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La théologie politique de Rousseau
Waterlot Ghislain
PU RENNES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782753511361
Ce livre traite d'une des questions les plus délicates et les plus controversées de la pensée de Rousseau : la relation entre religion et politique. Il réunit six contributions de spécialistes et entretient l'ambition de participer au renouvellement de l'enquête sur la dimension politique du religieux chez l'auteur du Contrat social et de l'Emile. La guerre, l'apostasie, l'athéisme y sont étudiés. La religion civile surtout est l'objet d'une attention particulière, avec la volonté bien arrêtée de ne pas présenter une interprétation unifiée et donc univoque ou consensuelle de cet élément clé de la théologie politique de Rousseau, mais bien plutôt de montrer à quel point cette construction conceptuelle originale et singulière suscite des discussions et des compréhensions contradictoires. Ce n'est pas simplement une question de passion. Sans doute, l'articulation du religieux et du politique a toujours suscité les passions et n'a jamais été un sujet irénique, mais c'est surtout parce qu'elle comporte d'actuel que la religion civile fait problème. Une partie de son opacité vient de là : elle est en rapport direct avec l'héritage lourd, qui pèse encore aujourd'hui, des nations européennes et américaines. Que faire du christianisme en politique ? En a-t-on jamais fini avec la question du religieux en politique ? Est-il possible, ou au contraire impossible, d'en finir ? Et pourquoi ? Comment un Etat fondé sur les principes du droit doit-il se rapporter au religieux ? Toutes ces questions sont encore les nôtres, même là où l'on croit qu'elles sont définitivement réglées, et c'est pourquoi la proposition de religion civile faite à la fin du Contrat social doit toujours être réinterrogée.
Jeanne-Marie Bouvier de La Motte (1648-1717), mieux connue sous le nom de Madame Guyon, demeure encore aujourd'hui l'une des figures parmi les plus singulières de l'histoire religieuse. Femme, laïque, écrivaine et mystique sous le règne du Roi Soleil, cette " célèbre inconnue " a fait preuve d'une indépendance intellectuelle inouïe pour l'époque, revendiquant avec passion une liberté d'expression à plusieurs niveaux, autant dans sa vie littéraire et spirituelle que dans sa vie publique et sociale, voire " politique " . A l'occasion de la célébration du tricentenaire de la mort de Madame Guyon, ce livre réunissant des historiens, théologiens, littéraires et philosophes, pose à nouveaux frais la question de l'oeuvre mystique de cette figure parfois déroutante du Grand Siècle et débat sur les implications sociales, éthiques et politiques de sa pensée et de son action.
La mort de la chrétienté en tant que phénomène socio-culturel dominant peut être l'occasion, pour une communauté de foi numériquement minoritaire, de regagner en densité ce qu'elle aurait perdu en extension. Il dépend des membres de cette communauté qu'il en soit ainsi". (Paul Ricoeur). Problématiser et affronter la crise : une chance pour la pensée et pour l'action ? Nous sommes confrontés à une crise protéiforme : tout à la fois politique, économique, écologique, philosophique, théologique et plus largement crise de civilisation. La notion même de crise comporte des niveaux de signification et d'interprétation très divers qui conduisent non pas à la paralysie mais à la stimulation de la pensée et de l'activité humaines contre les routines porteuses de répétition stérile et finalement de la torpeur. L'origine médicale et plus particulièrement clinique du concept, fortement relevée dans plusieurs contributions de cet ouvrage collectif, tend à concentrer le regard sur le corps même de la personne, du groupe ou de la société dont on suppose, affirme ou prétend qu'elle serait "en crise" ; ainsi se manifeste la singularité événementielle de la krisis. D'autre part, les liens entre l'événement de la crise et la nécessité d'une réflexion et d'une reprise critiques ont également fait l'objet d'observations et de remarques, qui nous paraissent pouvoir conduire à l'idée que l'usage du vocabulaire de la crise, loin de nourrir une ambiance délétère de dénigrement ou de résignation, porte plutôt à relancer et à vivifier une herméneutique différenciée et responsable des secousses, des mises en question et des éventuelles ruptures qui caractérisent la situation actuelle de nos sociétés et de nos modes théoriques et pratiques d'en rendre compte. Comme le montrent plusieurs contributions de cet ouvrage, la réflexivité suscitée et nécessitée par la krisis touche, concerne et féconde tout autant l'éthique théologique que la théologie elle-même.
Résumé : À la fin du Contrat social, Rousseau affirme la présence indispensable de la religion en politique, sous les espèces d'une religion civile. Une telle affirmation a suscité la haine des autorités de son temps et l'incompréhension de la postérité. Pourtant, cette religion civile ne constitue ni la prémisse du totalitarisme, ni la manifestation de l'incohérence du système de Rousseau. Cette forme spécifique de religion politique est d'interprétation délicate. Elle est une création de Rousseau, et non pas la reprise d'une formule déjà proposée par d'illustres prédécesseurs. Ce livre propose de suivre la genèse de cette création et s'efforce de montrer qu'elle est le fruit d'une synthèse, très particulière, de la religion naturelle et de la religion civique à l'antique, synthèse qui permet d'intégrer la révolution apportée par le christianisme, tout en neutralisant ses conséquences dévastatrices sur le plan politique. La religion civile n'est pas un cercle carré. Elle est plutôt, aux yeux de Rousseau, l'instrument critique universel, grâce auquel les religions politiques héritées de l'histoire pourront être progressivement épurées. Est-elle dépassée dans le monde contemporain, gagné, selon les cas, par la laïcité ou la sécularisation ? Rien n'est moins sûr. Si l'on entend bien la pensée de l'auteur du Contrat social, non seulement on peut comprendre autrement certains phénomènes contemporains, mais on cesse d'être perplexe devant les religions civiles concrètes qui animent désormais certains pays, et en premier lieu les États-Unis d'Amérique.
La relation entre les guerres mondiales et cette forme particulière de spiritualité qu'est la mystique a rarement été étudiée. Ce livre apporte une contribution à une telle étude. Il s'interroge sur les formes de vie mystique suscitées par ces guerres aux caractéristiques nouvelles, guerres industrielles qui changent le rapport des hommes au combat ou à eux-mêmes et qui sont plus meurtrières qu'aucune guerre n'a été auparavant. Mais si des formes de mystiques peuvent naître de la guerre, de quelles mystiques s'agit-il? Il apparaît que les guerres mondiales donnent lieu non seulement à des mystiques nouvelles, mais aussi à de nouvelles compréhensions de l'expérience mystique. Elles sont aussi des guerres dont le paroxysme énigmatique mobilise parfois la mystique comme une sorte de paradigme à la lumière duquel ce qui se passe devient compréhensible, ou tout simplement supportable. Ce livre est consacré à explorer ces horizons.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni