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Petite prose
Walser Robert ; Graf Marion ; Utz Peter
ZOE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782881826603
Petite Prose, publié en 1917, illustre de manière exemplaire cette période charnière de la vie de Robert Walser que sont les années "biennoises", après Berlin, avant Berne. Dans ces vingt et un textes de longueur inégale, Walser explore avec jubilation tous les registres de la prose brève, entraînant le lecteur dans un pas-de-deux débridé qui annonce déjà la virtuosité des proses tardives. Mêlant l'autobiographie et la fiction, il fait miroiter une vivante galerie de portraits et de petites histoires burlesques, alternant la satire mordante et une vibrante méditation sur le néant pour conclure avec une prose plus ample, "Tobold". Ce récit, que l'on appellerait aujourd'hui une autofiction, évoque avec malice son expérience de laquais au service d'un comte, dans un château de Silésie...
Réédition, en édition bilingue, de l'un des textes les plus importants de l'écrivain suisse de langue allemande Robert Walser (1878-1956) qui fut l'auteur de prédilection de Kafka et à qui l'on doit Les Enfants Tanner ; Le Commis ; L'Institut Benjamenta et de multiples Histoires. La Blanche-Neige des Grimm sert d'introduction implicite à cette ?uvre poétique-dramatique où tout se joue, une fois "qu'ils furent (soi-disant) heureux", entre une belle-mère équivoque, un chasseur viril et un prince fuyant. Indépendamment d'une chronologie de la vie de Robert Walser sont données, en lectures subsidiaires dans le dossier complémentaire, quatre variantes du conte (bretonne, celte, roumaine et espagnole).
Résumé : Bientôt tout ce que je voyais et entendais me parut froid, étranger et petit. Ce que les gens appellent la vie, je ne l'ai jamais compris. Leurs petites larmes et leur petit rire me devinrent toujours plus étrangers, toujours plus incompréhensibles. Je n'avais aucune part à leurs joies brusques ; je ne comprenais pas leurs souffrances. J'étais toujours calme et maîtresse de moi. Ni l'inquiétude ni la peur ne m'atteignent. Je n'avais jamais peur de rien. Les gens se mirent à m'éviter, comme si j'étais un spectre mais je n'ai jamais perdu mon calme et je ne le perdrai jamais. Ici dans le bois je me sens bien. Les gens, je ne les aime pas.
Nous apprenons très peu ici, on manque de personnel enseignant, et nous autres, garçons de l'Institut Benjamenta, nous n'arriverons à rien, c'est-à-dire que nous serons plus tard des gens très humbles et subalternes." Dès la première phrase, le ton est donné. Jacob von Gunten a quitté sa famille pour entrer de son plein gré dans ce pensionnat où l'on n'apprend qu'une chose : obéir sans discuter. C'est une discipline du corps et de l'âme qui lui procure de curieux plaisirs : être réduit à zéro tout en enfreignant le sacro-saint règlement. Jacob décrit ses condisciples, sort en ville, observe le directeur autoritaire, brutal, et sa soeur Lise, la douceur même, Tout ce qu'il voit nourrit ses réflexions et ses rêveries, tandis que l'Institut Benjamenta perd lentement les qualités qui faisaient son renom et s'achemine vers le drame. "L'expérience réelle et la fantasmagorie sont ici dans un rapport poétique qui fait invinciblement penser à Kafka, dont on peut dire qu'il n'eût pas été tout à fait lui-même si Walser ne l'eût précédé", écrit Marthe Robert dans sa très belle préface où elle range l'écrivain, à juste titre, parmi les plus grands.
Les brèves scènes dramatiques qui ont marqué les débuts et la fin de la carrière de Robert Walser (1878-1956), retrouvées, pour certaines, dans les célèbres microgrammes, sont à lire autant qu'à jouer. Comme un mobile, le moindre souffle suffit à faire bouger le délicat filigrane de ces dialogues. Tout Walser est là, dans cette théâtralité du langage, dans cette rhétorique précise, tour à tour grandiloquente et joyeusement contradictoire, et surtout, dans ces duels acérés entre des personnages assujettis à des rapports de force subtils et impitoyables.
Questionner les frontières - du monde réel, de la raison et de la folie, du silence et de la parole, ou celles des langues. Tenter de guérir d'un défaut d'origine par l'exercice de la traduction. Passer enfin de l'étude des autres ou du pastiche à l'invention de soi: telle fut l'ambition d'Adrien Pasquali, dont l'oeuvre protéiforme ressemble à une autobiographie de l'esprit. Fils d'immigrés italiens né à Bagnes (en Valais) en 1958, auteur d'une thèse de doctorat sur Ramuz et d'une ?uvre critique abondante, il était devenu l'un des meilleurs auteurs de sa génération. II s'est donné la mort à Paris en 1999, vouant sa trajectoire d'écriture à un fondamental inachèvement. " Migrant " d'une langue à l'autre d'autant plus fasciné par les récits de voyage qu'il ne voyageait pas; écrivain hanté par les pièges et les jeux du langage; chercheur curieux de génétique textuelle que le travail sur autrui ramène en définitive à soi: ce sont là les multiples facettes intimement solidaires d'Adrien Pasquali, que cette première monographie critique mettra en perspective en convoquant pour ce faire trois générations de chercheurs. Puisse-t-elle permettre de mieux faire lire et aimer la voix énigmatique de celui qui, en 1998, décrivait sa situation comme une " impasse irrésolue "... (S.D.)
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.
Les lettres d'Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) à son ami Claude Bourdet - futur grand Résistant et journaliste politique qui deviendra en 1950 l'un des fondateurs de l'ancêtre du Nouvel Observateur - permettent de suivre l'évolution de cette femme écrivain, journaliste et photographe depuis ses premiers pas en littérature jusqu'à la veille de son fameux voyage Genève-Kaboul en voiture avec Ella Maillart. Certes, la voix de Claude Bourdet manque cruellement - ses lettres ont été détruites par la mère d'Annemarie après sa mort -, mais elle n'est pas totalement absente, car on en trouve des échos passionnants dans ses lettres à sa mère, la poétesse Catherine Pozzi, dont se nourrissent les notes du présent ouvrage, et dans un texte émouvant qu'il écrivit en son souvenir et qui est publié ici pour la première fois dans son intégralité. Au fil de ces lettres, envoyées des quatre coins du monde, se révèlent les multiples et parfois surprenantes facettes de la personnalité d'Annemarie Schwarzenbach: femme engagée dans la lutte contre les nazis et contre toute idéologie, femme secrète, torturée par les doutes et un mal-être profond, femme de terrain, toujours ouverte au monde, femme d'une brûlante actualité, éprise de liberté, vivant au rythme de l'écriture et d'incessants départs.