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Cendrillon
Walser Robert ; Longuet Marx Anne ; Graf Marion
ZOE
4,51 €
Épuisé
EAN :9782881825736
Walter Benjamin a très justement remarqué que les contes de Robert Walser commencent là où d'ordinaire les contes s'arrêtent. C'est exactement le sentiment qu'a le lecteur de Cendrillon depuis sa parution en 1901. Les personnages de ce tout jeune poète sont "entièrement poésie" ; ils sont accordés pour la parole et la langue, pour la mesure et le plaisir du rythme. Une nouvelle traduction en français de Cendrillon était toutefois nécessaire, à la fois pour les lecteurs et les gens de théâtre. En effet, le rythme, dansant et totalement libre, fait d'assonances, de jeux polysémiques et de ruptures subtiles, nécessite une grande souplesse. Anne Longuet Marx a donc choisi le vers libre et non la métrique de l'octosyllabe afin d'éviter une préciosité aux antipodes de l'esprit walsérien.
Exact contemporain de Kafka, qui l'appréciait beaucoup, Robert Walser n'a pas connu l'immense succès, même posthume, du grand maître praguois. Cette douce folie, peut-être, ou cette lassitude d'un artiste désarmé, qui lui fit préférer plus de 25 ans durant les murs de l'asile et le silence aux trop durs combats du quotidien, a plongé dans l'oubli une oeuvre dont l'humour ne se laisse pas facilement pénétrer par le lecteur non germanophone. Un humour ou plutôt une sorte de sourire permanent qui vient illuminer cette prose fluide, à la fois mélodieuse et tramée de silences. Une écriture transparente, d'une modernité absolue : nous sommes dans un monde du tout et du rien, où le désespoir affleure sans jamais peser, comme émergeant d'une brume lumineuse. Alors, avec son air de ne pas y toucher, son apparente gaucherie de poète naïf, Walser nous entraîne, insensiblement, vers un au-delà dont il transgresse paisiblement les ultimes frontières.
Résumé : "Un beau matin, un jeune homme..." : ainsi commencent deux des trois romans de Robert Walser, tous trois écrits en quelques semaines en 1907-1909, tous trois largement autobiographiques et tous trois fidèles à la tradition classique du "roman d'éducation" allemand... à laquelle l'auteur ne peut plus croire ! Le "commis" et son unique "année d'apprentissage" sont particulièrement révélateurs de cette impossible fidélité : ce jeune homme n'aboutit ni à l'intégration sociale ni à la maturité spirituelle voulues par les lois du genre. En revanche, le constat de cette impossibilité même est dressé avec une tranquillité implacable, et dans une prose "à plat" qui a séduit et inquiété les plus grands écrivains du siècle. Cette prose romanesque traduit, jusque dans ses détails les plus déroutants, une situation idéologique dont nous ne sommes pas sortis.
Kleist, Goethe, Hölderlin, Don Juan, Hamlet, Van Gogh, Cézanne, ou tels protagonistes d'un opéra de Mozart. Toutes ces figures, énigmatiques ou complexes, Robert Walser les évoque, dans des proses courtes, poétiques, légères, graves, à sa manière inimitable, tour à tour pénétrante et allusive. Le voici désormais pourvu de toutes ces identités, successives ou simultanées. Mais les autres ou lui-même, quelle différence ? Et pourquoi ne pas regarder sa propre personne comme s'il s'agissait d'une quelconque créature mythique ? Promenade et écriture, ici, sont la même démarche entre les lignes et les chaussées incertaines de la vie. Une démarche, on le sait, étonnamment illusoire.
Ces trois recueils ont été composés par Robert Walser lui-même, au début de sa carrière, comme La rose le fut à la fin, en 1925, juste avant qu'il ne cesse de publier.Entre les Histoires (1914) et les Petits essais (1913), il serait vain de chercher une différence théorique de genre. Rappelons, s'appliquant aux deux, les éloges de Robert Musil («non pas des jeux d'écriture, en dépit d'une maîtrise de la langue qui ne cesse de vous éblouir, mais des jeux humains... ») et de Max Brod, qui voyait là l'invention d'un "nouveau genre . littéraire».Quant aux Rédactions de Fritz Kocher (1904), elles donnent, très tôt dans l'oeuvre, la version la plus extrême de l'inimitable vertu d'enfance qui fait le charme de Walser.
Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l'intérêt s'arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l'oubli. Mais cette simplification va plus loin et s'étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu'un mot. Il n'y a plus de for intérieur. Satire du monde du livre ou fable hyperréaliste, ce roman est avant tout une réflexion sur les façons que nous avons de vivre aujourd'hui. Dans cet univers confiné aux accents futuristes on progresse entre inquiétude et rire, pour s'apercevoir enfin que c'est de notre quotidien qu'il s'agit.
Résumé : Il y a So Ra, la grande soeur douce et rêveuse ; Na Na la cadette, déterminée et libre ; et Na Ki, le frère de coeur, qui cache un lourd secret derrière son sourire fêlé. A tour de rôle, ils prennent la parole et racontent : leur rencontre et l'enfance dans l'appartement commun, un demi-sous-sol divisé en deux par une cloison ; le séjour de Na Ki au Japon d'où il est revenu changé ; la grossesse de Na Na, enceinte d'un homme qui n'est pas encore son mari. A travers le récit croisé de ces voix qui reflètent chacune un imaginaire propre, événements et situations se déploient dans toutes leurs nuances. Lumineuse ou mélancolique, d'une fraîcheur candide ou d'une sourde violence, l'écriture de Hwang Jungeun saisit la trajectoire de ces personnages tellement attachants, capte leurs contradictions et leurs espoirs.
La France est secouée par des émeutes. Patrick, policier suisse dépêché par Europol, se trouve en Seine-Saint-Denis, département 9-3, dans la couronne parisienne. Il mène l enquête au c ur d organisations mafieuses chinoises, mais les circonstances vont le rendre témoin du fossé qui se creuse entre la police française et la population, notamment en banlieue. Patrick nous entraîne dans le sillage de bandes de jeunes Français et dans l univers d un commissariat, et il constate que son métier de flic de banlieue disparaît pour ne laisser place qu au seul maintien de l ordre, par une police qui se comporte comme une armée d occupation. Une histoire de flics, écrite par un flic, qui oscille entre la nostalgie des romans policiers style Quai des Orfèvres et les défis que doivent maintenant relever les polices d Europe. Troisième récit de Patrick Delachaux, Grave Panique est la véritable histoire de l une des dernières missions du policier Delachaux.
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.