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Vers le concret / Etudes d'histoire de la philosophie contemporaine, William James, Whitehead, Gabri
Wahl Jean
VRIN
28,01 €
Épuisé
EAN :9782711682393
Ces "Études d'histoire de la philosophie contemporaine", publiées en 1932, cherchent dans des philosophies apparemment aussi diverses que celles de W. James, d'A. N. Whitehead et de G. Marcel les voies d'un unique et vaste mouvement de pensée dirigé vers le concret. Ces philosophies, présentées icide façon synthétique et pénétrante, ont en effet en commun une volonté de prendre la mesure de la réalité "dans toute son épaisseur", les opposant aux grands systèmes idéalistes et dialectiques qui les ont précédées. C'est ainsique ces trois penseurs convergent dans la pensée de l'espace comme volume, du temps comme durée, de l'irréductibilité et de l'indéductibilité de l'être. Par le rapprochement de ces parcours fort distincts mais nourris d'influences communes, Jean Wahl met au jour les traits d'un empirisme nouveau et subtilqui ne se réduit pas au sensationnalisme de ses prédécesseurs. La présente réédition rend à nouveau accessible une pièce importante dudébat philosophique de l'entre-deux-guerres et, au-delà des convergences que Wahl détecte et rend visibles, elle permet d'éprouver un double mouvement vers le concret: un mouvement interne aux philosophies qu'il étudie, danslequel la recherche du "concret" apparaît, chaque fois dans un contexte différent, comme structurante et comme dynamique, selon une lecture dont l'originalité n'a pas été épuisée par les redécouvertes récentes de James et de Whitehead; un mouvement spécifique à l'?uvre de Jean Wahl lui-même, qui laisse ici apparaître pour la première fois ses propres principes.
Si la philosophie anglo-américaine contemporaine a pu être décrite comme " morte ", assassinée par un logicisme conquérant, elle était bien vivante à la fin du XIXème siècle et au début du XXème. Une grande aventure de la pensée a eu lieu dans le monde anglo-saxon lorsque des philosophes ont cherché à sortir du carcan de l'absolu, du culte de l'Un hérité de la philosophie allemande, en particulier de Hegel. En réaction, les penseurs pluralistes auront le souci de l'action et leur philosophie sera toujours attentive aux conséquences de la pensée, qui, elle aussi, est action. Le philosophe français Jean Wahl, dont ce livre a été une source primordiale pour la pensée de Gilles Deleuze, fut le grand interprète français de ces pensées audacieuses et soucieuses de l'expérience concrète qui ont connu leur nadir avec William James et le pragmatisme.
Wahl Jean ; Cambon Henri ; Wahl Barbara ; Picot Br
Ecrire une lettre peut être tout à la fois approfondissement de sa propre réflexion, don à l'autre d'une partie de ses idées, et poursuite d'un lien d'amitié... Telle est bien l'impression qui se dégage à la lecture des lettres que Jean Wahl a écrites, essentiellement de 1907 à la fin des années 20 (il atteignait alors ses quarante ans), à Paul Tuffrau, un intellectuel comme lui, littéraire alors qu'il était philosophe, qu'il avait connu lors de ses études. Ces lettres représentent un précieux témoignage des cheminements d'un esprit qui se construit. Jean Wahl y aborde de nombreux champs de la philosophie, allant de Bergson à Hegel, revenant à Platon, étudiant William James, tout en explorant des écrivains tels que Shelley ou Novalis, qu'il lit sous l'angle de l'écriture, et de la pensée... Elles sont aussi l'écho des mouvements politiques et sociaux, littéraires, picturaux ou musicaux de cette période si agitée, qui a vu l'irruption de la Première Guerre mondiale, et un entre-deux-guerres lourd de menaces...
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.