Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'art et la révolution
Wagner Richard ; Zaïche Laurent ; Prod'homme Jacqu
SAO MAI
10,00 €
Épuisé
EAN :9782953117684
Il aura fallu une petite semaine, à l'occasion de l'insurrection de Dresde en mai 1849, pour que Richard Wagner, dont la carrière de compositeur officiel commençait juste à décoller, envoie promener ses ambitions et se jette à corps perdu dans la bataille révolutionnaire. Les amis qu'il côtoie alors sur les barricades s'appellent Bakounine ou August Röckel. Mais contrairement à ces derniers, qui seront capturés et condamnés à mort, Wagner parvient à fuir après la défaite, traqué par toutes les polices d'Allemagne. Avant, pendant et après l'échec de la révolution saxonne, sa pensée politique, parfois radicale quoique souvent confuse et sinueuse, se sera exprimée dans un nombre considérable d'articles et de pamphlets aujourd'hui largement oubliés dont L'Art et la Révolution (1849) constitue certainement l'un des exemples les plus aboutis. Wagner y prononce - au nom d'un Art idéal, social et unificateur tout droit issu de la Grèce antique - une sentence de mort implacable contre la société bourgeoise, sa division du travail, son amour de l'Argent corrupteur et sa repoussante médiocrité. Etrange destinée que celle de cet homme, promu des décennies plus tard l'idole absolue d'une oligarchie tellement exécrée, sinon l'inspirateur direct de sa fraction la plus réactionnaire et obscurantiste. C'est cette contradiction vivante, exceptionnelle, au sein d'une même trajectoire artistique, qui se trouve aujourd'hui présentée au lecteur.
Brünnhilde a désobéi à son père, le dieu Wotan : elle a voulu soustraire à sa justice le guerrier Siegmund, frère et amant de Sieglinde. Cédant aux exigences de son épouse, l'inflexible Fricka, Wotan fait tuer Siegmund par Hunding, le mari de Sieglinde, et punit sa fille rebelle. Brünnhilde, déchue de sa condition divine, devient une simple mortelle. Exilée du Walhalla, endormie à l'abri d'un cercle de feu tracé par son père, elle ne s'éveillera qu'à l'appel d'un héros pur et inaccessible à la peur. Cet homme sera Siedfried, le fils de Siegmund et Sieglinde. Après le prologue de L'Or du Rhin, La Walkyrie est la première journée de L'Anneau du Nibelung.
Que se cache-t-il vraiment derrière le Bourgeois, cette figure politique et psychologique à première vue transparente, inodore et sans saveur ? Quels mystères inavouables, et terrifiants, recèlent ces gras visages illuminés de bon sens et ces airs bonhommes, innocemment satisfaits ? Y aurait-il d'inquiétants secrets méritant de se voir divulgués, liés à la genèse de cette classe sociale étrange, finalement parvenue au pouvoir total, et à l'emprise complète sur l'ensemble du monde moderne ? Pour le savoir, quoi de mieux que d'écouter ce que disait - voilà plus d'un siècle - celui qui, au plan littéraire, fut certainement dudit Bourgeois l'un des ennemis les plus acharnés, et talentueux : l'immense poète Villiers de l'Isle-Adam (1838-1889) dont les contes ici rassemblés, légers, irrésistibles de drôlerie et de fiel, contribueront certainement à l'édification, sur cette douloureuse question scientifique, du plus large des publics.
Après Emeutia Erotika, son premier recueil de nouvelles, Lilith Jaywalker - jamais en peine de confusion des genres - interroge dans Rectoverso le désir masculin. Désir homosexuel, désir hétérosexuel : le plaisir des hommes, donc, tous les hommes, tel que vu et senti par une femme indélivrée du mâle, titillant la curiosité androgyne d'une paraphile infatigable envers ce qui le déclenche, l'excite, le tend et, enfin, le soulage (ou non) ! Du mystérieux chant d'une sirène jouisseuse de cour d'immeuble, torturant les sens d'un locataire mélomane, jusqu'aux remous hardcore de quelque Fleuve Alphée mémorable, refluant depuis le coeur d'un amant en extase vers son fondement essentiel, au pied d'un célèbre tableau symboliste, l'auteure nous offre ici un nouvel aperçu déjanté de son imaginaire, et de son talent.
Qui était exactement l'anarchiste et bandit russe Netchaïev ? Qu'appelle-t-on au juste la "République des Jules" ? Quelles furent vraiment les activités internationales (Espagne, Italie, etc) de la Première Internationale (1864-1872) ? Ou les liens de celle-ci avec les mouvements féministes de son temps ? Telles sont les questions traitées ici par Gérard Godfroy entre beaucoup d'autres, avec autant de légèreté que de science, d'humour que de précision, de méticulosité que d'irrévérence. Loin des études universitaires - ou marxologiques - convenues, sur cette grande période révolutionnaire toujours aussi évocatrice, son traité désordonné, foutraque et jouissif, en réconcielira plus d'un avec l'histoire : la grande et la micrologique.
Comment un aristocrate catholique bascule brusquement dans le camp de la Révolution et, promeneur émerveillé, décrit le Paris communard, devenu capitale de tous les possibles. Ce texte rare, dont la dernière édition remonte à plus de vingt ans, permet de visiter de belle manière la vie et l'imaginaire de Villiers de l'Isle-Adam, l'un des écrivains français les plus méconnus, et précieux.