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L'atlas Mnémosyne
Warburg Aby
ECARQUILLE
49,00 €
Épuisé
EAN :9782901968085
Si Aby Warburg été le premier à définir une méthode d'interprétation iconologique, s'il a créé une bibliothèque des sciences de la culture unique au monde, l'innovation décisive qu'il a introduite dans le champ épistémologique de l'histoire de l'art est bien Mnémosyne : oeuvre absolument originale et unique, dont l'ambition n'est rien moins que de poser les fondements d'une grammaire figurative générale, et qui ouvre des perspectives dont la portée n'a pas encore été totalement mesurée. Par la complexité des problèmes auxquels s'est confronté Warburg face à cet immense corpus d'images, c'est l'attention de l'ensemble des sciences humaines qu'il a attirée sur son oeuvre. Resté inachevé à la mort de l'auteur, ayant mobilisé l'énergie intellectuelle et physique de ses dernières années, Mnémosyne peut être considéré comme l'aboutissement de toutes ses recherches. Il constitue le plus ambitieux corpus d'images jamais réuni, dont la genèse et l'évolution sont liées à une pratique discursive et à un mode de transmission du savoir que préconisait Warburg, mais qu'il convient aussi d'examiner sous l'angle de ses relations avec le problème de la mémoire et avec sa bibliothèque. L'essai de Roland Recht se propose de replacer ce work in progress dans son contexte intellectuel.
Résumé : Les Essais florentins donnent un aperçu infiniment saisissant de la richesse conceptuelle de l'oeuvre d'Aby Warburg. Si aujourd'hui nous pouvons avoir une vision élargie de l'historien de l'art et de son oeuvre, où entrent naturellement sa fantastique bibliothèque de Hambourg, transportée à Londres en 1933, le projet d'Atlas Mnemosyne et la conférence sur le "rituel du serpent" issue d'un voyage chez les Indiens Hopis, l'ensemble de ses écrits "savants" reste toujours une pièce essentielle, dont la lecture s'impose plus que jamais. Dans ces essais désormais classiques, tous issus de ses Gesammelte Schriften (1932), l'histoire de l'art est conçue comme une science de la culture, dans le sillage des travaux de Jacob Burckhardt, mais selon un cheminement inédit, faisant appel à des concepts neufs : les survivances, les formules pathétiques... Ce travail interprétatif, chez Warburg, trouve toujours sa source dans des détails ou des motifs en apparence anodins, ou dans des sujets d'apparence érudite. Le motif du vent qui vient soulever les cheveux de Vénus et les vêtements des Grâces ; la concurrence visuelle entre les portraits peints et les effigies de cire dans l'église SS. Annunziata à Florence, à l'époque de Laurent de Médicis ; les traits tirés de Maria Portinari, représentés par des peintres flamands ; un dessin "mantégnesque" de Dürer, réalisé en 1494 ; l'astrologie et la tératologie chez Dürer et son entourage : chacune de ces histoires savantes contient une leçon magistrale de méthode.
Créateur de la Kulturwissenschaftliche Bibliothek de Hambourg dont l'actuel Warburg Institute de l'université de Londres affirme être la continuation, Aby Warburg (1866-1929) est demeuré en France une figure aussi légendaire qu'inconnue. Les Gesammelte Schriften dont il est l'auteur sont cependant des textes de référence faisant autorité auprès de nombreux chercheurs qui s'intéressent aux débuts de la Renaissance à Florence, à l'Allemagne du temps de la Réforme luthérienne. Warburg contribue au renouvellement du concept de Renaissance stylistique par le problème qu'il fait sien, l'étude des stéréotypes formels empruntés à l'antiquité classique, qui servent à exprimer le mouvement et la passion. Il s'intéresse en effet non point aux principes d'engendrement et aux règles de construction d'un espace géométrique ou perspectif, mais aux règles de la représentation d'un espace intérieur rendu visible sur l'écran plastique à deux dimensions par des procédés beaucoup plus mystérieux. Cependant le principe méthodologique auquel il se conforme lui interdit de dissocier l'étude des formes et celles des fonctions, l'étude de l'?uvre de celle de ses usages sociaux et du monde de l'art dans lequel elle a été créée. D'où une conception interdisciplinaire de l'histoire de l'art.
Paru en 1893, "La Naissance de Vénus et Le Printemps de Sandro Botticelli" est un texte fondateur dans l'oeuvre d'Aby Warburg, l'exemple même de sa méthode. Il y met en relation les deux célèbres tableaux mythologiques de Botticelli avec les représentations qui leur correspondent dans l'art et la poésie de son époque. Avec une érudition étourdissante, il décortique le moindre détail de ces toiles et montre qu'aucun d'eux n'est insignifiant. Les symboles, les références voilées s'y cachent partout : dans tel mouvement d'une chevelure, dans tel pli d'un vêtement. Les oeuvres de Botticelli sont imprégnées de lectures classiques et de références antiques que Warburg débusque à la façon d'un détective. Ces peintures que l'on croyait connaître acquièrent ainsi une dimension nouvelle.
Résumé : "Tout au plus il ressemble à une vieille photographie, le présent, une photo qui a sur les bords la tache blanche laineuse des photos que la lumière a brûlées. De tirage en retirage la tache s'étend jusqu'à ce qu'elle cache tout, toute la scène. Nous n'y sommes pas encore arrivés, au Dernier cliché, mais d'image en image la tache est de plus en plus envahissante, elle s'étend de plus en plus vers le centre, une salive d'ouate qui efface et oublie, jusqu'à ce que nous soyons tous effacés et oubliés, comptez là-dessus. Plus rien. Elles ont eu beau tomber, les bombes - tant d'années, tant de morts. Ou il n'en est pas mort assez, ou alors pas ceux qu'il fallait. Rien ne finit et rien ne recommence, c'est ça le problème même si on espère que le silence va enfin se faire, que les insectes vont cesser de bruire et de cogner, et que les hommes vont commencer à parler." (extrait de L'incendie du Théâtre Royal)