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La Révolution française n'est pas un mythe
Wahnich Sophie
KLINCKSIECK
27,00 €
Épuisé
EAN :9782252040522
Comment en est-on venu à considérer en France qu'il était possible de consolider la liberté politique et publique, non seulement en se passant de la référence à la Révolution française, mais en récusant violemment toute référence positive à ce moment historique ? Vouée aux gémonies comme supposée "matrice des totalitarismes" par certains, comme objet ethnocentrique par les post-colonial studies, laissant indifférents ceux qui la considèrent comme désactivée, le crédit de la Révolution française est bien entamé. Or, l'appréciation politique et intellectuelle de la Révolution française doit moins, depuis 1945, aux historiens qu'aux philosophes, moins à l'évolution de l'historiographie comme telle qu'à la manière dont des penseurs de première importance se sont mêlés de penser la Révolution française. Les querelles philosophiques des années 1960, sur les fonctions respectives de l'histoire, de l'anthropologie, des sciences dites humaines, et de la philosophie ont installé la Révolution française au coeur des débats. Le plus fameux d'entre eux a opposé Jean-Paul Sartre et Claude Lévi-Strauss, et, dans son sillage, Michel Foucault a promu contre Sartre, une certaine conception scientifique du savoir sur l'homme où la Révolution française n'a plus eu aucun intérêt. Mais personne n'en est resté là. Avec la question d'une Révolution française à la fois enthousiasmante et cruelle se joue et se rejoue la question d'une éthique de l'histoire de la Révolution française. Ces explorations successives permettent de s'éloigner d'un mythe identitaire et de retrouver une révolution bien réelle, capable de nous donner ses Lumières, pourvu qu'on accepte de continuer à en faire l'histoire pour notre aujourd'hui.
Résumé : 1789. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen inscrit à l'article 2 un droit de résistance à l'oppression fondé sur le pouvoir normatif des sentiments et des émotions. 1795. Les thermidoriens évacuent ce droit et refoulent du même coup les émotions de l'espace public. Une division apparaît alors dans le champ des savoirs : les sciences morales et politiques, dont l'histoire, se séparent de la littérature et des beaux-arts. Depuis, le discours historique oscille entre un désir de science qui lui fait oublier sa nature fondamentalement littéraire et politiquement sensible, et un désir de politique qui l'oblige à renouer avec sa dimension narrative et littéraire. De la figure de l'homme sensible du XVIIIe siècle au modèle d'un historien sensible aujourd'hui, le passage est possible. Penser la contemporanéité de l'un permet d'imaginer la nécessité de l'autre : un historien réconcilié avec sa fonction critique dans le présent de l'histoire, ses compétences scientifiques et ses compétences littéraires. C'est dans cet effort que l'histoire peut redevenir un savoir politique disponible.
Résumé : Ce livre a pour ambition de mettre à la disposition du lecteur l'intelligence politique de la Révolution française, véritable laboratoire pour le temps présent. Car la période révolutionnaire est un réservoir d'arguments et de pratiques au sein duquel puiser des lumières ? et non pas des modèles ? pour éclairer nos manières d'agir en politique. Pour mobiliser la pensée révolutionnaire, Sophie Wahnich s'appuie sur de nombreux documents qu'elle commente : des extraits de cahiers de doléances, des pétitions et des poèmes émanant d'une myriade de porte-paroles débattant localement comme des textes des grands ténors (Mirabeau, Robespierre, Saint-Just...). L'auteure a choisi des thèmes qui résonnent fortement aujourd'hui : danger de la puissance publique, femmes et étrangers dans la cité, violence et retenue de la violence, émeute populaire et loi martiale... Elle compose ainsi un bréviaire du révolutionnaire salutaire et étonnement moderne.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
Résumé : Par modestie, vraie ou fausse, Faulkner a plusieurs fois déclaré que Thomas Wolfe était le meilleur romancier de sa génération. Il entendait par là que c'est lui qui avait visé le plus haut et que, même s'il n'était pas parvenu à réaliser ses ambitions, son échec était plus glorieux que la réussite (relative) de ses rivaux. L'oeuvre de Thomas Wolfe appartient donc à l'empyre de la littérature américaine et cependant, pour diverses raisons, malgré la réputation dont elle jouit aux Etats-Unis et le grand succés qu'elle a rencontré en Allemagne, elle est presque complétement ignorée du public français.