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PAROLES AILEES - LECTURES EN PUBLIC D'OEUVRES LITTERAIRES (XVIE-XXIE SIECLE)
WAQUET FRANCOISE
SUP
23,00 €
Épuisé
EAN :9791023107708
Lire à haute voix pour autrui, c'est emmener au-delà du texte, pour mieux y revenir. Faire une lecture de poésie, lire une oeuvre lors d'un festival ou dans l'intimité d'un groupe d'amis, c'est là aujourd'hui une pratique banale et, pour autant, guère explorée dans son ampleur, sa portée, son passé. Objectiver ce phénomène culturel, retracer son histoire de la Renaissance à nos jours, décrire les multiples espaces de lectures, saisir des arts de faire dans leur diversité de styles, analyser les opinions, les réactions, les émotions de ceux qui lisent aussi bien que de ceux qui écoutent, tels ont été les objectifs des études qui, dues à des spécialistes de la littérature, à des historiens et à des ethnologues, sont rassemblées dans ce volume. Au fil des articles, se révèle, dans la civilisation de l'écrit, un paysage oral de la littérature, faite et en devenir, où la parole vive joue non seulement dans la circulation et l'appropriation des oeuvres, mais aussi dans les modalités de l'écriture littéraire elle-même. Ainsi, lire à haute voix pour autrui, c'est emmener au-delà du texte, pour mieux y revenir.
Plaisir et ennui, peur et espérance, enthousiasme et désespoir, bonheur et souffrance, toute la gamme des émotions dans leurs nuances et leurs combinaisons fait l'ordinaire du quotidien de la recherche savante - aujourd'hui comme hier, et quelles que soient les disciplines. Les chercheurs apparaissent alors non plus comme des machines à penser ou des personnes-idées dotées d'une voix impersonnelle, mais comme des êtres de chair et de sang opérant dans un univers saturé d'affects. Prendre en compte ces émotions, c'est restaurer une dimension de la science telle qu'elle se fait, en rappelant l'incidence qu'elles ont dans les rythmes de travail, dans l'engagement à la tâche, dans le devenir de collaborations et, bien sûr, dans la genèse, la production et la publication des oeuvres. C'est aussi, dans un monde professionnel qui s'est placé sous la bannière de la raison, donner à voir l'auteur, plus que dans sa subjectivité, dans sa profonde humanité.
Résumé : Maître et disciple. Ces mots gardent-ils encore un sens aujourd'hui, alors que des bouleversements nombreux ont modifié l'économie traditionnelle des connaissances et affecté bien des croyances qui ont longtemps fondé la civilisation occidentale ? Un libre parcours entre le XVIIe siècle et nos jours révèle, au fil des récits, des rituels et des pratiques, la profondeur de sens que ces mots simples contiennent. Des exemples pris dans des champs disciplinaires multiples restituent la variété des figures magistrales qui ont leurs archétypes dans Socrate et l'image du père. Ils traduisent la diversité et la complexité d'une relation fondée sur le pouvoir et l'affection, dévoilant "un lien d'âme", quand ce n'est pas une filiation. Cette relation de personne à personne apparaît, dans le contraste avec les institutions et les livres, comme le mode par excellence de la transmission du vrai savoir : celui qui passe en écoutant le maître parler et en le voyant travailler ; celui qui ne se paie pas, mais qui se donne. Une relation ambivalente qui peut figer les connaissances en orthodoxie et produire des clones ou, au contraire, liant pour le meilleur la tradition et l'originalité, engendrer de nouveaux maîtres qui continuent la longue chaîne du savoir.
De la Renaissance aux Lumières, les savants eurent le sentiment de former une communauté qui, dépassant les frontières politiques et religieuses, en vint à se présenter comme un Etat particulier : la République des Lettres. Ce livre, embrassant une perspective résolument européenne, propose de suivre trois siècles d'histoire quand, dans une tension constante entre l'utopie et la réalité des faits, le monde savant prit progressivement conscience de sa force et de son unité. Il y a là un des phénomènes majeurs de l'histoire de la culture occidentale : sans République des Lettres, il n'y aurait point eu d'intellectuels. Les auteurs sont, tous deux, spécialistes d'histoire intellectuelle de l'Europe moderne. Hans Bots est professeur à l'Université de Nimègue ; Françoise Waquet est directeur de recherche au CNRS.
Comment penser l?oralité dans la civilisation de l?imprimé, c?est-à-dire celle de l?Europe savante du XVIe au XXe siècle (universités, académies, laboratoires de recherche)? À lire les travaux sur les milieux intellectuels, tout se passe comme si, depuis l?invention de l?imprimerie, l?oralité avait, non seulement perdu sa valeur mais, qui plus est, complètement disparu. Pourtant, savants et lettrés ont enseigné, siégé dans les académies, participé à des colloques, conversé entre eux; aujourd?hui encore comment imaginer le monde intellectuel ? « notre » monde ? sans l?oralité, celle des cours et des conférences, des séminaires et des congrès, des interminables discussions dans les couloirs et au téléphone? Or, ces activités de parole qui constituent une part notable de l?emploi du temps scientifique ont été historiographiquement cantonnées dans le contexte muet de la vie intellectuelle; on ne les a jamais étudiées en tant que telles. À l?inverse, le contraste est saisissant pour les études portant sur les formes de culture qualifiées de « populaires », c?est-à-dire la culture orale. On a donc assimilé, d?une part, écrit à cultivé et savant, de l?autre, oral à populaire, illettré, inculte. En plaçant le monde intellectuel sous le signe majeur de l?écrit et de l?imprimé, en réduisant les ?uvres de l?esprit à des textes à lire, on a oublié ce par quoi le savoir a aussi circulé et circule encore à son plus haut niveau: la parole. Ce que Françoise Waquet entreprend donc dans ce nouveau livre, c?est d?écrire une histoire culturelle de l?oralité dans la civilisation de l?imprimé, et, par là même, de restituer à l?oralité sa place dans l?histoire intellectuelle.Au bout de ce parcours passionnant (de la leçon magistrale à la leçon d?agrégation, du séminaire à la session poster), Françoise Waquet montre bien que, même dans ses plus hautes sphères, la civilisation de l?imprimé est également une civilisation orale, que le dialogue, l?échange de mots dans la communication des connaissances assurent non seulement la transmission du savoir, mais aussi son invention, et que l?oralité, en fin de compte, est une « technologie de l?intelligence ».
Alors que l'Amérique s'interroge sur l'héritage de la révolution fondatrice, et doit faire face à de grandes questions telles que l'expansion territoriale vers l'Ouest, l'industrialisation naissante, l'afflux massif d'immigrants ou encore la question de l'esclavage, les Américains manifestent un vif intérêt pour les deux révolutions qui secouent la France en 1830 et 1848. Ces événements font l'objet de multiples célébrations officielles et populaires aux Etats-Unis et donnent lieu à des débats passionnés dans la presse américaine, au Congrès et dans les milieux contestataires tels que les premiers mouvements ouvriers, les abolitionnistes ou encore le féminisme naissant. L'approche transnationale de Yohanna Alimi-Levy se démarque de l'historiographie traditionnelle et invite à penser autrement la démocratie américaine en soulignant la circulation d'idées entre les deux rives de l'Atlantique.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.