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Un homme aimant
Walser Martin ; Aubert-Affholder Juliette
AUTRES LIEUX
23,00 €
Épuisé
EAN :9782959344619
Marienbad, été 1823 Goethe, soixante-treize ans, s'éprend de la jeune Ulrike von Levetzow, dix-neuf ans. "Mon amour ignore que j'ai dépassé les soixante-dix ans. Je l'ignore aussi." Mais Martin Walser, lui, ne se berce pas d'illusions. Les stigmates du temps sont des compagnons de route. Ils le côtoient. Ils traversent son oeuvre. Il en est le cartographe. Quant aux couleurs des sentiments, elles sont des traces d'arrangements d'ombre et de lumière, des sites d'accommodement, si ce n'est de compromission, et où Walser, l'archéologue, se plaît à venir fouiller, cela jusqu'au tréfonds, les labyrinthes intérieurs de ses contemporains et de ses personnages romanesques. Alors, à l'ombre de Lotte et de Werther, il fait escale à Marienbad, plante sa scène, relève les marques du temps, en sonde les interstices, y précipite son protagoniste, le laisse sillonner, et l'escorte jusqu au point de rupture, là où l'écriture tend la main et retient, se retient, de sombrer dans la misère, et fait ainsi jouer Goethe, joue à Goethe et se joue aussi bien de Goethe que de lui-même. Un Homme aimant raconte l'histoire de la passion de Goethe pour Ulrike, une passion déjouée, impossible, qui amène le poète, sur le chemin de son retour à Weimar, en cet été de 1823, et afin de rendre présente l'absente, à écrire l'un des poèmes les plus émouvants et bouleversants, l'Elégie de Marienbad.
Curieux Wilhelm Meister que le héros de ce roman, Anselme Christlein, curieux " apprentissage " que celui de ce quadragénaire, qui fut d'abord homme d'affaires, puis rédacteur publicitaire, puis conférencier, " représentant en convictions ", et qui enfin écrivit un livre. A la suite de quoi, c'est ici que tout commence- une femme éditeur s'avise de lui commander un nouvel ouvrage. Un ouvrage sur l'amour. La dame ne veut rien d'imaginaire, mais " toute la vérité ". Elle verse à son écrivain des mensualités, et bientôt elle ne se satisfait même plus de l'évocation du passé amoureux de celui qu'elle pensionne. Il lui faut de l'actuel, du présent. Au besoin elle contribuera elle-même à l'enrichissement de ce roman " vécu ". Et voici l'auteur et héros provoqué, par nécessité professionnelle, à la quête, aux aventures, aux performances, aux corvées amoureuses. Quête amère, cynique et que l'on dirait désespérante si la constante résistance de l'humour ne préservait le narrateur de se prendre au tragique. Tant de femmes allant et venant, tant de gestes et de mots " d'amour " s'accumulant conduisent peu à peu le lecteur au bout d'une nuit misogyne, quand survient la merveilleuse apparition d'Orli fin du jeu sans conviction. Ce grand roman baroque, roman social, critique de toute une société, et en particulier satyre des mœurs d'une intelligentsia plus qu'à demi " entretenue ", est aussi une prouesse de langue et de style " joycien " qui en rendait la transcription en français particulièrement difficile.
Résumé : La démarche qui ne faisait que s'ébaucher dans les précédents romans de Martin Walser se confirme dans ce roman. Un homme marche à travers Munich, il lui arrive des choses, premier degré de la fiction. Mais à mesure que l'histoire tente de se raconter, elle s'interrompt, prend d'autres directions, devient autre. C'est que - second degré de la fiction - ce qui lui arrive même est fiction. Chaque phrase ouvre ici la possibilité d'une nouvelle fiction.
