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Le travail à-côté. Une ethnographie des perceptions, Edition revue et augmentée
Weber Florence
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713221729
Que font les ouvriers de leur temps libre? L'enquête est menée dans les années 198o, auprès des ouvriers d'une usine sidérurgique en milieu rural, à Montbard, en Côte-d'Or. "Travailler à côté": c'est ainsi que ces hommes désignent la gamme des activités qui les occupent une fois le portail passé - "bricoles" exécutées pour soi ou pour les siens, sans contrainte ni souci de gain, activités permettant d'arrondir les fins de mois aux limites de l'illégalité, ou encore maintien d'une exploitation agricole familiale. La nouvelle édition de cet ouvrage devenu un classique de l'ethnographie des sociétés occidentales s'accompagne d'une postface où l'auteur propose une vigoureuse défense de la scientificité de l'ethnographie et revient sur la clé de voûte de son travail: la perception socialisée. Qu'est-ce qui distingue une esthétique de la production - fondée sur un intérêt pour les conditions de fabrication d'un objet - d'une esthétique de la contemplation, qui est celle du spectateur distancié? L'autre grande question concerne la perception des actions économiques: comment décrire les activités domestiques invisibles, située hors des institutions de l'économie, particulièrement lorsque celles-ci sont effectuées par des hommes? Biographie de l'auteur Florence Weber, sociologue et anthropologue de la société française, Florence Weber est professeur à l'Ecole normale supérieure, chercheur au Centre Maurice Halbwachs et chercheur associé au Centre d'études de l'emploi.
Comment sont prises en charge les personnes qui ne peuvent pas vivre seules ? À partir d'enquêtes ethnographiques, les auteurs reprennent le chantier théorique de l'analyse de la parenté, tout à la fois affaire de droit, d'obligations morales, d'affectivité, de patrimoine et d'entraide. Leur conclusion est que la famille n'est pas l'univers clos et protégé que décrivent romanciers, cinéastes ou idéologues, mais un lieu poreux où se cristallisent les rapports de forces qui traversent nos sociétés : entre hommes et femmes, entre classes sociales, entre générations.
L'histoire relatée ici est celle des rencontres entre un témoin qui observe et cherche à comprendre et les hommes auxquels il s'intéresse, celle d'une science née des contacts culturels, celle d'une méthode d'investigation qui permet de connaître les peuples éloignés et le grand large, mais aussi l'humanité la plus proche de soi. Si l'histoire de leur discipline est importante pour les anthropologues eux-mêmes parce qu'ils y puisent leur documentation, leurs références et leurs modèles, elle peut également permettre à un plus large public de comprendre la lente reconnaissance scientifique de l'ethnographie, pratiquée depuis l'Antiquité, mais dépendante des contextes dans lesquels se produisaient les contacts entre les cultures, si souvent marqués, depuis le XVIe siècle, par la violence et la destruction.
Le "métier" de chercheur au jour le jour... Cet ouvrage débute par un entretien avec Gérard Noiriel qui joue le rôle de l'enquêteur sur le pourquoi d'un travail aussi inédit en sciences sociales. "Il est peu fréquent, même en ethnologie, qu'on publie ensemble les résultats du travail d'enquête et les matériaux qui composent le journal de terrain", remarque-t-il. "Il m'a semblé indispensable, répond l'auteur, de comprendre la façon dont j'avais observé pour pouvoir tirer les leçons de mes observations elles-mêmes", ceci malgré les critiques venues du milieu ethnographique lui-même. C'est l'un des points forts de ce livre: la publication du journal de terrain doublé du "journal" de recherche, les réflexions suscitées par l'observation et, parallèlement, l'auto-analyse du chercheur sur son travail. Un ouvrage passionnant, qui permet de comprendre et de "voir" ce que réalise l'ethnographe à travers ses enquêtes et ses analyses.
Peut-on penser ensemble l'actualité politique de la filiation et l'actualité sociale de la prise en charge des personnes dépendantes ? Tel est le pari de ce livre. Il est construit sur l'analyse ethnographique de cas où la transmission du nom, la consanguinité et le partage du quotidien se trouvent dissociés. À travers des histoires familiales saisissantes situées dans leur contexte historique, tout au long du XXe siècle européen, l'anthropologie de la parenté "nouvelle vague" dépasse les oppositions de principe pour montrer l'imbrication des normes, des pratiques et des sentiments. Elle invite à lire au prisme de la reproduction sociale les nouvelles technologies de la reproduction biologique, disponibles à l'échelle mondiale, et leur encadrement juridique à l'échelle nationale, mais aussi les obligations morales envers les personnes dépendantes, qui pèsent inégalement sur les familles et sur les individus. Elle permet de découvrir les faiblesses de la parenté quotidienne lorsqu'elle ne s'appuie ni sur les représentations génétiques de la filiation, ni sur la reconnaissance juridique, mais aussi de souligner sa force, capable de faire évoluer nos mentalités et, partant, les lois qui nous gouvernent.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".