allé le voir en prison et j'ai écouté ce qu'il avait à dire. J'ai pris des notes puis, quelque temps plus tard, après avoir digéré ses paroles, mais avant qu'elles ne s'effacent, je me suis attelé à coucher sur le papier ce que j'avais appris. J'ai lu de nombreux livres sur les prisons et les détenus, j'ai bavardé pendant de longues heures avec les membres de ma famille, j'ai étudié les minutes du procès, les coupures de presse et les rapports de police afin de m'informer et d'étayer les faits. Sans nier l'apport de ces sources, j'assume la pleine responsabilité de ce récit - où se mêlent la mémoire, l'imagination, les émotions et la réalité - qui reconstitue le tragique enchaînement de circonstances qui causa la mort d'un jeune homme et en jeta trois autres en prison pour la vie."
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.