Résumé : Il était une fois un enfant, Alfred Dorn. Il était une fois sa mère. Et l'enfant l'aimait d'un amour fou. Il était une fois une ville, Dresde, celle de la mère et de l'enfant, ville au c?ur modelé par les siècles. Il était une fois une nation, l'Allemagne, où vivaient, à Dresde, la mère et l'enfant et leurs proches. Et puis vint le cataclysme. L'Allemagne sombra en 1933 dans la folie nazie. Vint la guerre, et Dresde, un jour de 1945, fut détruite par les bombardements. Et tout ce qui avait été le bonheur de l'enfant Alfred Dorn fut rayé de la réalité. Et puis l'Allemagne fut divisée en deux, et l'enfance de Dorn se situa de l'autre côté du mur, dans Dresde détruite, et Dorn devint étudiant, juriste dans l'autre Allemagne, à Berlin. Alors Dorn décide de sauver ce qui était perdu le souvenir de sa mère, de la ville, de l'Allemagne, de son enfance. Il faut sauver le passé. Il part, modeste et fou chevalier en quête de chaque détail, de chaque visage, de chaque lieu, de chaque moment, afin d'élever un monument à sa mère, à son enfance, à l'Allemagne perdue. Tâche impossible et folle à laquelle Dorn consacre sa vie, accumulant les souvenirs, les dates, les pièces à conviction. Lui, l'enfant prodige, l'étudiant promis à une brillante carrière, s'enfonce dans le passé, dans ce combat contre le temps qui jaunit les photographies, efface les lieux, enfouit les souvenirs. Alfred Dorn se défend de la vie parce qu'elle mène à là mort. L'amour fou pour sa mère l'exalte dans sa recherche et ses tentatives de garder vivant ce qui s'éloigne à tout jamais. Dans son effort pour lutter contre ce grand adversaire qu'est le Temps, il devient le héros mythique de tout grand roman qui part à la recherche du temps perdu. Avec cette ?uvre magistrale qui s'inscrit d'emblée dans le projet de tous les grands classiques de la littérature universelle, Martin Walser a écrit l'épopée de l'histoire allemande, vue d'en bas, avec le regard de l'anonyme Alfred Dorn, dans l'arc de sa vie, de 1929 à 1987. Les Allemands se sont reconnus dans ce grand roman, puisqu'ils ont fait de Dorn un immense succès.
Instituteur, journaliste, la véritable passion de Placide Gaudet fut la généalogie. Sa généalogie des familles acadiennes, parue en 1906, demeure la référence incontestée en ce domaine. Le Grand Dérangement fut son seul ouvrage en dehors de ses publications strictement généalogiques. Comme ses méthodes d'enseignement avant-gardistes, sa thèse concernant la responsabilité de la déportation fut vivement critiquée avant de s'affirmer. En 1955 il fut honoré par le Canada du titre de Personne d'importance historique nationale. Enquête méticuleuse sur les causes ayant entraîné, au XVIIIe siècle, l'expulsion par les Anglais des colons français au Canada, les Acadiens. Cette déportation, qui fit un nombre élevé de victimes, s'est inscrite douloureusement dans la mémoire des Canadiens, et a aidé à l'émergence d'un fort sentiment identitaire chez les Acadiens d'aujourd'hui.
Histoire "Petit Pouce et La Mygale": Comment survivre quand on est si différent, si loin de son pays natal, et que tout le monde vous pourchasse? Eh bien, parfois, on rencontre quelqu'un qui ne vous ressemble pas, ne vous comprend pas tout à fait, mais qui accepte de vous aider... Histoire "Le Loup de Clapeto et le Canard des Clausis": C'est l'histoire de la rencontre incroyable de trois êtres qui auraient dû se dévorer entre eux; mais le loup ne mange que des bananes, le canard ne veut pas être mangé, et l'homme noir, oublié dans la montagne, ne veut du mal à personne. Alors, qu'adviendra-t-il de notre trio insolite?
Almut, mère célibataire et chercheuse en études littéraires, reprend à son père, architecte renommé en RDA, un voilier, un dragon. "Je ne voulais pas posséder le bateau, je refusais seulement de le laisser partir". Cependant, le dragon ne se dévoile pas. Pas tout de suite. Il est élégant, il séduit. Mais il dévore, il ruine, il éprouve. Dans ce face-à-face, le dragon n'est plus seulement ce voilier à admirer et à mépriser, à restaurer et à manoeuvrer. Il se fait aussi le miroir du quotidien de la narratrice, de son rapport au père, au passé, aux hommes, aux choses, au pays natal et, au rebours d'un narratif idéologique, des rapports asymétriques qui traversent la société de la RDA. Chaque geste d'Almut se mue alors en acte d'émancipation et de libération déployé non pas du haut des tribunes ou à l'occasion de discussions mondaines, mais au ras du sol, ou plutôt au ras du vent, au ras des vagues, au ras d'une rive. Au fil d'un lâcher-prise. La narratrice, dans un Milan pluvieux qui vient remuer le désiré mal du pays, déplie devant nous des souvenirs, ces bouts de tissu d'une vie, sans larmoiements, sans justification. L'écriture flottante et ondoyante de Christine Wolter vague bien au-delà du moment RDA, fait écho à notre actualité et se révèle être toujours notre contemporaine. A sa parution, La Navigatrice en solitaire hasarde "un signe, mais comme nous ne savons plus interpréter les signes, comme nous avons perdu et ne savons plus faire beaucoup de choses, contentons-nous de l'avoir vu, au moins vu".
Ce n'est pas la première fois que Huysmans, catholique convaincu, demeure à Lourdes, et il en connaît tous les recoins. L'époque des apparitions n'est pas si lointaine. Lourdes en est encore à s'organiser, et les visiteurs ont accès à tous les lieux aujourd'hui réservés aux malades et aux soignants. Il peut donc nous livrer une description fouillée, quasiment exhaustive, de cette énorme machinerie dévotionnelle, source inépuisable de stupeur et d'émerveillement. (Edition annotée)