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Sagan et fils
Westhoff Denis
LGF
9,60 €
Épuisé
EAN :9782253174103
Lorsqu'elle me parlait de son enfance et de sa jeunesse, ma mère faisait toujours le tri dans ses souvenirs. Les épisodes tragiques d'un côté où ils demeuraient cachés, protégés de mes regards par une grande pudeur, et les moments de bonheur, les moments drôles, ceux qui pouvaient m'être révélés, de l'autre. Les moments tristes ou ennuyeux, car il dut bien y en avoir, elle ne me les racontait pas; la mémoire était sélective, disait-elle, et ne voulait bien garder que les souvenirs les plus heureux ou les plus étonnants. De ce fait, je n'eus de son enfance que des récits amusants. Et lorsqu'il lui arrivait de me raconter des épisodes qui pouvaient paraître graves, tous se rejoignaient par leur issue heureuse ou inattendue.Qu'il s'agisse des souvenirs des années de guerre et d'après-guerre, ou de ce qu'elle connut plus tard, bien plus tard, lorsque nous vivions ensemble, je pense que ma mère a toujours voulu me tenir à distance des événements les plus tragiques, les plus violents ou les plus tristes. Elle savait qu'elle ne pourrait pas me protéger de tout, mais il y avait certaines choses qu'elle considérait comme suffisamment choquantes pour ne pas les partager avec son fils. De manière générale, elle usait toujours de cette délicatesse qui consiste à ne jamais heurter, ne jamais blesser les gens avec des mots ou des idées. «Le malheur est indécent. Et, en plus, il ne vous apprend rien.» Lorsque j'eus onze ans, il y eut une terrible catastrophe au Salon du Bourget. Un Tupolev 144, la copie russe du Concorde, s'écrasa sur le village de Goussainville. J'étais à la maison avec ma mère et le hasard voulut que la télévision, pourtant toujours éteinte, fût allumée ce jour-là. Le journal télévisé annonça la nouvelle et prévint que des images de l'accident allaient être diffusées. Ma mère me pria alors instamment de sortir de la pièce.Bien que les Quoirez vécussent dans le Vercors - mon grand-père s'était vu confier la direction d'une usine dans le Dauphiné, en Isère, à Saint-Marcellin -, une région qui devint, avec les mouvements de Résistance qui s'y implantèrent, l'un des endroits les plus agités en France où se déroulèrent certains des épisodes dramatiques de la guerre, ma mère fut épargnée des pires violences et atrocités. Elle n'échappa cependant pas à la vision de ces femmes rasées que l'on exhiba dans les rues du village, à la Libération, et contre laquelle ma grand-mère s'insurgea en criant: «Vous n'avez pas le droit de faire ça, ce sont les mêmes procédés que les Allemands!» Elle comprit ce jour-là que le monde n'est pas tout blanc d'un côté et tout noir de l'autre. Mais le vrai choc de cet immédiat après-guerre, ce fut à Lyon, dans un cinéma de quartier, où elle découvrit avec effarement les premières images des camps de la mort. À compter de ce jour, elle ne laissa plus jamais dire de mal d'une minorité, d'une «race» ou d'un opprimé en sa présence. Je la vis un jour reconduire un invité à la porte de chez nous, poliment, parce qu'il avait médit d'un Juif. Quelque temps plus tard, nous étions à un dîner chez des gens et pour les mêmes raisons, je ne sais plus s'il s'agissait cette fois d'un Juif ou d'un Noir, elle se leva de table, prit son manteau, son sac, moi par la main, et sortit. C'est aussi à compter de ce jour qu'il ne fut plus question d'un quelconque rapprochement avec Dieu. Même si je pense que, d'une certaine manière, ma mère fut une sainte, elle était véritablement athée. Elle pensait, comme Faulkner, que ce n'était pas la religion mais bien «l'oisiveté qui engendre toutes nos vertus, nos qualités les plus supportables: contemplation, égalité d'humeur, paresse, laisser les gens tranquilles, bonne digestion mentale et physique...».
