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Le territoire du crayon. Proses des microgrammes
Walser Robert ; Graf Marion ; Utz Peter
ZOE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782881828973
La bohème à Berlin au début du siècle, quelques succès suivis d'années d'errance, de solitude, de travail harassant dans les mansardes de Bienne et de Berne, puis vingt-six années d'internement, dont vingt-trois ans de silence littéraire, avant de mourir dans la neige un jour de Noël: le tragique destin de Robert Walser (1878-1956), à la fois choisi et subi, est mystérieusement relié à son oeuvre, reconnue aujourd'hui comme l'une des plus importantes de la modernité littéraire. Au cours des années 1920, extrêmement productives, son art s'affermit, souverain, avec une liberté, une drôlerie, une ferveur, une légèreté et une acuité époustouflantes. C'est aux choses de rien, aux hasards du quotidien, que Walser frotte l'allumette d'une écriture qui, l'espace de quelques pages, transfigure le monde. En témoignent les 77 proses choisies parmi les fameux "microgrammes". Il aura fallu une vingtaine d'années pour déchiffrer ces manuscrits inédits notés au crayon d'une écriture minuscule sur 526 feuillets disparates: enveloppes, marges de journaux, formulaires officiels, etc. Le présent recueil offre un premier aperçu en français de leur merveilleuse richesse.
Résumé : Retrouvé dans les manuscrits difficilement déchiffrables (les "microgrammes") laissés par l'auteur, ce "roman" écrit en quelques semaines pendant l'été 1925 résume tout l'art et toute la personnalité de Walser. Le "brigand" qui en est le héros n'est autre que l'auteur lui-même, ce marginal inoffensif sévèrement jugé par la société, et qu'un narrateur faussement naïf tente de voir de l'extérieur. Les amateurs de ses autres romans adoreront ce roman qui refuse d'en être un, et qui est sans doute la plus belle réussite de Robert Walser.
Ces trois recueils ont été composés par Robert Walser lui-même, au début de sa carrière, comme La rose le fut à la fin, en 1925, juste avant qu'il ne cesse de publier.Entre les Histoires (1914) et les Petits essais (1913), il serait vain de chercher une différence théorique de genre. Rappelons, s'appliquant aux deux, les éloges de Robert Musil («non pas des jeux d'écriture, en dépit d'une maîtrise de la langue qui ne cesse de vous éblouir, mais des jeux humains... ») et de Max Brod, qui voyait là l'invention d'un "nouveau genre . littéraire».Quant aux Rédactions de Fritz Kocher (1904), elles donnent, très tôt dans l'oeuvre, la version la plus extrême de l'inimitable vertu d'enfance qui fait le charme de Walser.
«De tous les endroits où j'ai été, poursuivit le jeune homme, je suis parti très vite, parce que je n'ai pas eu envie de croupir à mon âge dans une étroite et stupide vie de bureau, même si les bureaux en question étaient de l'avis de tout le monde ce qu'il y avait de plus relevé dans le genre, des bureaux de banque par exemple. Cela dit, on ne m'a jamais chassé de nulle part, c'est toujours moi qui suis parti, par pur plaisir de partir, en quittant des emplois et des postes où l'on pouvait faire carrière, et le diable sait quoi, mais qui m'auraient tué si j'étais resté. Partout où je suis passé, on a toujours regretté mon départ, blâmé ma décision, on m'a aussi prédit un sombre avenir, mais toujours on a eu le geste de me souhaiter bonne chance pour le reste de ma carrière.»
Kleist, Goethe, Hölderlin, Don Juan, Hamlet, Van Gogh, Cézanne, ou tels protagonistes d'un opéra de Mozart. Toutes ces figures, énigmatiques ou complexes, Robert Walser les évoque, dans des proses courtes, poétiques, légères, graves, à sa manière inimitable, tour à tour pénétrante et allusive. Le voici désormais pourvu de toutes ces identités, successives ou simultanées. Mais les autres ou lui-même, quelle différence ? Et pourquoi ne pas regarder sa propre personne comme s'il s'agissait d'une quelconque créature mythique ? Promenade et écriture, ici, sont la même démarche entre les lignes et les chaussées incertaines de la vie. Une démarche, on le sait, étonnamment illusoire.
Tout commence lorsque David Chariandy est victime, dans un restaurant éthique de Vancouver, d'un acte de racisme ordinaire en présence de sa fille de trois ans. Dix ans plus tard, l'élection de Donald Trump lui donne l'occasion d'adresser à sa fille désormais adolescente une lettre pour évoquer les questions universelles de l'identité et de la race. Chariandy puise dans son propre passé, dans celui de ses ancêtres afro-asiatiques et dans des épisodes concrets vécus en famille une réflexion sur l'héritage de l'esclavage, le statut de " minorité visible " et d'immigré de deuxième génération : que ressent-on lorsqu'on est considéré comme un étranger alors que l'on est né au Canada ? Lorsqu'on nous demande, inlassablement, " non, mais d'où viens-tu vraiment ? "
Les lettres d'Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) à son ami Claude Bourdet - futur grand Résistant et journaliste politique qui deviendra en 1950 l'un des fondateurs de l'ancêtre du Nouvel Observateur - permettent de suivre l'évolution de cette femme écrivain, journaliste et photographe depuis ses premiers pas en littérature jusqu'à la veille de son fameux voyage Genève-Kaboul en voiture avec Ella Maillart. Certes, la voix de Claude Bourdet manque cruellement - ses lettres ont été détruites par la mère d'Annemarie après sa mort -, mais elle n'est pas totalement absente, car on en trouve des échos passionnants dans ses lettres à sa mère, la poétesse Catherine Pozzi, dont se nourrissent les notes du présent ouvrage, et dans un texte émouvant qu'il écrivit en son souvenir et qui est publié ici pour la première fois dans son intégralité. Au fil de ces lettres, envoyées des quatre coins du monde, se révèlent les multiples et parfois surprenantes facettes de la personnalité d'Annemarie Schwarzenbach: femme engagée dans la lutte contre les nazis et contre toute idéologie, femme secrète, torturée par les doutes et un mal-être profond, femme de terrain, toujours ouverte au monde, femme d'une brûlante actualité, éprise de liberté, vivant au rythme de l'écriture et d'incessants départs.
Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l'intérêt s'arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l'oubli. Mais cette simplification va plus loin et s'étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu'un mot. Il n'y a plus de for intérieur. Satire du monde du livre ou fable hyperréaliste, ce roman est avant tout une réflexion sur les façons que nous avons de vivre aujourd'hui. Dans cet univers confiné aux accents futuristes on progresse entre inquiétude et rire, pour s'apercevoir enfin que c'est de notre quotidien qu'il s'agit.
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.