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Des morts vivants
White Patrick
GALLIMARD
27,90 €
Épuisé
EAN :9782070717910
Quatrième de couverture Dans ce roman de jeunesse, Patrick White donne libre cours à la fascination qu'a exercée sur lui l'Angleterre où il a passé de longues années.Le personnage principal du roman, plus encore que son héroïne, est le Londres du début du siècle jusqu'aux approches de la Seconde Guerre mondiale, un Londres vu dans la diversité de ses quartiers.Mrs Standish, jeune institutrice, se marie «au-dessus de sa classe» et devient, jusqu'au faux pas final, un modèle du respect des convenances ; le démon de midi se présente sous la forme d'un séduisant saxophoniste qui l'entraîne, hors de son salon vieillot, dans un monde où les règles de la respectabilité n'ont plus cours.L'impressionnisme décrit assez bien le style de cette œuvre, par la volonté constante de traduire en images les réactions les plus subtiles des acteurs : images toujours originales, parfois mystérieuses, allusions à des sensations, des souvenirs que le lecteur doit être suffisamment attentif pour identifier, mais qui contribuent à suggérer le mystère des êtres, parfois impénétrable, même pour eux-mêmes.
Résumé : Il s'agit moins d'une autobiographie que d'un autoportrait : le récit ne respecte la chronologie qu'en s'accordant une assez grande liberté. On retrouve ici la démarche si souvent adoptée par le grand romancier australien dans ses ouvrages de fiction. Ainsi, cette public school dont il parle avec une amertume impitoyable est-elle en Australie, en Angleterre ? On hésite à se prononcer - puis tout s'ordonne dans la perspective de l'ensemble. Ce vagabondage de la mémoire, ces retours, ces retouches sont ceux d'un peintre (et Patrick White a toujours été passionné par la peinture, autant que par le théâtre), mais d'un peintre qui travaille longuement un coin de son tableau, quand le reste demeure à l'état d'ébauche. L'arbitraire qui peut frapper d'abord dans la place accordée à tel personnage est en soi-même un jugement. Nous voyons assez fugitivement le père, abondamment la mère, mais presque autant certains serviteurs familiers et, ce qui peut paraître soit un choix délibéré, soit un attrait irrésistible auquel cède le souvenir, se retrouve aussi bien dans les événements rapportés. Il serait naïf de s'étonner que personnes et paysages soient décrits selon l'importance relative qu'ils ont gardée dans la mémoire de cet écrivain d'humeur, ennemi du cliché. La Grèce qu'il parcourt, après la guerre, est comme vidée de tout site classique mais envahie par la vulgarité, la matière plastique et le béton. La présence humaine importe beaucoup plus pour ce promeneur du temps et de l'espace que les témoignages de l'Antiquité ; et c'est sans doute ce qui justifie la série de textes clôturant le livre, des prises de position à l'égard de la politique australienne, du théâtre, avec des portraits volontiers féroces. Règlement de comptes avec les autres et avec soi-même qui devrait passionner les lecteurs de l'ouvre romanesque en ce qu'il révèle, outre les conditions de sa naissance, les obsessions auxquelles il répond chez cet homme et qui a prêté beaucoup de lui-même à ses héros, mais sans jamais se révéler encore avec une aussi complète liberté. Franchise, intransigeance, découverte de soi à la faveur de sa propre création, finalement acte de gratitude envers la vie : une telle absence de complaisance est assez rare pour qu'on l'admire dans cette entreprise difficile qu'est un autoportrait.
Résumé : Elizabeth Hunter, âgée de quatre-vingt-six ans et qui fut riche, belle, adorée, gît sur son lit de bois de rose, aux portes de la mort. Trois infirmières, une gouvernante et une femme de ménage entourent la vieille momie qui règne encore sur elles et à qui elles sont liées par des fils divers, leur propre solitude, leur angoisse, la fascination de son opulence toujours présente. Au début du roman, le fils de Mrs Hunter, un acteur à peine sur le retour, sa fille, divorcée d'un prince français, dont les tailleurs Chanel ont vu des jours meilleurs, s'abattent sur la maison de Sydney dans le but plus ou moins avoué de s'approprier la fortune de leur mère. Telle est la trame de ce roman plein de richesse, de souvenirs, d'évocations, parmi lesquelles celle, capitale, du cyclone qui s'est autrefois abattu sur une île où Mrs Hunter se trouvait seule et dont l' "oeil", mer apaisée, cygnes au repos près du rivage, lui a révélé le calme et la pureté auxquels elle a toujours obscurément aspiré au cours de sa vie de prédatrice. Mais le sujet essentiel du livre est la solitude : qu'ils soient sur une scène le point de mire d'un public éclairé ou moqueur, qu'ils règnent sur d'immenses domaines ou vivent dans la pauvreté, qu'au plus intime des relations humaines, ils caressent un jeune corps sain ou lavent celui d'une moribonde, les êtres sont seuls.
Dès son enfance, Hurtle Duffield se sait voué à la tristesse irrémédiable de ne pouvoir éprouver des sentiments "normaux". Il est fasciné par l'incompréhensible et secrète splendeur du monde que son regard découvre jusque dans les plus secrètes difformités de la création. Il a six ans lorsque ses parents le vendent à des gens riches qui n'ont pu mettre au monde qu'une fille laide et bossue. A jamais meurtri par cet arrachement, il reste cependant tout aussi étranger à sa nouvelle famille qu'à la première et ne songe qu'à sa vocation : la peinture. Il a désormais accès à la culture, aux musées, il fait avec ses parents adoptifs un long voyage en Europe. A dix-sept ans, la Première Guerre mondiale lui fournit le moyen de disparaître. Il revient plus tard à Sydney, connaît des débuts difficiles, puis l'amertume de voir ses oeuvres achetées ppar des collectionneurs qui ne les comprennent pas. Beaucoup de femmes s'eprennent de lui, croyant voir en ce peintre distant et célèbre l'instrument de leur rédemption. Lui les aime comme il aime la terre, les plantes, le soleil ; ce qui le hante, c'est l'étincelle d'éternité emprisonnée dans les formes et les êtres. Il y a chez lui une aspiration au divin, doublée d'horreur pour la cruauté du Démiurge, qui sont les éléments caractéristiques de l'oeuvre de Patrick White. Hurtle finira sa vie auprès de Rhoda, la pseudo-soeur infirme de son enfance. Une même verve mordante, une même passion de la lucidité les ont rapprochés. Il meurt terrassé par une attaque au moment où il allait atteindre dans ses toiles le bleu parfait, l'indigo décisif auquel il identifie Dieu. Dieu, l'artiste, le grand Vivisecteur.
Un gentleman anglais et sa femme font naufrage, vers 1830, sur une plage des côtes australiennes. Les rescapés abordent sur une plage où ils sont massacrés par les indigènes. Seule Mrs Roxburgh est épargnée, mais c?est pour devenir l?esclave de la tribu. Elle partage pendant des mois la vie des sauvages, vêtue d?une ceinture de lianes où elle dissimule son alliance, avant d?être sauvée par un forçat évadé. De toutes les figures féminines si vivantes qu?on rencontre dans l??uvre du prix Nobel australien, Helen Roxburgh est peut-être la plus émouvante et la plus vraie. Outre le puissant intérêt du récit, ce roman offre le portrait d?une femme déchirée entre deux univers, la fidélité au souvenir d?un mari très civilisé et l?attachement à un être violent et frustre.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.