Résumé : La création d'un genre sur fond de règlements de compte. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le rap West Coast. Fin des années 1980, Los Angeles. Tout commence avec une bande d'amis venue du ghetto de Compton. Eazy-E, Ice Cube et Dr. Dre forment le groupe N. W. A (Niggaz With Attitudes) et définissent les bases d'un genre nouveau : le gangsta rap. Mais cette révolution culturelle s'accompagne d'une face sombre et, en coulisse, musiciens, producteurs, patrons de labels et trafiquants se livrent une guerre ouverte sous l'oeil d'une police californienne cynique et violente. C'est cette émulation créative sur fond de règlements de comptes que décrit le journaliste américain Ben Westhoff après cinq ans d'enquête. Une épopée urbaine où la musique, les drogues, la violence ont fusionné pour créer une nouvelle scène, un mouvement qui continue d'étendre son influence sur la jeunesse du monde entier. " Ben Westhoff a pris ce qui est toujours apparu comme un enchevêtrement quasi inextricable d'intrigues et de rebondissements dans le gangsta rap et en a fait un livre solide, sans faille. " Shea Serrano
Résumé : Voici ici rassemblées, pour la première fois, 99 chroniques (dont certaines jamais publiées depuis leur parution originale) que Françoise Sagan a écrites entre 1954, date de la sortie et du succès mondial de Bonjour tristesse, et 2003, un peu avant sa disparition. Dès 1954, Hélène Gordon-Lazareff, qui dirige alors le journal Elle, lui propose d'écrire des récits de voyage. Puis, L'Express l'envoie à Cuba, dans les salles obscures pour Hiroshima, mon amour d'Alain Resnais ou encore au procès de l'Algérienne Djamila Boupacha... Elle collabore ainsi avec de nombreux autres journaux : Femme, Le Nouveau Fémina, Playboy, L'Humanité, Globe, Vogue, Egoïste...
Résumé : Célèbre à dix-neuf ans, Françoise Sagan n'est pas seulement un écrivain populaire et un personnage qui hante les nuits parisiennes. Elle est l'image de l'après-guerre, d'une France libérée, d'une nouvelle vague brûlant les interdits, au style littéraire épuré et tranchant. Mais c'est au fils des succès en librairie que se construit le " mythe Sagan ". Une légende sulfureuse et réductrice...
Françoise Sagan est morte le 24 septembre 2004. Elle laisse une dette fiscale de plus d?un million d?euros et une oeuvre, composée d?une trentaine de romans et d?une dizaine de pièces de théâtre, sur le point d?être purement et simplement liquidée. Sagan est en passe de disparaître deux fois quand Denis Westhoff, son fils unique, décide, en 2006, d?accepter cette succession empoisonnée, hors norme. Un vrai parcours du combattant qui le conduit à repasser sur les traces de ce « charmant petit monstre », né sur la scène littéraire et médiatique en 1954 par la grâce de son premier roman, Bonjour tristesse.Il réalise alors que la femme publique que l?on a dit si prodigue avec son argent, aimant vivre dangereusement et de préférence à cent à l?heure, lui est longtemps restée inconnue. Lui a été aimé et élevé par une mère qui a pris soin de le protéger des éclats de sa légende d?écrivain-star. L?envie de remettre les points sur certains i, de dire les choses telles qu?il les a vues, entendues, et non pas telles qu?on a bien voulu les interpréter, grandit peu à peu en lui. En repassant par certains lieux, en se remémorant des anecdotes, des moments forts, gais ou douloureux, des conversations intimes, en dessinant les portraits de ceux qui ont vraiment fait partie du cercle Sagan, dont ses grands-parents Quoirez ou encore son père, l?anticonformiste Robert Westhoff, il éclaire d?une lumière totalement inédite l?une des figures majeures de la littérature française. Ce livre n?a pas pour ambition de dire la vérité sur Sagan, mais une vérité. Celle d?un fils qui ose enfin dire, avec bonheur et liberté, ce qu?il a vécu auprès d?une mère pas tout à fait comme les autres.
Cyrulnik Boris ; Bustany Pierre ; Oughourlian Jean
Résumé : On savait que le cerveau était l'entité la plus complexe de l'univers connu. Mais de récentes découvertes montrent que ses capacités sont bien plus étonnantes qu'on ne le croyait : non seulement le cerveau est élastique (âgé ou handicapé, il peut se reconstruire, apprendre, inventer) mais aussi social (il n'existe qu'en résonance avec d'autres). La combinaison de ces facultés laisse supposer que l'homme peut d'agir sur l'évolution de son cerveau. Patrice Van Eersel, rédacteur en chef du magazine Clés, présente ces recherches fascinantes sous la forme d'entretiens avec cinq médecins-chercheurs réputés (ethnologue, psychiatres, neurologue) : plasticité neuronale, nouvelles techniques d'imagerie cérébrale, mise en pratique des avancées des neurocognitivistes sur les moines en méditation, apport de la médecine orientale.
Présentation de l'éditeur « En amour, on croit être deux alors qu'on est trois. » Cinq nouvelles sur le mystère des sentiments inavoués. Une femme entretenue et gâtée par deux hommes qu’elle ne connaît pas. Un vieil homme qui se tue à la mort de son chien. Un mari qui rappelle constamment sa nouvelle femme au respect de l’époux précédent. Une mère généreuse qui se met à haïr un enfant. Un couple dont le bonheur repose sur un meurtre. Dans la lignée de Concerto à la mémoire d'un ange, de La rêveuse d'Ostende et d’Odette Toulemonde, Eric-Emmanuel Schmitt parle de l'amour sous toutes ses formes : conjugal, clandestin, paternel, filial, mais aussi, amour de l'art ou amour de l'humanité. À travers un suspense subtil et ensorcelant, il dévoile les secrets de plusieurs âmes pour déjouer la complexité du cœur humain.
Résumé : Quand, en septembre 1941, Bernie Gunther revient du front russe, la capitale du Reich a bien changé. Pénurie, rationnement, couvre-feu, crimes. Berlin rime avec misère et terreur. La découverte d'un cadavre sur une voie de chemin de fer puis l'agression d'une jeune femme précipitent Bernie, affecté au département des homicides de la sinistre Kripo, dans de nouvelles enquêtes criminelles. Invité par le général SS Reinhard Heydrich à le rejoindre à Prague pour démasquer un espion infiltré dans son entourage, Bernie est à peine arrivé qu'un des fidèles du Reichsprotektor de Bohême-Moravie est assassiné. Bernie doit trouver le coupable. et vite, s'il veut sauver sa peau. Philip Kerr réussit la prouesse de dépeindre avec minutie les quelques mois ayant précédé l'assassinat d'Heydrich. Terrifiant et palpitant. Macha Séry, Le Monde des livres.
Résumé : Le nom d'Alain-Fournier, pseudonyme d'Henri-Alban Fournier (1886-1914), reste attaché au Grand Meaulnes, roman publié en 1913. Mort le 2 septembre 1914, à la lisière du bois de Saint-Remy, il est l'auteur d'une oeuvre plus ample - correspondance, nouvelles, poèmes, chroniques et critiques - sur laquelle s'appuie Ariane Charton, nous donnant une image très vivante d'un écrivain marqué par son enfance campagnarde. Ami de Jacques Rivière. Alain-Fournier veut trouver la présence du monde au fond de l'âme et ne jamais la disjoindre de son idéal. Rêvant d'être marin "pour faire des voyages". affirmant "se jouer du monde avec la moindre de ses pensées", il ne voulait pas créer des personnages "moraux ou sympathiques, mais d'abord penser à les faire vivants".
« Ne perdez point ces précieux moments : la beauté passe, le temps s'efface, l'âge de glace vient à sa place, qui nous ôte le goût de ces doux passe-temps. Profitez du printemps de vos beaux ans, aimable jeunesse : profitez de vos beaux ans. Donnez-vous à la tendresse. » Sur Molière (1622-1673), on a tout dit et on ne sait presque rien. Ses manuscrits ont disparu, les lieux qu'il a habités ont été détruits, sa tombe même est incertaine. Qui a-t-il épousé, sa fille ou la soeur de sa bien-aimée, Madeleine Béjart ? Quelles furent ses relations avec son père, grand bourgeois de Paris dont il brisa le rêve de dynastie ? Quels étaient ses rapports avec Louis XIV, roi secret qu'il faisait danser sur scène ? Molière, effacé à la ville, truculent sur la scène, était avant tout un homme de théâtre : acteur, directeur de troupe et auteur.
Résumé : "J'affirme que le monde des sens est à l'origine de toute compréhension humaine." Marin, chasseur de phoques, boxeur, chauffeur, repasseur, mineur, correspondant de guerre, vagabond du rail, chômeur, clochard, Jack London (1876-1916) vécut dans sa courte existence plus de mille vies. Sa bibliographie, qui compte une cinquantaine de volumes, comprend des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre, des articles, des reportages, des discours enflammés au nom du socialisme. L'Appel de la forêt, Croc-Blanc, Construire un feu, Martin Eden, Le Talon de fer, autant de titres qui composent une ouvre dans laquelle l'autobiographie et le combat pour la vie occupent une place primordiale. A l'aube de sa quarante et unième année, consumé par tous les excès, il décide de mettre fin à ses jours en s'administrant une dose mortelle de morphine.
Résumé : Parti à l'aventure en Asie à vingt-deux ans, prix Goncourt avec La Condition humaine à trente-deux, héros de la lutte antifasciste dans l'entre-deux-guerres, chef d'une escadrille d'aviateurs pendant la guerre civile espagnole, ministre des Affaires culturelles du général de Gaulle, romancier, essayiste, orateur de génie... André Malraux (1901-1976) eut plusieurs vies, comme les chats qu'il aimait tant. Flamboyant, révolté mais hanté par la mort, il a traversé son siècle et sillonné le monde, avide de grandeur et de beauté. Fascinant et agaçant, pudique et ambitieux, fraternel et secret, Malraux fut l'artisan de sa propre légende et s'inventa un destin. On a souvent dit que sa vie était sa plus belle oeuvre. Et si ses livres étaient plus grands encore ?